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Publié par Messager

Bien chers tous,
Voici un sujet qui mériterait toute notre attention.

En préambule, essayons d’imaginer ce que représentent 10 millions d’ha (hectares= 100m*100m, soit la superficie d’un terrain de foot.)).

 En effet, il faut savoir que "Le potentiel agricole de la RD Congo est estimé à :
80 millions ha de terre arable, et 4 millions ha de terre irrigable, un pâturage qui peut supporter 40 millions de bétail, 125 millions ha de forêt tropicale et le potentiel de produire 700.000 tonnes de poissons."
10 millions d’hectares, c'est énorme !

Pour avoir un ordre d’idée, prenons le cas d’un pays très agricole comme le Rwanda :

« Le paysage agricole rwandais est confronté à un épineux problème de faible disponibilité de terres cultivables et l’exiguïté du territoire national (26.338 km2) n’offre guerre beaucoup d’alternatives quant à l’augmentation des aires cultivables. La superficie cultivable est estimée à 1.4 millions d’hectares, soit 52% de la superficie totale du pays. »

 

Donc 10 millions d’hectares représentent donc TROIS (3) fois la superficie du RWANDA.  Mais, puisqu’il s’agit de 10 millions d’ha de terre cultivable ou arable, ces 10 millions représentent donc un peu plus de SEPT (7) fois la superficie cultivable du RWANDA.

 

Nous devons prendre très au sérieux cette « transaction » car il est ici question non seulement de la Sécurité alimentaire des populations congolaises mais nous pouvons nous interroger sur la SOUVERAINETE ALIMENTAIRE de notre peuple.

Est-il permis de penser que des investisseurs privés et étrangers peuvent contribuer à la Sécurité alimentaire de la RD Congo ?
Oui, nous le pensons. Alors, pourquoi nos réticences ?

 

PREMIEREMENT, nous pouvons (par étude des expériences historiques, principalement en Amérique centrale et Amérique du Sud) craindre que la sécurité alimentaire ne puisse résulter d'une "sous-traitance étrangère" pour plusieurs raisons dont on peut en dégager sept :


1. Les "acheteurs de terre" viennent avec LEUR PROGRAMME (un Business Plan qui doit être RENTABLE financièrement d'abord et accessoirement avoir des retombées économiques et de façon marginale, des retombées sociales).
2. Les objectifs de ces "entrepreneurs" agricoles concernent PRINCIPALEMENT des Besoins d'exportation vers leurs marchés (dans notre cas l'Afrique du Sud, la Grande Bretagne et l'Australie) ou des marchés jugés solvables (pour des produits spécifiques par exemple la filière BIO, l'Horticulture, etc.) ou pour des marchés en développement (avec des besoins en progression exponentielle : Chine, Inde, Corée, Pays Arabes, etc.)
3. Les terres qui seront "vendues" seront certainement dans des zones les plus accessibles (question de bénéficier des infrastructures : routes, chemin de fer, Fleuve et aéroport,) pour MINIMISER LES INVESTISSEMENTS (car la crise financière existe, même pour ces sudafs qui font appel aux crédits bancaires) ;
4. Les paysans seront pour une grande partie dépossédée de leur TERRE ancestrale.
4.1. Une grande partie de ces paysans seront transformée en OUVRIERS AGRICOLES avec souvent des conséquences de paupérisation (salaires de misère) et conditions sociales minimalistes.
4.2. Une autre partie de paysans (les sans terre comme au Brésil) sera OBLIGE de quitter les villages (car pas de terre et pas employés, car il n’y aura pas de boulot pour tous) pour suivre le chemin de l'exode donc Bidonvilles (avec les conséquences : prostitutions, drogues, maladies, etc.)
5. Une chute vertigineuse de la production agricole locale va concerner l'AGRICULTURE dite de SUBSISTANCE (Manioc, maïs, banane plantain, riz local, etc.) car c'est une agriculture principalement PAYSANNE.

6. Les problématiques liées aux impacts environnementaux ne sont pas à négliger principalement la déforestation et un usage des intrants (engrais, phyto et OGM) dans des conditions non contrôlées ni normées.(pollutions multiples : nappes d’eau potable, rivières , air ; maladies diverses : cancers, allergies, etc.)

7. La corruption et l’impunité qui règnent dans la classe politique congolaise nous font penser que des accords de ce type ne seront pas établis de manière à privilégier d’abord les intérêts des populations congolaises.

DEUXIEMEMENT, l’actualité récente de la crise financière occulte la crise alimentaire qui a atteint son paroxysme depuis 2008 avec des émeutes de la faim dans plusieurs pays. Et cette crise alimentaire doublée de la crise financière a permis des stratégies dites d’externalisation des productions pour la sécurité alimentaire et « placements spéculatifs en agriculture »pour ceux qui veulent rentabiliser leurs fonds.

