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Publié par Messager

V.    Tout le monde est vedette dans Zaiko

 

    Le phénoménal succès de Zaiko Langa-Langa de 1973 a pris tout le monde de court, les Grands de la place, Franco et Rochereau, ont failli abandonner la musique tellement le coup du fouet de ce jeune orchestre était foudroyant.  La vente du disque de laquelle ils dépendait en dehors des concerts et des voyages avait tari.  La révélation de l'essor décapant de Zaiko n'est pas seulement une éclosion d'un groupe qui arrive au plein succès par le concours des circonstances, c'est une arrivée qui s'impose également avec une maîtrise à laquelle le public a longtemps assisté en direct.  Depuis, l'ex-Conservatoire National de Musique et d'Arts Dramatiques de Kinshasa, devenu années Institut national des Arts, les professeurs de musique qui ont l'oreille sur l'actualité musicale populaire s'étaient réunis sans convention académique pour déclarer Manuaku Waku, alias Pépé Felly, « Grand guitariste de légende » à l'instar de ceux existant, or ceux-ci ne sont pas nombreux à côté de Jimmy Dula, Dr Nico et Franco.  Sans tarder, Franco est venu lui-même vers manuaku pour l'élever au rang des Grands.  Ce fut émouvant, mais ce geste attendait une contre-partie.  Franco voualit Pépé Felly dans l'OK Jazz et Rochereau le voulait dans l'Afriza.

 

    Le secret de l'apothéose de Zaiko n'est pas le fait d'une magie sophistiquée, cet orchestre a brillé par l'efficacité de son travail, mais surtout par la démocratie qui régnait au sein de l'ensemble.  Aucun musicien n'était plus grand qu'un autre, les musiciens considéraient qu'ils étaient au zénith à cause de la fidélité de leur engagement vis-à-vis de leur public.  Par ailleurs, le succès souhaité qui était au rendez-vous fut en quelque sorte un phénomène d'une gratification attendue, mais inopiné.  En effet, celui-ci est arrivé très vite sur un terrain qui regorgeait des multitudes de musiciens de talents et des orchetres avec des potentiels sans limites.  De toutes les façons, inattendu ou pas, le succès de Zaiko est en partie dû à l'état d'esprit des membres de la famille Langa-Langa, c'est cette disposition d'âme qui a prévalu sur toute autre considération fondée sur les exceptions des accomplissements personnalisés.  Nyoka Longo, Papa Wemba et pépé Felly n'étaient pas vaniteux quand bien même ici et là ce genre de comportement se manifestait.  Inconsciemment, cette conduite résulte d'un idéal hérité de l'espace artistique des anciens de Léopoldville, ceux-ci ont laissé un adage clair à celui qui veut briller sans partage : « Kinshasa babetaka tolo te ».  Qui n'a pas entendu ça ?

 

    En réalité, par un simple coup d'oeil à rebours, il est facile de voir de quel azimut cette sagesse est passée.  L'idéal cher à Grand Kallé trouva preneur au sein de l'orchestre Zaiko Langa-Langa.  Les hommes de mon temps se souviendront qu'à l'époque de l'African Jazz, voire de l'OK Jazz, aucun musicien n'était compté comme un figurant du groupe, chacun à son poste était cadre, régisseur et acteur.  Tous étaient vantés quand arrivait le temps d'exalter le talent de tous et un chacun dans une litanie d'hommage destiné à l'encouragement des uns et des autres.  En 1962, quand l'African jazz revenait du Mali après un séjour chez le Président Modibo Keita, Kallé et Rochereau cantaient :

 

    Boloba na Kallé azonga na léo ooo  .... Mimi e e  e e eyala ;

    Boloba na Déchaud azonga na léo ooo  .... Mimi e e  e e eya la ;

    Boloba na Roger azonga na léo ooo  .... Mimi e e  e e eyala ;

    Boloba na Rochereau azonga na léo ooo  .... Mimi e e  e e eyala ...

 

    Plus tard, ce sera Rochereau, à côté de Dr nico qui chantera ses collègues dans l'African Fiesta Vita une chanson assez analogue, c'est dans "Minge Minge".  Les paroles du refrain sont à peu près celles-ci :

 

    Roger Izeydi minge minge ;

    Docteur Nico minge minge ;

    Tabu Rochereau minge minge ...

