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Publié par Messager

 Stan, ville martyre. Victime de toutes les rébellions. Chacune ayant contribué à son délabrement. Kisangani, porte les stigmates de plusieurs affrontements et de notre mauvaise gestion du patrimoine.
Comme nous allons le découvrir, Stanleyville fut aussi "poto moyindo". Essayons de la ressuciter de ses cendres à travers des photos d'archives rassemblées et publiées par Jean Luc Ernst ( http://www.stanleyville.be),  à qui nous témoignons notre profonde gratitude.
(Msg)

Les IMAGES.

1.La fanfare militaire du 3ème Groupement défile à Stanleyville à l'occasion d'une visite du générale Janssens, commandant en chef de la Force Publique (Source: Jean-Pierre Sonck)


2.Le 5ème Bataillon de la Force Publique


3.Arrivée de St Nicolat à Simi Simi en 1950


4.La résidence du gouverneur de 1957-1960


5.L'entrée du Camp Prince Léopold


6.L'aéroport de Stanleyville en 1950


7.La Cathédrale


8.La Mosquée


9.La Chapelle- Hôpital



10.L'inauguration du bâtiment de la Caisse d'Epargne (CADECO) en 1957


11. Les employés de la Banque du Congo Belge


12.La Banque du Congo Belge


13.Le Bateau Baron Lebrechts en 1947


14.Le Bateau Cathédrale


15.Hôtel des Chutes


16.Hôtel Stanley


17. Magasins SEDEC  et BELGIKA


18.Visite du Duc de Brabant


En 1909, au décès du Roi Léopold II, le Prince Albert monte sur le trône de Belgique et Léopold, son fils aîné, devient Duc de Brabant, titre attribué à l'héritier de la Couronne en Belgique. En 1925, le Prince Léopold, Duc de Brabant, entreprend un long voyage d'études au Congo. Il visite notamment Stanleyville où il assiste à un Te Deum à la cathédrale. Le 23 février 1934, le prince succède à Albert 1er comme Roi de Belgique sous le nom de Roi Léopold III.
(Source : Jean-Pierre SONCK)


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WATHUM 04/10/2016 14:25

Votre commentaire
J'aime le site et son programme.

anneet 02/05/2009 07:59

Gizenga à Stanleyville en 1961-61 n'était pas sécessionniste mais il voulait simplement continuer le gouvernement Lumumba. J'y étais durant la première moitié de 1961.

jean-Pierre 23/03/2009 04:42

SUITE DE MON COMMENTAIRE COUPÉ :     Malheureusement pour le grand nom du héro de l’indépendance, la ville de Stanleyville tombe aux mains des rebelles simbas le mardi 4 août 1964. Et le Monument Lumumba devient l’autel où Alphonse Kinghis, un maniaque sanguinaire nommé comme président provincial intérimaire du Haut-Congo par le général rebelle Nicolas Olenga, offre en holocauste toute la crème de l’élite stanleyvilloise.
 
C’était alors tout rouge de sang, ce monument de Lumumba, du sang chaud des Boyomais !
 
Je cite un exemple : on y amène, tout nu, Léopold Sylvestre Bondekwe — intellectuel, journaliste et politicien. Crime lui reproché ? Politicien modéré ! Debout sur ses deux jambes et ligoté, on l’éventre avec un coutelas de commando et un fou mange son foie encore battant ! J’épargne à mes frères et sœurs la description de toutes les horreurs qui ont été commises devant ce monument au nom de Lumumba…
 
Révulsées par ces horreurs, les « femmes nationalistes » de Stanleyville — menées par Anne Libondo, Elisabeth Mukufu et Anne Atosha—confrontent Alphonse Kinghis et son complice, un autre sanguinaire qui s’est surnommé Colonel Kifakio (kifakio = swahili, balai), pour leur demander d’arrêter le massacre des Stanleyvillois ! Alphonse Kinghis et Colonel Kifakio font semblant d’écouter les femmes nationalistes mais continuent leurs massacres de nuit du haut du Pont de la Tshopo, fourrant leurs victimes dans des sacs de jute avant de les précipiter dans les Chutes de la Tshopo. Mais comme les Boyomais le savent, la Tshopo vomit toujours ce qu’on y jette… Répétition de l’histoire : c’est aussi du haut du Pont de la Tshopo que Nkundabatware jeta une centaine de cadavres de Boyomais, après les avoir fourrés dans des sacs de jute ! Et encore une fois : horreur et deuil sur ma ville !
 
Si vous croyez qu’à la reprise de la ville de Stanleyville par les troupes gouvernementales, le mardi 24 novembre 1964, on épargnerait les femmes nationalistes Anna Libondo, Elisabeth Mukufu et Anne Atosha pour le courage qu’elles avaient eu de confronter les tueurs Kinghis et Kifakio, vous vous trompez. Les éléments de la brigade motorisée katangaise de Tshombe dénommée « Diabos » arrêtent ces femmes, pénètrent leurs vagins avec des coutelas de commandos, attachent les membres de chacune à quatre jeeps qui démarrent simultanément dans quatre directions différentes.
 
