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Publié par Messager

Voici la réaction de Jean-Pierre sur la planche "Mabanga na Ndule", réalisée par Serge Diantantu. Une analyse lucide sur un aspect de notre musique  souvent critiqué . Qu'en pensez-vous?

1) Belle planche et personnages convaincants de Serge Diantantu. Je l’encouragerai aussi à nous produire une série hebdomadaire ou mensuelle en lingala car notre langue se meurt sans support écrit. Cela dépendra bien sûr de son emploi du temps qui, je le suppose, est fort chargé. Je prie aussi Messager de transmettre mon adresse courriel à Diantantu.

2) Je crois que le musicien qui a commencé cette tendance de saturation des chansons par des « mabanga » est Koffi Olomide dont les chansons virent ces derniers temps à la pornographie. Avant Olomide, des chansons se contentaient de mentionner un ou deux noms de mécènes.  Cette tendance fait partie de l’antivaleur de la corruption qui mine la société congolaise. Même les journalistes se font payer pour assister à des conférences de presse. L’exemple le plus frappant des « mabanga » chez les journalistes, c’est le cas de Zacharie Babaswe qui admet publiquement sur les antennes de la RTNC qu’il se fait soudoyer par des opérateurs économiques et politiques pour les « lancer »… La chose la plus grave, c’est que nos musiciens corrompus traversent maintenant nos frontières pour aller polluer l’atmosphère politique des pays étrangers en lançant leurs mabanga ou en chantant la gloire des politiciens du Congo-Brazzaville, de la Côte d’Ivoire ou du Gabon — comme le clip de Madilu transformé en griot de Bongo que Messager a eu la bienveillance de nous montrer.

Par ailleurs, les musiciens congolais s’infantilisent de manière éhontée. Voici un exemple. J’étais à Kinshasa en 2006 lors de la campagne des élections présidentielles. Les supporters de Bemba avaient  brûlé La Samba Playa où répétait Werrason car ce dernier avait écrit une chanson de campagne pour Kabila. Grand fut mon étonnement de voir et d’entendre Papa Wemba défendre Werrason à la télé en ces termes : « Un musicien est une prostituée. Il chante pour celui qui le paie ». Partout dans le monde, des musiciens qui se respectent prennent et défendent des positions politiques — sans chercher à se défiler avec des justifications stupides telle celle de Papa Wemba !

Cette infantilisation des musiciens congolais se remarque même dans les noms qu’ils se donnent : il y en a un qui s’appelle « Bill Clinton » ; Koffi lui-même se fait appeler sans rire « Sarkozy »… Ces mabanga sont une honte et un empoisonnement culturel qu’il est du devoir de chaque Congolais d’éliminer de notre musique — par le boycott des albums truffés de mabanga par exemple...

Jean-Pierre

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Charles A 19/07/2009 02:36

SALUT,
ECOEURE PAR CETTE DEPRAVATION; LONGTEMPS DEJA J'AI BOYCOTE CETTE MUSIQUE PRODUITE PAR CES RENARDS FLATTEURS QUI SE DISENT ARTISTES-MUSICIENS. QUELLE EST CETTE CULTURE QUI DETRUIT L'AME; C'EST TRISTE. NOUS SOMMES TOMBES SI BAS...EST CE QUE CONSCIENCE EKOZONGA TO TE? (BA VALEURS YA BO MOTO ELEKI WAPI? ) TI NA BA THEATRE (MABOKE) NA MEDIA. LA CHUTE EST GRAVE. NE PEUT ON PAS L'ARRETER? REJOIGNEZ NOUS! 

Jérôme NZEMBELE 18/07/2009 20:07

Bonjour Messager,Mon méssage porte sur votre dernier article à savoir "Le mabanga".Très cher Méssager, pourquoi se casser la tête sur un problème comme celui-ci ?En réalité, il va devoir que le pouvoir publique se mettent à bien analyser profondement ce problème qui nest pas aussi banale que l'on peut à première vue en avoir l'impression. C'est un problème qui peut être generateur des ressources fiscales. Il suffirait d'un peu plus d'imaginations de la part de ceux qui nous dirigent.Savez-vous monsieur Le Messager qu'ici en france, il a existé à un certain moment de l'histoire, des impôts sur la fénêtre ? Alors pourquoi notre fisc ne légifererait-il pas sur les mabangas dans la musique congolaise dans son ensemble ? Ce phénomène qui du reste favorise des très fortes propentions à corompre très élévées ne doit pas être négligé ni combatu directement de cette façon sèche.Le fisc doit à mon avis, créer un impôt indiciaire qui sera acquitté en fonction croissante de nombre d'individus (ou mécènes) cités dans une chanson. De cette manière, l'Etat encaissera des sommes conséquentes d'impôts équivalents à l'enrichissement illégal du musicien et au préjudice social subie par la communauté congolaise de la chanson.