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Publié par Messager

  Cet article a été extrait du blog de Célestin Mansévani

Mardi 28 juillet 2009

HERGÉ  AVAIT  VU  JUSTE !

Une affaire très compliquée que celle que je viens de lire sur Congo Vision Nouvelles, intitulée « Gabon-Congo Brazzaville : une querelle digne d’un casis beli (entendez casus belli) » Dans plusieurs de nos articles précédents, nous avons dénoncé la sorcellerie et toutes autres pratiques du genre qui déshonorent notre beau continent, l’Afrique. Nous prêchons et le ferons toujours dans le désert si nos frères africains de toutes les classes sociales ne comprennent pas le tort que nous causons autant à nos contemporains qu’à notre postérité.

Je n’aurais pas tellement porté attention à ces folies si mon regard n’était pas tombé sur un des passages de l’article qui dit, je cite : « Pour ne citer que 2 : les musiciens zaïrois Dido Yongo et Madilu Système se sont tous les 2 faits empoisonnés par les services secrets gabonais payant ainsi de leur vie leur amour pour l'épouse de Bongo » Là, mes amis, mes cheveux se sont hérissés sur ma tête. Et pour cause ! Dindo Yogo est un de ces musiciens dont j’ai fait la promotion à ses débuts avec l’orchestre Macchi, aux côtés de Huit kilos. Je les ai filmés sur 16mm dans le décor de l’Hôtel du fleuve à Kingabwa, il y a de cela une trentaine d’années, lorsqu’ils ont pondu leur premier album qui portait entre autres titres « Lola Muana » Dido m’est resté attaché. Je le revois encore en 1985, alors que j’étudiais à l’université Laval où Zaïko Langa-Langa, sous la conduite de Nyoka Longo, était venu se produire. Profitant d’un entracte, Dingo Yogo, Bakule Ilo Pablo, Ya Lengos Lengi-Lenga et moi-même avons évoqué quelques vieux souvenirs ! Quant à Madilu Système, il n’y a pas longtemps, il nous a reçus Risée, Odyssée, Jubilé (mes garçons) , Antoine Gama (mon gendre) et moi-même dans le quartier Charlevoix, le Matonge de Montréal, où il a séjourné brièvement chez la fille d’un de ses amis, de passage à Montréal où il a offert quelques concerts spectacles en compagnie de Canta Nyboma. Là aussi, nous avons parlé de tout et de rien. Feu Madilu a épaté ma famille en parlant de ses relations souvent tumultueuses avec feu Franco Luambo Makiadi, empêtré dans ses aventures notamment l’histoire que l’on connaît de la découverte du talent de Madilu en écoutant dans sa voiture, en compagnie de sa femme, une bande qui a fait dire à celle-ci que Madilu avait une voix idéale pour l’accompagner alors que ce dernier s’apprêtait à déserter; une scène où Madilu survint brusquement de nulle part alors que Franco était en adoration et s’adressait au tas de billets de banque, fruit des colossales recettes que lui ont procurées la chanson Mario; les déboires du Grand Pharaon avec le Grand Maître et ses collègues musiciens; l’homélie du Grand Ninja au cimetière de la Gombe lors de l’enterrement du vieux Yorgo;  sa prochaine chanson « St-Étienne » dédiée à Franco, etc. Mais la narration qui nous a le plus fait rire c’est le début de l’idylle de ce dernier avec une ancienne réalisatrice-speakerine de Télé-Zaïre dont le grand patron du Tout-Puissant O.K. Jazz était tombé follement amoureux. Madilu, qui lui servait de « Mukala », à qui Franco avait prêté sa voiture pour transmettre une enveloppe à sa dulcinée qui habitait à Kimbanseke, s’ évanouit quelques jours dans la nature, s’en donnant à cœur joie avec la bagnole de son patron. Lorsqu’il  redonna signe de vie, notre escroc se fit traiter de tous les qualificatifs dont « Mutu Felo » Mais tout rentra finalement dans l’ordre ! Il en a eu des élans d’amour, le grand Luambo notamment cette vieille histoire de Joséphine alias Majos, à qui il a dédié une pléthore de tunes, qui lui a été volée par un gars de l’autre rive, alors que sa sœur Ndona, elle, a épousé Gaston Nganga alias Fenta alias Dafirma.

Ce dernier, ex-joueur feu-follet et entraîneur du F.C. Daring Club Imana Matiti Mabe devenu Motema Pembe, a fait les délices des férus du ballon rond aux côtés des  Bonga- Bonga, Mayunga, Balondo, Androkwa, Ebumba, Kibiasi Vignal et autres. Il  avait eu maille à partir avec Enkoti alias De la Coco de l’A.S. V.Club qu’il ridiculisait et à qui il disait, après un ou deux dribbles : « Petit joueur, landa ngai ». (Petit joueur, suis-moi !) Ça s’est mal terminé. Un beau jour, victime d’un tacle vicieux de son « baudet »,  l’arrogant dribbleur en a eu pour ses frais: une fracture de jambe.  On a aussi beaucoup jasé des relations de Franco de Mi-Amor  avec Pauline Masuba. Bref, comme tous les hommes depuis le péché d’Adam et Eve, Franco était, cette fois encore, tombé dans les mailles de Cupidon, le dieu de l’Amour, qui rend les mâles aveugles, ivres d’envie, de jalousie et d’amour au point où ils sont prêts à abjurer, voler, tuer ou se suicider pour les beaux yeux et les belles cuisses d’une femme.  Il l’a reconnu lui-même dans « Matata ya muasi na mobali »

J’avais donc mille et une raisons de m’intéresser à cet article confus et difficile à suivre par moments, signé par un certain Nestor Awandza, publié le 22 juin 2009 par Djamir Ahmar sur le site anacletbang@hiotmail.com et diffusé par Congo-Vision.