Toutes ces horreurs ont été commises devant nous autres, enfants ! Et, aujourd’hui, mes enfants se moquent de moi chaque fois que je saute quand un moteur de véhicule pétarade soudain ou qu’un verre se brise ! Ils ne savent pas que je suis un traumatisé de guerre ! Je n’avais que 11 ans en 1964 ! Et on continue à fabriquer dans ma ville d’autres enfants traumatisés de guerre…
 
Tu sais quoi, Messager, à voir ces photos, je me dis qu’on serait peut-être mieux à Stanleyville, à Stan, à Boyoma, à Brom, à Kisangani, à Kiss, si on se séparait carrément de l’entité de malédiction appelée Congo…
 
Ah, j’oubliais, après le cannibalisme au Square Lumumba, on a changé le nom du square : il est aujourd’hui appelé « Place des Martyrs »…       
   

Jean-Pierre 23/03/2009 04:35

Belles photos de Stanleyville, Messager, qui permettent de mesurer la profondeur du fossé puant dans lequel ma ville natale est tombée. La négligence et le manque d’investissement ont d’abord grignoté la beauté éclatante de Stan. Au point d’en faire aujourd’hui Kisangani telle qu’on la voit : une ville triste qui porte comme un pagne déchiré son titre de « martyre »…
 
Il y a eu des vagues successives de barbares qui ont déferlé sur Boyoma-singa-mwambe… La grande guitare de Boyoma est aujourd’hui éventrée et toutes ses 8 cordes sont cassées. Les Rwandais et les Ougandais s’y sont donnés à cœur joie — sans oublier Nkundabatware de triste mémoire, qui y avait fait éventrer des femmes enceintes, juste pour se faire une idée du mystère de la physiologie humaine…
 
Mais avant les Rwandais, les Ougandais et les Nkundabatware, il y avait d’abord eu les rebelles simbas ! Et ce que je vais relater en rapport avec la première photo de la série démontre une constante : ma ville a toujours été martyrisée, soit par les ressortissants des autres provinces du Congo ou soit par des étrangers qui y ont été amenés par les ressortissants des autres provinces du Congo : 1) les simbas de 1964 étaient des ressortissants du Maniema et des Kivus ; et 2) les Rwandais et les Ougandais y ont été amenés par les Kabila-père, les Jean-Pierre Bemba, les Wamba-dia-Wamba et tous les autres va-nu-pieds des autres provinces. Il y a même eu Gizenga, alors à la tête d’un mouvement sécessionniste à Stanleyville entre 1961 et 1962, qui y a aussi laissé quelques familles éplorées. (Les seuls ressortissants étrangers à ma ville à y apporter une grande joie, mon frère Messager, ce sont Garcia Ndongala et son frère Tinapa, dont tu nous a déjà présenté quelques chansons, avec leur orchestre « Rock ‘en Band Singa-mwambe : je profite de cette occasion pour saluer la mémoire de Garcia, qui vient de s’éteindre à Kinshasa…)…
 
Des gens sortis de leurs villages on ne sait où et qui ont convergé sur ma ville comme des anges de la mort pour y semer terreur et désolation !
 
Une question : quel est le jour où on verra un Boyomais aller semer terreur, mort et désolation à Mbuji-Mayi, par exemple, au nom d’un concept vide du nom de « Congo » ?
 
Ah, Messager, des larmes que tes photos me font couler ce soir…
 
Messager, tu as très bien fait de commencer la série des photos de Stanleyille avec cette première photo — la seule que je vais commenter — qui montre le tambour-major « elanga » de la fanfare de la Prévôté Militaire du 3ème Groupement de l’Armée Nationale Congolaise (ANC), au flanc de la Poste de Stanleyville.
 
Cet emplacement est significatif à plus d’un titre. D’abord, parce que Lumumba y avait travaillé comme postier. J’ajoute ici une parenthèse pour signaler que l’histoire du Congo a de ces coïncidences bizarres. Lumumba a aussi travaillé comme postier à Yangambi, siège de l’INEAC (aujourd’hui INERA). A Yangambi, son voisin et grand copain, c’était  Lito Moboti, l’oncle de Mobutu…
 
Ce bâtiment est aussi significatif parce que la Poste est le centre théorique de la ville et de toute la province : c’est à partir de cet emplacement que le kilométrage de la ville rayonne en cercles concentriques. Ainsi, quand on dit, par exemple, que Banalia est à 128 kilomètres de Kisangani, on a mesuré cette distance à partir de ce bâtiment de la Poste.
 
Le square dans lequel la Poste se trouve a un passé sanglant. Rappelons d’abord les noms successifs de ce square : « Square Léopold II » sous la colonisation : il y avait une statue de Léopold II dans le parc juste à côté de la Poste. C’est dans ce parc que toutes les grandes kermesses de la ville se tenaient ou se tiennent encore… A l’indépendance, on avait déboulonné cette statue de Léopold II. Puis, à la mort de Lumumba, on y avait érigé un monument provisoire de Lumumba, qui était en fait un simple  portrait peint de Lumumba dans un encadrement de ciment et de verre. On avait alors rebaptisé le square en « Square Lumumba »… Ironie de l’histoire : en juillet 1964, lors de sa visite à Stanleyville comme nouveau premier ministre, Moïse Tshombe ira se prosterner devant cette peinture de Lumumba et y déposer une grande couronne de fleurs !
 
Malheureusement pour le grand nom du héro de l’indépendance, la ville de Stanleyville tombe aux mains des rebelles simbas le mardi 4 août 1964. Et le Monument Lumumba devient l’autel où Alphonse Kinghis, un maniaque sanguinaire nommé co