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Publié par Messager

 

Bonjour Messager. A propos de Soki Vangu, j'ai appris qu'il était responsable du triste sort de son frère Emile Dianzenza. Je ne suis pas de leur génération mais ma mère était fan de Bella Bella et surtout d'Emile (le tout petit). J'ai grandi à Mbandaka en écoutant leurs chansons qu'elle mettait en boucle. La preuve, c'est la musique par excellence que j'écoute maintenant à l'âge adulte (surtout dans ma voiture). Adolescente, on m'a montré à Kin Emile Soki mais dans un état lamentable quelque mois avant sa mort en 1990. Est-ce que quelqu'un peut nous raconter le destin de ces deux frères? En attendant, si je peux écouter "Tongo Etani" et une qui commence par "Nzambe yoka mwana na yo nakosenga, nasambela yo, nakolela tango nyoso, nazali se mwana moko na libota... Merci et longue vie à ce blong. 

 

Steph

 

FRERES SOKI : LE NOEUD DE LEUR CONFLIT

 

Dernièrement, nous avons accédé à une partie de la demande de Steph sur les frères Soki. La partie relative au conflit entre Maxime Soki (Vangu) et Emile Soki (Dianzenza) était restée pendante, en attendant que ceux qui sont mieux informés à ce sujet puissent nous édifier.

Étant donné que personne ne s’est pas encore exprimée là-dessus et compte tenu du respect que nous avons toujours témoigné à l’égard de ceux qui s’adressent à notre blog , nous avons essayé de nous documenter rapidement afin de donner notre point de vue sur une partie de l’histoire de l’orchestre Bella Bella, qui reste à écrire.

Cette documentation a notamment consisté à éplucher les chansons et les écrits sur l’orchestre Bella Bella en notre possession, ainsi qu’à visionner pour la énième fois le DVD « Les inoubliables frères Soki », réalisé par les éditions Babi. A travers ce DVD qui reprend 13 succès de l’orchestre Bella Bella , Soki Fuani Eyenga , Soki Beaudouin, Zizina, la femme de Soki Vangu née Marie-Jeanne, Canta Nyboma, Basosa di Basosa, ami d’enfance de Soki Vangu, et Bievenue Doudou, fils de Soki Dianzenza, ont apporté des témoignage d’une importance capitale sur les frères Soki.

Le point de vue que nous allons donner sur l’état des relations entre les deux frères Soki émane de la compréhension de ces témoignages.

 

LA GENESE

 

Toutes les sources s’accordent sur le fait que l’histoire des frères Soki a commencé par le triomphe à 14 ans du tout petit Emile Soki(Dianzenza) au concours des jeunes talents organisé en 1969 . Un succès qui lui a conféré précocement le statut de vedette. Dès cet instant, Emile Soki va abandonner les études au niveau de la 3e annéesecondaire pour s’adonner à la musique. De son côté, son frère Maxime Soki (Vangu) qui poursuit ses études à la colonie scolaire de Boma et à l’université de Lubumbashi pratique de la musique d’abord comme hobby avant de suivre les pas de son jeune frère.

D’après les membres de la famille Soki, les deux frères avaient deux tempéraments opposés : Maxime Soki était extraverti, impulsif, parfois brutal, tandis que son jeune frère Emile Soki était timide, calme, mais rancunier.

Plusieurs sources reconnaissent que l’idée de la création de l’orchestre Bella Bella est de Maxime Soki (Vangu) après concertation avec Nyboma depuis le Negro succès, tout en laissant clairement entendre que c’est Emile Soki (Dianzenza) qui fut à la base des premiers enregistrements réalisés aux éditions la Musette. (Marie Yeye, Baboti bapekisi,..)

 

 LE NŒUD DU CONFLIT

 

Canta Nyboma a reconnu qu’en dépit du fait que c’est Maxime Soki qui coordonnait les activités de l’orchestre , Emile Soki fut la vedette de l’orchestre. Il venait aux concerts tardivement. Dès son entrée, on arrêtait la musique , avant de recommencer par sa chanson préférée, « baiser ya litama ». Selon cette version. C’est donc Emile Soki qui fut le véritable patron de l’orchestre.

Par ailleurs, Nyboma a révélé que Emile Soki ne supportait pas la présence de son frère. Plusieurs fois il avait essayé de pousser les musiciens à s’en aller, pour créer une autre formation. Lorsque Maxime était rentré à l’université de Lubumbashi pour des raisons académiques, et qu'il avait été  suspendu pendant deux mois, Emile Soki avait assumé la direction de l’orchestre. A son retour, Emile claqua la porte de Bella Bella, pour fonder Bella Mambo, en compagnie de Papy Tex, Babalou … , c'est alors qu'il composa Tongo etani et Chérie Nyota.

