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Publié par Messager

 
 
 
 
 

COMMUNIQUE DE PRESSE N°060/RDC/VSV/CD/2009 

PRESENTATION EN CHAMBRE DE CONSEIL DE M. ROBERT ILUNGA NUMBI, PRESIDENT DE L’ONG ANMDH  

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) informe l’opinion de la présentation, mardi 15 septembre 2009, en chambre de conseil de monsieur Robert Ilunga Numbi, président de l’ONG « les Amis de Nelson Mandela pour la Défense des Droits Humains (ANMDH) », réunie en chambre foraine au Centre Pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa (CPRK, ex prison centrale de Makala) mardi 15 septembre 2009. 

Pendant l’audience, madame Mbokolo, juge présidente du tribunal de paix de Ngaliema a, d’entrée de jeu, déclaré, en guise de réponse réservée à la requête de M. Robert Ilunga Numbi de mise en liberté provisoire introduite à son office lundi 14 septembre 2009, que la victime n’a pas d’adresse fixe en RDcongo et que sa fuite serait à craindre. Et ce, pour justifier le maintien de sa détention. 

La défense composée des avocats membres de la société civile de la RDCongo dont maîtres Eley Lofele, Mwila Kayembe, Jacob Baluishi, Alexis Kamanda, Jean Nkeba, Benjamin Ngoyi et Nicole Mwaka ont plaidé non pour la liberté provisoire, mais plutôt pour une liberté sans conditions au bénéfice de la victime à cause de l’insuffisance des charges et de l’absence d’absence de plaignant. 

Le Tribunal de paix de Ngaliema qui attendrait un rapport de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR) pour étayer les charges contre M. Robert Ilunga Numbi, devra, au terme de la loi, rendre endéans 48h son verdict soit pour le maintien en détention ou la libération de M. Robert Ilunga Numbi. 

A titre de rappel, le dossier instruit par le magistrat Kumbu sous le RMP 3259/PG/KP retient à charge de M. Robert Ilunga Numbi l’incitation de la population à la rébellion, l’incitation à la désobéissance des institutions établies et la diffamation.

Selon des informations parvenues à la VSV, les manifestations de protestation de la population, samedi 05 septembre 2009, lors de la descente de l’ANR à Kasangulu en  faveur de la libération du défenseur des droits humains aurait servi de prétexte pour faire endosser à la victime les charges précitées. 

M. Robert Ilunga Numbi est transféré vendredi 11 septembre 2009, vers 5h45 au Centre Pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa (CPRK) après passage successif à la 5ème direction de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR), sise avenue Haut Commandement du lundi 31 août 2009 à mardi 08 septembre 2009 vers 15h00, au Parquet Général de la République mardi 08 septembre 2009 vers 15h00, à la Police Judicaire des Parquets, à Kinshasa/Gombe du mardi 08 au mercredi 09 septembre 2009 avant de transiter par la cachot du Parquet de Grande Instance de la Gombe (TGI/Gombe) du 09 au 11 septembre 2009. 

M. Robert Ilunga Numbi a fait l’objet d’enlèvement, lundi 31 août 2009, de suite de la Déclaration des ONGs faite lundi 17 août 2009, contre l’exploitation de la population RDCongolaise à Kasangulu, province du Bas-Congo et au point de presse tenu lundi 24 août 2009, au siège de l’ONG ANMDH, à Kinshasa, dénonçant les traitements inhumains infligés aux travailleurs RDCongolais de la SGI par l’employeur libanais.   

Avant l’acharnement sur le défenseur des droits humains, des propositions de  libération lui auraient été formulées sous conditions de son accord à effectuer une descente pour enquêtes à Kasangulu, province du Bas-Congo aux fins de dévoiler sa source d’information concernant une « Grande Dame » qui protégerait les responsables libanais de la Société Générale Industrielle (SGI), basée à Kasangulu. 

Malgré sa résistance et contre sa volonté, le défenseur des droits humains a été  amené à Kasangulu, samedi 05 septembre 2009, vers 13h45 pour qu’il y dénonce sa source d’information. Sur place, il a été gardé à bord du véhicule qui le transportait pendant que les agents de l’ANR s’entretenaient avec des autorités, agents locaux de l’ANR, responsables de la SGI, et ce, devant une manifestation populaire de protestation avec des rameaux en signe d’exigence de la libération immédiate et sans conditions de M. Robert Ilunga Numbi. 

Eu égard à ce qui précède, la VSV réitère sa crainte de la préméditation de harcèlement judiciaire et l’instrumentalisation des services de sécurité contre les défenseurs des droits humains, même pour des cas flagrants, portant atteinte à la dignité de la RDCongo.  

Somme toute, en vue d’assurer le respect par le gouvernement de la RDCongo de la Déclaration de l’Assemblée Générale des Nations Unies de 1998 sur les défenseurs des droits de l’homme, la VSV demande:                                                                                       

Au Chef de l’Etat d’ordonner : 

  • la libération immédiate et sans condition de M. Robert ILUNGA NUMBI;
 
  • la dépolitisation du dossier qui empêche toute éventualité de libération inconditionnelle du défenseur des droits humains ;
 
  • des sanctions exemplaires et poursuites judiciaires à charge des responsables de la SGI, auteurs des violations des droits civils, sociaux et économiques de leurs agents et les obliger à mettre un terme aux atteintes à la dignité humaine  ;
 
  • des poursuites judiciaires par l’Auditeur Général des Forces Armées de la RDCongo (FARDC) et le Procureur Général de la République à charge des agents et responsables de l’ANR, avenue du Haut Commandement pour enlèvement et détention illégale  au secret de M. Robert ILUNGA NUMBI, dans un lieu de détention ne dépendant pas des parquets;
 
 

A la justice de: 

  • user de son indépendance et  son impartialité afin d’accorder la liberté au défenseur des droits humains, M. Robert Ilunga Numbi.
 
 

Fait à Kinshasa, le 15 septembre  2009. 

       

LA VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)

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