On parle « des OPA sur des terres agricoles par des pays émergents »

« Arabie Saoudite, Corée du Sud, Egypte, Indonésie, Qatar… Face aux crises alimentaire et financière mondiales, les pays émergents achètent des terres agricoles dans des pays tiers, notamment en Afrique. Objectif : sécuriser leurs approvisionnements pour faire face à la hausse du prix des matières premières. Dans un rapport publié fin octobre, l’ONG Grain dénonce « un accaparement des terres au niveau mondial », tandis que l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) craint que ce nouveau marché ne débouche sur une forme de « néocolonialisme ».

Pour lire l’article : http://www.geo.fr/environnement/actualite-durable/opa-des-pays-emergents-sur-les-terres-agricoles-22960

 

L’ONG Grain a publié fin octobre2008 un rapport intitulé « Main basse sur les terres agricoles en pleine crise alimentaire et financière », dans lequel elle dresse la liste des pays et des sociétés qui ont acheté des terres à l’étranger.

 

Le cas de la RDC est assez particulier car on nous parle de 10 millions d’ha alors que dans tous les cas qui sont répertoriés, il s’agit de dizaines voire de milliers d’ha. Et, les experts sont scandalisés et très inquiets. Alors , 10 millions d’ha et en plus avec juste un pays.

Aujourd’hui c’est l’Afrique du Sud, demain la Chine, les Arabes, la Corée, des Indiens, etc.. A ce rythme, on peut véritablement s’interroger et s’alarmer quant aux conséquences notamment de la SECURITE ALIMENTAIRE des Congolais et plus encore de leur SOUVERAINETE ALIMENTAIRE.

 

Est-il permis de penser que des investisseurs privés et étrangers peuvent contribuer à la Sécurité alimentaire de la RD Congo ?
Oui, nous le pensons. Mais quels sont les préalables ?

Nous pensons que la RDC, riche de ses 80 millions de terres agricoles peut effectivement accueillir des investisseurs étrangers porteurs des capitaux, technologies et compétences nécessaires au développement agricole.

Mais, il faut quelques préalables :

Il faudrait une véritable politique agricole et de développement local qui puisse se construire avec et autour de notre agriculture paysanne. En effet, puisqu’il s’agit de notre Sécurité alimentaire, commençons par produire ce qui se mange localement et dans notre pays. (Manioc, maïs, bananes plantains, riz, sorgho, patates douces, igname, haricot, niébé, arachides, etc.)

Il est possible de développer des unités industrielles sur la base de ces productions. Par exemple (Manioc : transformation farine, gari, chikwangues, biscuiterie, amidon, colle, déchets pour alimentation animale et biogaz ; patate douces : farine pour bébé, frites, chips, biscuiterie, etc.) Bref, des expériences existent dans le monde (Brésil, Chine, Thaïlande ou Indonésie, Jamaïque, etc.) et des technologies existent.

La création des filières qui se construisent avec et autour de ces unités industrielles en intégrant et soutenant les agricultures paysannes avec leurs SAVOIRS LOCAUX.

On pourrait envisager la) présence des investisseurs étrangers à condition de sécuriser le FONCIER des paysans et d’empêcher toute possibilité de spéculation du foncier par ceux qui ont des Capitaux.

Il serait utile que l’intégration des investisseurs privés dans le secteur agricole relève d’une approche pensée dans le cadre d’un programme provincial de développement local. Ce qui suppose la prise en compte des facteurs environnementaux (défense de la biodiversité, lutte contre les pollutions, etc.)  et aussi des facteurs sociaux (des clauses qui obligent des investissements sociaux : écoles, dispensaires, entretien des voies de dessertes agricoles, etc.)

La problématique de l’ENERGIE (accès à l’électricité et eau potable) et des infrastructures de base (voies de desserte agricole, centres de santé, écoles, etc.)sont des préalables pour attirer des investisseurs et retenir des jeunes dans les milieux « reculés ».  Si ces préalables ne sont pas réunis dans une zone donnée, les investisseurs vont rechercher là où il y a un minimum. Il y aura forcément concurrence ave les paysans.

La lutte contre la corruption constitue un préalable aux négociations et autres accords. Car la terre appartient à l’Etat et des étrangers seront obligés d’utiliser des nationaux que dis-je des locaux comme « écran », pseudo associés pour s’approprier des meilleures terres.

 

Que pouvons-nous conclure ?

Que le sujet est à prendre très au sérieux car 10 millions d’hectares représentent un capital foncier très important pour la Sécurité alimentaire des congolais qui risquent d’échapper à notre contrôle.