Pour manifester son mécontentement, Emile Soki , aux dires des membres de sa famille, avait décliné toutes les offres et largesses de son frère aîné à son égard : voiture, voyages en europe. Une attitude jugée par la famille comme relevant des caprices enfantines de Soki Emile.

Mais en ce qui nous concerne, sans être psychanalyste, nous estimons que Emile Soki qui avait accumulé les frustrations  s’était finalement senti spolié . Il trouvait son frère comme un intrus qui pouvait se débrouiller autrement ailleurs. Il aurait préféré gérer lui-même les fruits de son talent musical . Le côté intellectuel et éventuel bon manager de son frère aîné ne comptait pas pour lui. Son malheur était accentué par la tradition africaine qui accorde difficilement raison au moins âgé. Son errance exprime peut-être la recherche de son bien perdu, Bella Bella.

S’agissant de l’usage des forces surnaturelles par les deux frères, au dépend de l’un ou de l’autre, nous saluons la sagesse de leur sœur Soki Fuani Eyanga qui a clairement indiqué qu’elle n’en savait rien. Au cas où ils (ses frères) y auraient recouru, elle ne l’aurait pas su, a-t-elle conclu.

Mais vu l’engouement de nos artistes pour des pratiques occultes, nous pourrions supposer que les deux frères Soki n’avaient pas fait exception. Leurs décès tragiques, en l’espace de deux semaines, deux vendredis du mois de mai 1990, donne encore lieu à de nombreuses spéculations.

 

Messager

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anaclet 11/06/2009 03:00

Merci Messager,  Merci Crispin.  Raymon braink on devrait parler de lui avec respect. Il suffit de se remémorer les partitions de jazz exécutés par nos musiciens une heure avant les concerts et pendant les interludes.

Crispin-Régis 10/06/2009 19:43

Vous avez complètement raison Messager.J´avais confondu Raymond avec Richard.Ce dernier jouait du piano dans le restaurant de la cité de l´OUA,tandis queRaymond était avec le City Five.Merci pour l´éclaircissement. 

Messager 10/06/2009 19:27

Merci à Anaclet et à Crispin pour leurs contributions.En ce qui concerne la question d'Anaclet sur les blancs qui formaient les jeunes congolais à la musique je dirais qu'il doit s'agir de GEORGES et RAYMOND BRAINK. Ce sont ces derniers qui avaient encadré François Bikoko à la guitare dans la commune de Barumbu.Par ailleurs je soulignerais encore que selon certaines sources, à l'époque, plusieurs maison d'éditions employaient des musiciens étrangers dans l'organisation des partitions lors des enregistrements: Pilaeis et John Werk chez Ngoma; Bill Alexandre, guitariste aux éditions CEFA; Gilbert Warnant chez Opika; Fud Candrix chez Esengo; Charly Ivora, accordéoniste des Compagnons de joie (CDJ); Boup Ousseni;Tagbor...Messager

Crispin-Régis 10/06/2009 17:18

Cher Anaclet,les répétitions de Barumbu dont vous parlez,n´ont rien à voir avec Soki.Celles ci ont avoir avec un autre concours des jeunes talents,organisé par Gérard Madiata.Si je ne me trompe pas,le blanc qui était aux orgues s´appelait Richard.En ce moment ci,je suis en train de rigoler tout seul car il m´est revenu à la mémoire,la situation très embarrassante que j´avais vécue en ce lieu:Un bon matin,Abeti estvenue nous chercher,Pablo Ilo,Oscar et moi pour aller faire un tour chez Madiata.Il y avait un bon nombre des jeunes venus de tous les coins de Kinshasa dans la rue,qui voulaient s´inscrire au concours.Dès qu´on est déscendu de la voiture,un des gars qui se trouvé dans la foule,se précipitat vers moi pour me saluer afin de pouvoir attirer l´attention du public et des éxaminateurs.Je connaissais bien le gars,mais je ne savais pas qu´il venait vers moi avec un billet de 10K qu´il laissat dans ma main. Voilà une situation incomode pour moi qui devait continuer à saluer les membres du bureau de recrutement et qui n´avait rien à voir avec l´organisation du concours.Je ne crois même pas que le gars avait,l´intention de me corrompre car ça n´a pas de sens.Seul lui sait ce qu´il prétendait.Revenant sur Emile,je crois que son frère n´avait pas su l´encadrer d´accord avec son âge.       