 

    Zaiko Langa Langa n'a pas dérogé à la coutume, il a fait la même chose dans "Zaiko Wawa" pour les musiciens surtout, et dans "Ngai ko nanie ngai nde sonnerie" pour les fanatiques, en particulier dont ce même Sonnerie de la Commune de Kintambo.  Ces chansons sont rouvables sur le marché du disque, il n'est pas nécessaire de reprendre leurs textes tant que la plupart des témoins sont ont encore frais à la mémoire ces mélodies et leurs paroles.  Et comme souvent tout n'était pas dit, un chanteur, à saguise pouvait crier "Méridjo, Pablo, Manuaku Waku uuu, Yha Nyoch balobaka pamba, libanga lizui ndeke koseka te".  Tout droit na canaille "Mashakado Mbuta".  Ebele yango e ... À travers tous ces cris, Zaiko mettait en évidence sa famille sans discrimination de considération de rang social ni de l'ordre hiérarchique de l'échiquier de granduer au sein de l'orchestre.

 

    Ceci résume une vérité qui se définit par une certitude de facto : la gloire du musicien n'était pas interdit à la reconnaissance publique.  Tous et un chacun étaient des véritables stars pour les mélomanes.  Cette tradition se maintient jusqu'à ces jours avec la génération de Lola Muana dans Zaiko.  La preuve à cette évidence du droit pour tous à la notorieté s'aest avéré au lendemain du départ d'Evoloko, Wemba et Mavuela.  Benz Bozi Boziana, Mbuta mashakado, Lengi Lenga, Likinga, JP Buse ont tous été mis au devant de la scène sans condescendance.  Avant eux, Pablo a pris la place de Méridjo Belobi sans négocier son lancement dans les acclamations du public, tout de suite Nyoka Longo s'est mis à faire de lui une vedette à parité égale dans le lancement du prestige de son nom.  Il en sera de mêm plus tard avec Shekedan, mbuta Sansa Santos.  En tous cas, tous les musiciens brillèrent de mille et un feux.  Les Atalaku n'en parlons pas, ils ont gagné en popularité par la même formule.

 

    Quand le Zaiko Langa Langa a découvert les "Bana Odéon" de Kintambo, c'était tout à son honneur de montrer que ses nouvelles recrues, Bebe Mvuama et Mandjeku de la rue Inongo, au no 51, juste à côté de la résidence familiale du "Major André Mpika", au no 56 de la même rue.  C'est là aussi que semble également être le lieu de la jeunesse de Djamba Yohé au no 60.  L'avènement des Bana Odéon dans Zaiko était un événement de renouveau que tous les musiciens de Zaiko Langa-langa ont salué avec soulignement et écho dans tout le pays.  De Matonge, leur zone d'influence, le Pro-Familia Dei ont élu domicile à mangembo pour apprendre une nouvelle expression de production musicale.  L'intégration du rythme des Bana Odéon dans Zaiko est historique, il se passe sur la rue et les parcelles des lieux ayant eu des célébrités congolaises dans leur enfance.  N'Dele Albert le gouverneur de la Banque nationale du Congo avait sa mère au no 36.

 

    Passé ce parenthèse, le Zaiko Langa-Langa a compris que por faire bonne fugure auprès du public, la recette est dans le genie de Grand kallé et Franco comme évoqué précédement.  Ces valeureux musiciens ne voulaient pour rien au monde éteindre l'effervescence d'un artiste qui avait le vent en poupe.  Pour eux la compression du succès de quelqu'un est mauvais présage pour soi et pour l'avenir de tous.  Cette spécifique explication a un sens profond pour les Kinois et les Congolais qui comprennent de quoi il est question.  Néanmoins, d'aucuns devaient savoir que tous les orchestres de Kinshasa n'ont pas privilégié cette approche de rayonnement sans contrainte d'un musicien employ. pour ne jouer que son rôle, celui dévolu à son poste d'attache.  Parmi  les grands noms de la MCM, on dénombre un éventail foisonnant des ruptures des ensembles musicaux dues au fait que les fondateurs d'orchestres voulaient être les seuls têtes d'affiche.

 

    En 1973, il faisait bon d'être musicien de Zaiko Langa-Langa, le public reconnaissait tout le monde sans efforts excessifs et ceux-ci étaient auréolé par les paroles exaltantes à leur passage ou leur arrêt dans un quartier.  L'éclat et la renommé de Zaiko avait traversé les frontières les plus raides pour devenir des véritables rayons laser de l'art qu'aucune esthétique musicale de l'époque de ce succès ne pouvait contenir par ses barrières.  Pour bine des jeunes, cette année-là, Meridjo Belobi n'était pas de moindre dans le groupe face à Gina et Wemba évoluant au chant.  Nyoka Longo Jossart et Manuaku Félix n'étaient pas plus épais que Zamuangana, tous avaient la même valeur à la bourse de la musicographie et de la discographie.  Le Zaiko Langa-Langa a communiqué à la RDC et au Zaire les principes fondamentaux chères dans les Palais de Justice et les Parlement, l'égalité.  Mais Zaiko ne l'a pas fait par l'obligation du Juge ou des Députés, mais par la complaisance du divertissement des égaux parmi les égaux.