Que dans un pays où Médiocrité, corruption et impunité règnent (particulièrement dans la classe dirigeante), nous risquons de recevoir et d’installer une nouvelle « maffia » spéculant sur le foncier.

Que les responsables provinciaux (gouvernement, parlement, société civile, chefs coutumiers, DIASPORA, etc) devraient « avoir une réelle VISION » et bâtir des « STRATEGIES » cohérentes qui mettent en avant la SOUVERAINETE ALIMENTAIRE  et  la promotion des agricultures PAYSANNES.

 

Je vous demande de lire ce texte et d’y réfléchir dans l’article « « des OPA sur des terres agricoles par des pays émergents »

Le débat

Face à l’ampleur du phénomène, la FAO s’inquiète. Son directeur général, Jacques Diouf, craint que ce nouveau marché des terres agricoles n’entraîne « l’émergence d’un pacte néocolonial pour la fourniture de matières premières, sans valeur ajoutée pour les pays producteurs ».

Pour ces derniers, la location ou la vente de terres n’a d’intérêt que si les capitaux étrangers permettent de financer localement une agriculture de subsistance pour réduire la malnutrition. Or, selon l’ONG Grain, « si elle devait rester incontrôlée, cette main basse sur les terres à l’échelle planétaire pourrait sonner le glas des petites exploitations agricoles et des moyens de subsistance ruraux dans bien des régions du monde ». En effet, le marché des terres agricoles devrait favoriser une agriculture tournée vers l’exportation. C’est justement ce modèle qui est responsable des « émeutes de la faim » qui ont éclaté en 2007 en Asie et en Afrique.

Dans son rapport, l’ONG Grain souligne l’intérêt d’une dynamique commerciale Sud-Sud de grande ampleur. Mais elle met en garde contre le risque de conflits autour de la question sensible de la propriété foncière. Difficile de concilier réforme agraire et cession de terres à des pays ou des investisseurs étrangers.
Au Pakistan, les agriculteurs se mobilisent actuellement pour sensibiliser la population au risque de déplacement de villages entiers si le Qatar signe un accord pour externaliser sa production agricole dans la province du Pendjab.

 

 

Fingola miso mpe zala mayele yo mwana ya Congo!

 

KIMIA, MWINDA MPE BOLINGO EN VOUS ET POUR LA RDCONGO

 

Andochanga

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4ct99b0276 07/12/2019 08:22

I am curious though, your #2 you said “The small numbers, such as whole numbers smaller than ten, should be spelled out.

LILO 29/04/2009 00:58

le ton léger de mes frères pour un sujet oh, combien important qui est la cession de nos terres me laisse sans voix. Comment imaginez 10 millions d'ha cultivables cèdés sans pouvoir faire des malheureux. Les autochtones deviendront au bas mot salariés et condamnés d'accepter l'aumone. Pendant ce temps une élite qui a servie à représenter les populations se pavanerai à kinshasa avec ses multiples femmes et villas achêtées avec les fonds de la transaction.  Il serait souhaitable, dans le but de dévélopper nos régions, d'encadrer cette démarche pour que ne soient pas lèsées les populations concernées. Il y a déjà eu des précédents, le cas des sud africains n'est pas isolé, malheureusement, la cession sur des milliers d'ha s'était  soldé par quelques kilogrammes des sacs de sucre, du sel et des cartons de savon. Ce qui nous échappe est l'avenir de ces propriétaires jadis certes cultivateurs, dont la libre circulation va se restreindre, des restrictions vont leur être imposées. Vous avez bien fait de soulèver le couvercle du passé par des souvenirs marquants des plantations unilever au congo. L'un des côtés positifs de la colonisation avec des réalisations qui nous ont été profitables. A l'époque rien ne leur avait été imposé, sauf poussé par leur bonne volonté.  Les gouvernants actuels qui n'ont d'autre logique que mercantille se soucieront-ils d'imposer quelques conditions qui soient en faveur des expropriés? Puisque la mondialisation nous impose cette cohabitation, autant mieux en tirer profit en faisant valoir l'accès au bien être en faveur de la population des régions cèdées. L'une des raisons qui a fait partir ravalomana de la présidence pour avoir cèdé les terres sans contreparties viables aux propriétaires historiques. Alors que les gouvernants cèdent les terres pour les dévélopper c'est une bonne chose. Que cette cession profite aux populations chasées de leur terre par des constructions des routes, des hopitaux, des écoles, bref, au final, améliorer leur quotidien, est mieux.

andochanga 21/04/2009 17:00

Bien cher Anaclet,Voici ce que j'ai écris :
"Est-il permis de penser que des investisseurs privés et étrangers peuvent contribuer à la Sécurité alimentaire de la RD Congo ? Oui, nous le pensons. Alors, pourquoi nos réticences ?
 