Crispin Régis Lukoki 10/06/2009 04:54

Suite du commentaireA partir de ce moment,Emile Soki commence à fréquenter la rue Oshwé pour ses répétitions et du coup,je me rends compte du potentiel que retenait ce garçon,je dirais trop timide.Le concours de chanson se déroulat normalement.La chanson de notre Emile,parlait du Congo comme "Coeur d´Afrique".Chose un peu drôle,le concours n´eût pas de 1er prix.Le 2nd prix était pour la fameuse chanson"Ngiele mu nzila ya Kongo",interprétée par un quatuor,pendant que le 3ème prix tombait sur lachanson Dunia Matesso de Rémy Kishilo alors,sécrétaire du conservatoire.Vu que lepetit Emile avait attiré l´attention du jury,on lui accordat un prix de consolation.Doncil n´avait pas remporté le concours(pour ne pas associer ce fait avec la soit disantjalousie de Soki Vangu).Après le concours,Emile continuait à nous fréquenter.Avec ce gars timide nous avons animé le bal de l´association des journalistes au bar Hawaïsur Bongolo où venait de commencer à se produire Zaïko.Et une autre fois encore,undeuxième bal des journalistes avec Fiesta National et devant les ministres Kande,Bomboko,Mushiete et Nendaka.Pour faire connaître notre petit,on lui prend commevedette fixe aux émissions Vedette en herbe de Gaby Lusadisu.Tous les dimanches à midi,les téléspéctateurs de différents âges étaient collés aux téléviseurs pour admirer cet enfant à la voix pleine de douceur.Mais,un bon matin,notre petit ami ne s´est pas rendu au lieu du rendez-vous habituel.Il avait trouvé une autre voie,celle du succès à coté de son frère Maxime.Mes copains et moi,aimions beaucoup le petit Emile.La dernière fois qu´on s´était vu,c´était juste chez Gerard Kazembe pendant la journée et il était un peu nerveu et me semblait triste et comme d´habitude,il ne me fixait jamais aux yeux.Je me souvient des makayabu et chikwangues qu´on mangés avec notre petit Soki.Epayi azali,azala na Nzambe.        comme mes copains et m 

anaclet 10/06/2009 03:58

J'ai assisté à quelques répétitions des candidats par un heuereux hasard aux environs du grand marché à Barumbu. Je me souviens d'un blanc à l'orgue électrique et d'un jeune métis à la guitare. J'ai pu ainsi voir répéter Abeti qui était déjà connu sous le nom de Betty Finant. Crispin-Regis peut-il nous dire qui était ce blanc? J'ai entendu dire que c'était lui l'initiateur de quelques guitaristes Congolais.

anaclet 10/06/2009 03:36

Ne pourait-on pas mettre l'instabilité de Emile Soki sur le compte de sa jeunesse certe mais surtout de l'usage du chanvre? Tous ceux qui ont abusé du cannabis ont souvent mal géré leur vie et leurs affaires. N'oublions pas les problèmes psychiatriques qui sont venu se surajouter. Et quatorze ans d'âge c'est bien jeune. C'est le succès du premier 45 tours de Emile qui a incité maxime qui pratiquait déjà la musique à s'intéresser à la carrière de Emile et même à faire partie du groupe. A cette époque l'argent circulait,même les petits disquaires en gagnait. Verckys est le premier à avoir gagné beaucoup d'argent avec Bella-bella et quand Maxime a voulu quitter l'écurie Vévé Kiamuangana a produit le contrat qui les liaient. Il a fallu travailler durement pour racheter ce contrat Verckys ménaçant de faire saisir par voie de justice la maison familiale des Soki. C'est aussi une des sources des problèmes de Soki Emile. Les contrats de cession signés par les artistes les dépouillaient de toute propriété sur leurs oeuvres l'éditeur en dévenant le seul ayant-droit. Maxime grâce au travail fourni avec Bella-bella a pu rembourser à Kiamuangana jusqu'au dernier centime.

Crispin-Régis Lukoki 09/06/2009 20:39

Cher Messager,je n´ai pas beaucoup à apporter,mais je veux qu´on sache qu´avant sa participation au concours de chant organisé par le ministère de culture,Le Petit Soki était chantre dans le groupe Les Gais Lurons de Mr Maziku,juge des enfants à l´époque et Arthur Niemba.Le conservatoire de musique devait s´occuper de la séléction et accompagnement des candidats.A son tour,le directeur du conservatoire,par sa confiance me confiat la création d´un petit orchestre d´accompagnement pour  l´occasion.C´est à partir de là que j´avais connu Emile Soki.Il avait à peine 13 ans,et s´habillait encore en short.Il possédait une très belle voix et mélancolique.Mes amisRaky et Papy Malukisa étaient aussi surpris par la manière de composer et  d´interpréter du jeune garçon.Il y avait beaucoup des candidats à accompagner et nous n´avions pas assez de temps,alors nous demandions au garçon de bien vouloir passer chez nous pour les répétitions.Cela n´était pas pour lui favoriser,mais plutôt pour son âge qui ne lui permettait pas rester dans la rue jusque tard.