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Publié par Messager

Bien cher Bellak,
Qu'il me soit permis d'insister auprès de mes frères Muan'a Mangembo, Kandolo et le Messager sur le fait que les chroniques des uns et des autres constituent des "matériaux" de grande qualité pour des chercheurs d'aujourd'hui et de demain non seulement concernant l'histoire mais aussi les autres sciences sociales. J. Pululu a raison de souligner que la RIGUEUR doit être une Exigence pour tous ceux qui veulent s'exercer à cette tâche très noble de "conservation " de la Mémoire Collective. Je me permets d'ajouter que la RIGUEUR est plus qu'une exigence c'est même une OBLIGATION individuelle et collective.  Faisons toutefois montre de beaucoup de TOLÉRANCE car le temps agit sur la mémoire et le témoignage individuel est souvent entaché de SUBJECTIVITÉ qui peut expliquer sans nécessairement JUSTIFIER certains propos voire affirmations inexacts. Soyons donc modestes et sachons faire montre de Respect dans nos échanges et donc de Tolérance.

Je vais toutefois apporter ma modeste contribution concernant la problématique des droits d'auteurs et de la place des paroliers.

Je voudrais d'entrée indiquer que cette problématique doit être envisager sous deux angles (à séparer dans l'analyse mais qui se juxtaposent dans la réalité) :
Premièrement, il y a l'aspect JURIDIQUE donc on parle de DROITS. Il me semble que cette dimension a été suffisamment décrite et explorée par beaucoup dans les contributions antérieures. En gros, on pourrait dire :
a) Il y a des lois nationales et internationales
b)  Des contrats mal goupillés ou carrément l'absence de contrats
c) Il y a ceux qui connaissent les lois et usent et souvent en abusent pour leur profit au détriment de ceux qui l'ignorent.
d) Il y a aussi l'incapacité à faire respecter ses droits (impunité, manque des moyens, la corruption, etc.)
Deuxièmement, il y a l'aspect socio-culturel donc on devrait envisager le COMPORTEMENT des acteurs. En effet, certaines habitudes et  traditions dans nos sociétés (villages et villes) expliquent ces dérives dans les pratiques en lien avec les droits d'auteurs.
En considérant un groupe de musique (orchestre comme on le nomme chez nous), on pourrait par exemple s'interroger sur la valeur et l'importance accordées aux instrumentistes en général. En observant de près le fonctionnement de nos ensembles, on constate, en règle général :
1. Que les chanteurs ont toujours eu la primauté sur les autres.
2. Que le compositeur est le plus valorisé et il est d'autant plus lorsqu'il est chanteur.
Donc, on peut se rendre compte qu'il est souhaitable d'être CHANTEUR et nombreux de nos artistes cherchent à être CHANTEURS-COMPOSITEURS. Ouvrons une parenthèse pour faire remarquer que dans l'histoire musicale de notre pays, beaucoup d'instrumentistes se sont sentis obligés de devenir  Chanteur pour mieux asseoir (d'après leur croyance pas nécessairement consciente) leur notoriété.
De ce qui est décrit ci-dessus, on peut mieux comprendre qu'il n' y a pas de place pour un PAROLIER. En plus, reconnaître qu'une chanson a été écrite par quelqu'un d'autres constitue aux yeux de nos artistes une forme de reconnaissance d'une insuffisance voire d'une incapacité à savoir ou pouvoir composer une chanson.  Il n' y a pas de place donc non plus pour un simple INTERPRÈTE.
En effet ces illustrations d'approches socio-culturelles produisent malheureusement des dérives :
1. Des PAROLIERS sont donc  des hommes ou femmes de l'ombre.
2. Des INTERPRÈTES se font passer pour compositeurs pour se faire valoir.
3.  Des Instrumentistes et autres membres de groupe non chanteurs, deviennent chanteurs et ensuite compositeurs pour estimer qu'ils sont de vrais artistes.

Bref, le TALENT de nos artistes est souvent très lié (à leurs yeux et au regard de beaucoup)avec cette reconnaissance relative et biaisée accordée aux chanteurs compositeurs.
Très peu de mélomanes savent reconnaître à leur juste valeur les talents de nos guitaristes et autres exécutant d'instruments.
Pour l'anecdote qui vient enfoncer le clou, j'en veux pour preuve, la place accordée aujourd'hui' aux "Atalaku". Muan'a Mangembo pourrait mieux raconter l'histoire qui commença avec Bana ya Odéon qui seront récupérer par Zaïko LL pour "lancer des cris" accompagnant des pas de danse. Petit à petit, des Atalakus vont être mis au "devant de la scène" par certains artistes actuels (Wenge, KoFFI, etc.) et vont devenir des "chanteurs" (presque) et de ce fait plus valorisés qu'à l'époque du début de ZaÏko LL. Ne nous étonnons pas que certaines chansons actuelles se résument à des cris et autres litanies de "mabanga".