 

    À cause de ce phénomène qui n'avait cure du distingo de talent au sein de l'orchestre, un autre dérivé de même nature vint enrichir ce concept d'égalité spontanée forgée par les vertus de l'indifférence  qui ignore l'exception de chacun sur base de l'observation du déséquilibre de parité de posture.  Dans la communauté des fanatiques, la hiérarchie due au milieu de provenance des mélomanes disparut aussi sans se faire obliger d'éteindre ses velléités de discrimination.  C'est un public de toutes origines sociales qui se côtoie dans l'arène de Zaiko en dehors de tout critère de sélectivité et toute condescendance.

 

    Ce ne fut pourtant pas comme cela chez les Thu Zaina et les Iss Boys.  Bien entendu, ce ne sont pas les musiciens ni les fondateurs de ces orchestres qui réclamaient un statut spécial ou une exception, mais l'ordre de sélectivité qui s'imposait de soi veanit du fait que leur public ne venait pas d'autres univers éloignés de leur quartier, c'était pour bon nombre d'entre-eux, des enfants des riches qui s'amusaient avec les moyens des parents pour se divertir chez eux et dans leur milieu social.  Denis Bonyeme, Kelly, Robot, Bony Tshimpaka, Tshinza Huberty des Iss Boys, Vance des Mustang n'ont pas, hélas vu le danger que colportait la condescendance de leurs fans clubs, ils étaient seulement des vedettes immergés dans leur moule sans plus.  Plusieurs de mélomanes de différents groupes présents à leurs concerts ressentaient un malaise, une sorte de rejet sournois.  Très souvent, cela arrivait au cours des périodes des vacances au retour des Belgicains.  En temps ordinaires, les jeunes de Binza, de Ma Campagne, de Gombe, de Limete sont ceux qui relayaient ce sentiment de condescendance.  Bref, chez les Thu Zaina, les Iss Boys, les Mustangs, il y a avait bel et bien des cercles hiérarchisés en échiquier de grandeurs inégales au plan social.

 

    Toutefois, face à cette observation, on ne peut pas s'autoriser aveuglement à reprocher à la jeunesse des milieux nantis d'avoir développé une attitude de ségrégation et d'exclusion des autres sans jeter un coup d'oeil sur le constitut psychédélique de leurs mouvances sociales.  Les premiers orchestres des jeunes qui ont fait succès venaient des quartiers riches de Kinshasa et des Congolais de l'étranger.  Il était facile pour ces derniers de répérer quelqu'un qui n'est pas de leur sphère, cela se dévoilait par le langage, les habits et les réflexes.  En dernier ressort, ces jeunes repus par le sort à cause de la prospérité de leurs parents sont devenus malgré eux condescendants et se conduisaient conséquement à la suite de cette disposition de bien-être comme des être supérieurs.  Ce sentiment est attribuable aux avantages que leur condition avait domestiqué.  Dès lors, il était plus qu'impérieux qu'ils défendent leur territoire par tous les moyens, même par la bagare.

 

    Des grands bagareurs, il y en a eu.  À la fin des concert on en voyait de ces spectacles dignes des véritables rixes entre deux bloc idéologiques des jeunes séparés par leurs conditions sociales.  Quand le concert était une initiative des Institutions publiques, les frontières de protection de territoire disparaissaient, mais c'était là mettre du pétrole sur les allumettes en mal de combustion, il suffisait d'un rien pour voir jaillir les étincelles de la violence des groupes ou des individus porte-étendards de différentes communes et provenances.  À l'Athénée aux concert de Thu Zaina, Mikorobo s'était distingué comme un des plus puissants bouclier de l'ordre des « Bana Gombe ».  Philo Mbadu protégeait les jeunes de Bandalungwa.  À Renkin, aujourd'hui Kalamu, Hughes Lutula ne permettait à personne de dénigrer les siens, ce dernier, un intellectuel avéré et fils d'une notoriété institutionnelle et gouvernementale, n'était pas un férus de la bagare, mais ne l'évitait pas quand ses jeunes frères étaient en péril devant une meute des casseurs venue d'ailleurs et qui essaie de faire la loi au cours d'une rencontre public.