Primo. On nous a rapporté que l’empoisonnement était devenu monnaie courante à Kinshasa et que ceux qui sont trop bavards s’y exposent. Cet article semble le contredire et vient enrichir notre lanterne d’un éclairage nouveau. Ainsi des tueurs mandatés par des présidents de pays voisins viennent régler leurs comptes à nos artistes et vedettes pour des affaires de cul ! Et comment les identifier dans une ville qui fourmille de plus de huit millions d’habitants enivrés 24 heures sur 24 par une musique excitante qui donne soif de bière et le stupre?

Secundo. Les élucubrations de feu le président Omar Bongo et de son homologue congolais Denis Sassou Nguesso dans les rôles principaux, appuyés par des acteurs et actrices secondaires ou de soutien que sont Édith Sassou Nguesso, Ali Bongo, Joséphine Nkama, Claudia Sassou–comme s’il en pleuvait- sont dignes d’un film d’horreur. Nous avons l’impression de nous trouver dans un labyrinthe. Le sexe, l’inceste, le pouvoir, la sorcellerie, les combines, la magie et la trahison semblent s’y livrer à un jeu de cache-cache sanglant où celui qui se fait attraper succombe sous le glaive de l’adversaire.

Je sais que, dans Deutéronome 19,  la Bible condamne sévèrement l’inceste. Mais tout le monde n’est pas chrétien. Je me souviens d’un ami Téké de la R.D.C. qui couchait avec les filles et les épouses de ses frères, cousins et oncles. Il m’a souvent dit que, dans leur coutume, cela fait partie des rites ancestraux ; ils vouent un culte à la divinité « Monama », du genre Mamiwata à qui ils offrent des sacrifices humains dont des nouveaux-nés, une des raisons qui justifient le fait qu’ils fassent des enfants un peu partout pour que le deuil ne soit pas localisé en un seul endroit. Feu Mopero wa Maloba, qui est lui-même Téké, nous l’a confirmé (voir notre article intitulé « In Memoriam ») Ainsi va l’Afrique. Ici, voler une poule (Moyibi ya soso) constitue un acte de bravoure aux yeux d’un futur beau-père ; là, il faut coucher avec toutes les femmes de la tribu pour accroître son pouvoir. Les us et coutumes ne se discutent pas ! Je n’ai pas connaissance des rites « mboshi » et je n’oserai donc pas dire des sornettes.

Qu’à cela ne tienne ! Bongo et Sassou Ngesso n’ont fait que suivre les traces de Bokassa « l’ogre de Berengo » qui a eu 17 femmes et 50 enfants reconnus ; de Mobutu, l’insatiable « prédateur sexuel de Gbadolite » ; et d’autres Dracula africains des temps modernes de triste mémoire dont l’Histoire se souviendra.

Lorsqu’ un scandale éclate impliquant de hautes personnalités au point de risquer de nuire aux rapports politiques et de bon voisinage entre deux pays liés depuis toujours, cela suscite la curiosité des présidents et hommes politiques de partout à travers le monde. Que vont-ils penser de nous ? Des présidents de la République, ceux-là même sur qui le peuple fonde ses espoirs pour se sortir de la misère dans laquelle les pays d’Afrique centrale sont embourbés, s’amusent à se livrer à des pratiques scabreuses, avilissantes et rétrogrades ! Quand ils se rendent à des sommets internationaux, ces présidents ont-ils le culot de regarder leurs homologues occidentaux et orientaux dans le blanc des yeux ?

Impensable ! Pendant que la Planète entière essaie de se relever de la grosse crise économique qui la terrasse et pendant que peuple africain crie famine, eux se livrent à des futilités, dépensent l’argent du pays à profusion et de surcroît pour des affaires sordides de sexe, magie et pouvoir ! Mon Dieu ! Que j’ai des démangeaisons sur tout mon corps ! Si un jour je me décide à ne plus écrire d’articles, j’espère que vous ne m’en voudrez pas. À quoi bon continuer à prêcher dans le désert ? L’exemple entraîne et il vient d’en haut. Si nos dirigeants se conduisent comme le commun des mortels et font la sourde oreille aux analyses et conseils de ceux qui ont à cœur le bien-être et l’avenir de l’Afrique, à quoi bon perdre notre temps, notre encre et notre salive ? Il faut rendre hommage à Georges Prosper Remi. Ses prédictions se sont avérées exactes: l’Homme a marché sur la Lune ; l’Africain de Tintin au Congo, lui, s’est réfugié dans sa forêt tropicale! Hergé avait vu juste ! Hé ! Hé !

Par Célestin S. Mansévani
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Jubilé Mansévani 10/09/2009 00:10

 Très bien Papa. Il faut les dénoncer, ces dirigeants vendus qui se remplissent les poches et les culottes au détriment du peuple. Hergé avait vu juste. Au pays des aveugles, les bornes sont rois.

Guy 25/08/2009 11:44

Mr Mansevani, vous êtes un homme cultivé et appréciié pour votre apport dans l'évolution de notre art. C'est bien de parler de notre passé car il nous fait vivre  la nostalgie, mais faire un blog pour ne parler que des rumeurs n'apporte rien dans la demarche intelectuelle, ni culturelle, cela ne fait qu'augmenter le volume zéro dans les polémiques stériles.