Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par Messager

Ya garrincha, je m'en souviens,
Il constituait avec July Cuivre et Antmo Mobunda, le trio des compositeurs de charme de Symba. le succès de léa lui avait valu un article dans la revue Vedette de jeune pour jeune, sous la signature du Vieux achile Flor Ngoy.
Garrincha était un authentique muana 15 ans. son look était d'enfer, la coiffure à la Bavon Marie Marie, le teint clair -ambie, les pattes - favoris - qui se prolongeaient sur la joue, une petite barbe coiffée ras. Et bien sûr la touche finale : des chemises bien cintré et des polos en polyamide, de préférence jaune fluo. l'homme était soigneux. il faisait même un peu plus vieux, au sein de l'orchestre Symba. A l'époque où je le découvre, nous sommes dans les années 71, il devrait avoir un peu moins de 25 ans. mais c'était déjà un tombeur.
je me souviens en particulier de sa prouesse, lors d'un face à face Symba -tabou national. c'était le tabou des grands jours avec Tony Dee Bokito au chant, et en face dans les Symba, la bande à july Cuivre au grand complet.
Le concert se déroulait en matinée au bar vat 69, en face du marché makelele. Dès 15 heures, les abords du bar était déjà envahi par le public des ngembo, dans lequel il faut me compter évidemment. c'est nous qui donnions les points aux élégants qui venaient au concert. évidemment, les jeunes de bandal étaient toujours les mieux habillés, mais ceux de Kintambo savaient leur rendre la pareille: Johnny Kokolo, Chef Danny et autres vedettes de mon quartier ont parcourus les quelques kilomètres qui nous séparent de Bandal, en veillant à ne pas laisser la poussière se poser sur leurs chaussures bien cirées. Les belles adolescentes de bandal, très recherchés par les garçons des autres communes - il faut savoir que c'est dans ces années là que un certain Jules Sungu a enlevé la grande soeur de Bula, ya Rosa après un concert à Appolo bar. alors vous vous imaginez bien que les Ngembo veillaient au grain à la place des grands.
En tout cas, dès les premiers ons de guitare et les premières vocalises, on sentait bien que la partie était mal engagée pour Symba. La belle voix de ténor de Rocky Lisaso peinait à atteindre les notes hautes, alors que du côté tabou, Tony Dee charmaient toutes les soeurs avec son repertoire Los Nickelos - tabou.
Alors lorsque Symba va reprendre la scène pour interprêter Léa, garrincha va nous sortir une prouesse, encore inégalée aujourd'hui, en tout cas, à mes yeux de gamin de 10 ans, connaisant sur le bout de la langue l'ensemble du répertoire de Symba
au refrain: "Eh Eh Eh!! euh euh!"
garrincha va exécuter un solo de basse, faisant vibrer les baffles et le public , les fans vont envahir la piste et le porter en triomphe. Là, tout était plié. il n' y avait plus match. Symba était parti pour emporter le face à face. Tout à son show, garrincha va laisser le public déchirer en morceau son polyamide jaune fetiche, et se le partager comme une sainte relique. pendant près de 5 minutes non stop, July cuivre va laisser son bassiste faire danser le public, etg lorsqu'il reprend son riff, c'est l'explosion dans le public. les jeunes élégants avient sorti cravates et vestes pour épater les filles.
Ce soir là en rentrant chez nous, je n'avais dans la bouche que la chanson de Léa:
"nakeyi koyebisa baninga - ooo
Léa oyo nazui nde mosika aa - a mama
makambo ya kotiya ye miso na boyi"
Sur cette mélodie, je vais composer ma première chanson et quelque jours plus tard, je trouverai mon surnom de vedette : Mordant fils de Mordongo" et créer mon premier orchestre - Symba justement. Pendant mes concerts, je me dessinerai des favoris au crayon noir sur les joues. je m'étais fait mon petit fan club, avec des filles de mon a^ge : Angèle et Titi, pour ne citer que ces deux là. Et comme dans Symba, j'aurai mon Garrincha, qui jouait sa basse avec sa bouche "tu uuu tu tututu".
Et pour le reste, j'ai pris l'habitude de m'habiller classe comme garrincha. bein sûr que je n'avais pas les moyens de me payer un polyamide, mais j'avais déjà du succès auprès des filles, cela suffisait à mon bonheur de vedette ya manzanza.
Et lorsqu'un jour, mon public me portra en triomphe, je me dirai "Merci vieux Garrincha".
Muan'a mangembo

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article