 

    L'irruption de Zaiko Langa-Langa dans l'univers du spectacle et des divertissements desjeunes mit fin à ces insécurités on ne peut point tragiques parfois.  La différence des origines sociale se dissipa de soi comme une pliue mis en échec par l'apparition d'un arc-en-ciel.  Il faut dire aussi que les motifs de faire la musique étaient divers, la plupart des musiciens qui surgissaient ici et là, en Belgique, à Gombe ou à Binza, bon nombre d'entre-eux pratiquaient pas l'Art d'Orphée sans but lucratif, cette particularité leur donnait la jouissance d'admettre à leurs concert qui ils voulaient.  Le Zaiko Langa-Langa fit tout le contraire.  Yha Nyoch, Papa Wemba, Manuaku vinrent à la musique avec le but de faire une profession, sinon un métier payant, ils s'emparèrent de la scène pour être les héritiers affirmé des Grand Kallé, de Rochereau, et de Nico.  Là-dessus, Zaiko a réussi, mais sa science d'expasnion artistique laissa libre court au succès de tous dépendamment de la façon dont ceux-ci étaient touchés par les dieux de la muse.  Tout le monde était et est vedette dans Zaiko.

 

NB : La suite est dans le livre à paraître

PS : Je forme le voeux de voir un de ces noms préfacer ce livre, il s'agit de :

  • Gégé Mangaya ;

  • Ray Lema ;

  • Nlandu "Milandu" alias Ladji ;

  • Vieux Emma ;

  • Me N'Danvu de l'Académie des Beaux Arts de Kinshasa ;

  • Me Liyolo de l'Académie des Beaux Arts de Kinshasa  ;

  • Nimy de Yéyé National de Belgique;

  • Le Docteur Zitou de Los Nickelos de Belgique ;

  • Tony Dee de Los Nickelos de Belgique ;

  • Vieux Bono de Los Nickelos de Belgique ;

  • Ou tout dignitaire de cette époque glorieuse de la musique des jeunes tant au Congo qu'en Belgique.

    Je prie Manuaku, Yha Nyoch, Papa Wemba et aux mélomanes de Zaiko Langa-Langa de m'envoyer des photos et des souvenirs pour illustrer mon histoire dans ce bouquin que je leur dédie pour les quarante années de Zaiko.  La jeunesse de la RDC n'a pas manqué de loisir pour se divertir, mais le Zaiko n'a pas été que la récréation, c'est toute une histoire qui a enrichi notre culture et permis au Congo de préserver sa personnalité musico-artistique même dans la grande noirceur des crise récurrentes que la République a traversé et traverse encore.  Enfin, je tiens à m'excuser pour mon ordinateur pour le manque des accents grave sur la lettre U pour écrire ou décrivant le lieu.

 

Zut : Mon adresse email est : Visitation@sympatico.ca

 

Djamba Yohé,

Le Congolais de l'Atlantique Nord.

Ottawa, le 4 mai 2009

Canada.

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Zacharie 02/09/2010 04:57



Mon cher mbokatier,je me souviens d'un évenement qui est resté graver dans ma mémoire dépuis bientôt 40ans.cela se passe en 1973.ce jour là, il y avait un bal scolaire organisé a
l'athenée de la gombe,4 orchestres devaient se produire.Il s'agissait de thuzaina, symba,tabou national et le zaiko langa langa.lesdeux premiers étant des orchestres ayant un très grand succès ne
voulaient pas commencer le bal,et ce fut  tabou national  qui inaugura le bal,et ensuite vint le tour de zaiko.la première chanson fut la tout neige tous les gamins que nous étions se
retouverent sur la piste,et après 3 ou 4 chansons Jules,Jossart,Siméon montèrent sur scène pour entonner une chanson qui scella définitivement le succès et la supériorité de zaiko sur les
autres.cette chanson avait pour titre jackina,elle deviendra par après ngadiadia.Lorsque Jossart entonna le solo vocal jackieee jackelina bolingo eee toute la foule se leva,les filles
commencerent a jeter les pagnes,les foulards,les mouchoirs vers les musiciens,et dès que zaiko avait finit de chanter,beaucoup des gens s'en allèrent estimant qu'il n'y avait plus rien à
voir


Zacharie



jean-paul Pelu 20/11/2009 11:02



Djagas,
J'attends avec impatience la sortie de ton livre. Ton pote du cercle culturel IGAZI.
jean-paul pelu