PREMIEREMENT, nous pouvons (par étude des expériences historiques, principalement en Amérique centrale et Amérique du Sud) craindre que la sécurité alimentaire ne puisse résulter d'une "sous-traitance étrangère" pour plusieurs raisons dont on peut en dégager sept :
 
DEUXIEMEMENT, l’actualité récente de la crise financière occulte la crise alimentaire qui a atteint son paroxysme depuis 2008 avec des émeutes de la faim dans plusieurs pays. Et cette crise alimentaire doublée de la crise financière a permis des stratégies dites d’externalisation des productions pour la sécurité alimentaire et « placements spéculatifs en agriculture »pour ceux qui veulent rentabiliser leurs fonds.
Est-il permis de penser que des investisseurs privés et étrangers peuvent contribuer à la Sécurité alimentaire de la RD Congo ?
Oui, nous le pensons. Mais quels sont les préalables ?
Nous pensons que la RDC, riche de ses 80 millions de terres agricoles peut effectivement accueillir des investisseurs étrangers porteurs des capitaux, technologies et compétences nécessaires au développement agricole.
Mais, il faut quelques préalables :..."
Vous parlez d'Unilever et on peut citer d'autres entreprises qui ont développer l'agriculture et l'agro-alimentaire dans la colonie Belge. Le cas d'Unilever est très intéressant. En effet, cette entreprise Anglo-hollandaise a signé des accords avec la Belgique et c'est dans dans ce contexte qu'elle a pu participer non seulement au développement agricole mais aussi à une implication dans le développement rural. Il ne fut pas croire qu'il s'agissait d'une volonté de ces entreprises. Il est d'abord question des  ACCORDS qui reflètent une VISION qui prennent en compte des clauses sociales et une gestion du territorial (entretien des routes de dessertes agricoles et divers services publics). Ensuite, il s'agit de faire RESPECTER CES ACCORDS, ce qui nécessite une ADMINISTRATION RESPONSABLE et une JUSTICE qui punisse CORRUPTION et DETOURNEMENT des fonds publics (diverses taxes).
Il ne faudrait pas que nous puissions nous engager dans des polémiques stériles. Fasse à la complexité ne cherchons la facilité et le confort de la simplification qui voudrait que l'on tranche par un OUI ou par un NON. Nous avons, en écrivant cette petite contribution voulu non seulement sortir de cette approche binaire mais par dessus tout, nous voulons alerter nos compatriotes sur des pratiques "nouvelles" dans une économie qui se "mondialise" non plus seulement par des déplacement des entreprises mais surtout par des spéculations financières qui "trade" sur TOUT. La venue des investisseurs étrangers dans l'agriculture en RDC peut servir juste d'une opportunité de "spéculer", de "rentabiliser des fonds", etc.  Nous n'avons certains ni le droit et moins encore le moyen d'interdir ces spéculations mais nous avons certainement le droit et la responsabilité de "canaliser" ces investissements pour qu'ils servent véritablement des intérêts et bien -être des populations congolaises.
Notre Destin doit être entre nos mains. Il ne s'agit que de celà. Mais, c'est déjà un grand défi. Individuellement et Collectivement, engageons nous dans des réflexions constructives et construisons des stratégies pour un Grand Congo.
Kimia, Mwinda mpe Bolingo
Andochanga
 
 

anaclet 19/04/2009 14:26

Quand on est un pays pauvre comme l'est le La RD Congo on ne peut que compter sur l'investissement  extérieur pour amorcer son développement. Hors il se trouve que depuis 50 ans le reflexe anti-colonialiste nous rend frileux. Cette terre congolaise dans ces contours n'existe que de puis 1830 si ce n'est pas moins. Ce territoire était une terre agricole par excellence. Les grandes compagnies dont unilever en tête avaient investi chez nous avec beaucoup de succès. L'agroalimentaire faisait du Congo une entité autosuffisante. Après 49 ans de vide non comblé il serait souhaitable que des investisseurs sérieux viennent s'engager chez nous. On voit là réapparaitre le gros slogan Anti-Néocolonialisme s'étaler en lettre de feu. Depuis 1997 on entend que ça. Celà appelle l'immobilisme qui va justement favoriser la corruption à coup sûr. Si l'argent peu affluer de partout comme vous le dites c'est plutôt une bonne nouvelle pour un pays exsangue qu'est le Congo. Qu'ils affluent de partout les investisseurs, personne d'accepterait d'entrtenir une colonie aujourd'hui ,celà coûterait trop cher. Néocolonialisme,que signifie ce mot au 21° siècle. Ce mot qui n'existe que dans le vocabulaire des pays du tiers monde, un stigmate des sixties.