On pourrait faire couler beaucoup d'encre sur ses aspects socioculturelles (et économiques aussi). Il faudrait tout simplement retenir que nous sommes confronter à un rapport direct avec des VALEURS.
Sans tomber dans le manichéisme primaire, nous pouvons (pour de besoin d'analyse et pédagogique) noter :
D'un côté la recherche effrénée des Honneurs et des Richesses constituent le SOCLE et les préoccupations essentielles de beaucoup d'artistes. Et les comportements et attentes de beaucoup de mélomanes encouragent cette "croyance" de nos artistes et les confinent (lorsqu'ils ne le poussent) dans ces pratiques (
tricherie, duperie voire escroquerie).
De l'autre côte, le talent et la recherche de "l'excellence" dans la pratique de son art par un artiste (chanteur, guitariste, pianiste, trompettiste, moto na mbonda, etc.) restent très limités(malheureusement) dans le milieu (na monde wana) de nos artistes. Nous pouvons citer des cas d'artistes qui sont obligés "d'ignorer" une reconnaissance de la "communauté" congolaise pour réussir (je citerais Ray Lema, Lokua Kanza pour les plus célèbres) mais que de Sacrifices et d'exigences en terme de RIGUEUR et de DISCIPLINE pour exceller et se faire un nom.

Il faut que nos artistes sortent de leur "ghetto", qu'ils puissent rechercher à être meilleur dans ce qu'ils font. Papa Wemba aurait eu la même reconnaissance uniquement en interprétant des œuvres majeures qui sont signées de son nom mais qui sont écrites par d'autres. Il en est de même de Papa Ley et autre Kallé Jeff. Et si des changements se font dans les pratiques de nos artistes, les paroliers seront valorisés et il y a aura émergence de beaucoup de "poètes" et "écrivains" de talent dans notre pays et dans sa Diaspora. Nous pourrons avoir des multitudes de Max Mongali, cet auteur-compositeur qui mériterait d'être rangé aussi dans la catégorie de grands Paroliers de notre pays. Posez la question à Bimi, Ya Jossart, JP Buse, Seigneur Ley, etc. Muan'a Mangembo, Kandolo et certains parmis nous pourraient faire une chronique sur cet artiste talentieux, ancien "belgicain" et un homme de culture qui nous a quitté très tôt.

Il y a certes un problème de droit donc une histoire de "sous" mais il est temps de changer nos pratiques donc une question de changement de mentalités. Et comme dans tout processus d'évolution sur le plan social, il faut s'appuyer sur des VALEURS. Et ces valeurs doivent être portées et incarnées par certains leaders engagés dans l'action (certains artistes réputés) et des leaders d'opinion (autorités morales et/poliques, admnistratives) se traduisant dans des institutions (organisations professionnelles et formations continues surtout).
La culture est un pilier très important pour construire une nation forte et un grand Etat. La RD Congo a des réelles potentialités qu'il faut canaliser, encourager et mobiliser sur fondement de Valeurs que sont l'EXcellence, la Discipline, la Rigueur et l'Altruisme.

Kimia, Mwinda mpe Bolingo en nous, autour de nous et auprès de nos artistes.
Andochanga
PS : En parlant d'artistes, on insite sur les musiciens. Mais on pourrait aussi parler des autres : acteurs de théâtre et autres comédiens, des peintres, sculpteurs, dessinateurs de BD, artisans de bijoux, etc. Enfin, c'est une autre histoire ! Qoique !

 

Andochanga

Cher Bellak,
Au risque d'imposer à nos lecteurs un ping-pong Bellak-Muan'a Mangembo-Kandolo, je rebondis sur tes propos. Il est important de revaloriser nos artistes, mais en même temps, il faut que les uns et les autres, prenions conscience que nosu remplissons les vides d'une histoire que nous devons contribuer à écrire, s'il elle n'est pas encore écrire, à compléter si certaines zones d'ombres subsistent, ou rectifier, lorsque nous nous rendondons compte que nos informations étaientg erronées.
Sur Radio Mangembo, j'ai lancé deux émissions, l'une la Belle Epoque, présentée par César Ngadi, propose des anecdotes sur nos orchestres, de petites biographies sur nos artistes et parfois sur nos sportifs. mais nous nous appuyons sur les artistes eux-même qui viennent livrer leur version, une sorte de carte blanche, souvent sans contradicteurs. Malheureusement, et nous en sommes conscient, cette émission privilégie les années 80 à nos jours.
L'exercice est beaucoup plus difficile pour ceux des années 60 - 70 -80. Voilà pourquoi j'ai mis en place une deuxième émission : Lisolo ya banganga, toujours en lingala, avec ma collaboratrice Mama Hortense. Notre âge et nos souvenirs nous permettent en tout cas d'offrir une évocation de cette époque et rassurer ceux qui témoignent sur nos antennes. C'était le cas avec Pépé Felly dernièrement.
Je pense que des émissions peuvent se mettre en place, mais il faut de la rigueur de la part de ses animateurs. Or l'on sait qu'aujourd'hui le clientélisme est la règle d'or dans les milieux des chroniqueurs de musique congolais. La tentation est grande pouyr les uns et les autres de céder à la facilité.Un minimum d'enquête est nécessaire pour garantir une information de qualité à ceux qui écoutenT. Il faut non seulement du respect pour la mémoire mais aussi pour les auditeurs.
J'ai eu la chance dans ma jeunesse, d'être l'invité à deux ou trois reprises de Nkieri Ngunia Wawa qui animait le café des artistes, avec son compère Nguya Ensa Lubanshob. Après chacune de nos émissions, ces aînés m'invitaient au café pour un échange à batons rompus. J'ai compris que lorsqu'on veut faire une émlission de qualité, il faut de la rigueur.

Muan’a Mangembo

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