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Mardi 30 septembre 2008 2 30 /09 /Sep /2008 08:51


Le but principal de notreblog est de promouvoir la culture congolaise dans toute sa diversité. Dernièrement, nous avons publié un article sur "l'épopée mongo Lianja". C'était en fait une synthèse qui n'a pas permis aux lecteurs d'appréhender toute la richesse de cette épopée. Ainsi, avons-nous jugé opportun de laisser savourer au public de mbokamosika les délices de la tradition orale congolaise à travers les extraits de l'épopée mongo Lianja. Ces textes ont été tirés des annales " Aequatoria".

 

 

LONKUNDO

La renommée de Lonkundo
Il y a bien longtemps habitait ici un homme appelé Lonkundo. Cet homme était plus puissant que tous les hommes. La contrée où il habitait était Méditerre (1). La femme de Lonkundo s'appelait Nsombe et son fils Yonjwa. Il avait un très grand pouvoir sur cette région. Un jour Lonkundorêva (2) que son père Elombolui dit : 'Rends -toi de grand matin sur le sentier du puits-d'eau. Quand tu seras arrivé, regarde bien tout autour, tu y trouveras une petite piste. Coupe un arbreà ressort, prends une fibre de raphia (3) et tout l'outillage pour tendre un piège à collet. Tu n'échoueras pas, à ce moment-là je serai avec toi'.

De très grand matin, Lonkundo décrocha ses outils (4) et s'y rendit. Il fit tout comme il avait vu dans son rêve pendant la nuit, puis il rentra.

Le jour venu les femmes s'assemblèrent et partirent (5) puiser l'eau. Elles trouvèrent le piège dressé. Elles se mirent à se demander qui aurait fait cette chose étrange. Lonkundo leur dit : 'C'est moi qui l'ai fait'. Le soleil se coucha. Le matin se leva. Lorsque les femmes allèrent aux champs elles trouvèrent une bête prise au collet. Mais elles ignoraient le nom de cette bête. Elles rentrèrent chez elles. Elles dirent à Lonkundo : 'Nous avons trouvé une bête mais nous ne savons pas ce que c'est'. Lonkundo battit le tam-tam. Les hommes affluèrent (6). Arrivés en forêt, ils trouvèrent la bête prise. Ils la détachèrent et la prirent avec eux au village. Arrivés chez eux ils cherchèrent en vain le nom de cette bête, ils ne le connaissaient pas. Là-dessus Lonkundoleur dit : 'Laissez-moi faire, je vous l'apprendrai'. Il se dressa au milieu. Il leur ordonna de battreles mains. Ils le firent. Il dit :' Donc vous tous ignorez le nom de cette bête. Ne voyez-vous pas qu'elle est noire à cause de la magie' ? Et il dit : 'Battez les mains pour recevoir la magie de la danse ; le chant ne peut rester sans réponse'. Et il chanta :
Ce que vous ignorez ici
R/ n'est-ce pas la mangouste l'habitant de la clôture ?
Qu'est ceci ?
R/ n'est-ce pas la mangouste l'habitant de la clôture ?
Amis, cessez de fuir
R/ la petite mangouste de la clôture

Tous s'approchèrent ; ils savaient que cet animal est la mangouste habitant de la clôture de chasse. Ils enlevèrent la bête et la portèrent chez eux. Dès lors tous les hommes ont appris à dresser des pièges grâce à Lonkundo.

Quand ils eurent apporté la bête, Lonkundo annonca à sa femme de la rôtir. Elle prépara un panier plein de manioc et rôtit la mangouste. Le matin très tôt Lonkundo commanda à Yonjwa de battre le tam-tam. Les gens s "assemblèrent et mangèrent la mangouste.

Lonkundo ajouta encore quelque chose : 'Parce que les femmes n'ont pas osé détacher cette bête, elles ne peuvent en manger'. Il lui donna le nom de : animal félin (8). Voilà pourquoi les femmes ne mangent pas la viande des animaux félins.

Lorsque Lonkundo vit qu'il avait tué la bête-prémice il se rendit dans la très grosse forêt appelée Bengongoet établit une clôture grande et longue. Il dressa beaucoup de collets et creusa une grande quantité de fosses. Il y circulait chaque matin et tuait une multitude incalculable de bêtes. Il devint extrêmement riche (10).

Une nuit Lonkundo rêva qu'il avait pris le soleil dans un collet. Il se fit des soucis à ce sujet, parce que la terre demeurerait dans les ténèbres. Là-dessus il s'éveilla. Il réveilla sa femme et lui raconta son rêve. Sa femme lui dit simplement : 'Voyons ce qui se passera ces jours-ci'.

Le matin venu Lonkundodécrocha son outillage et partit. Arrivé à la clôture, il se promena tout au long mais ne trouva aucune bête. Arrivé à l'avant-dernier piège il vit soudain une personne assise au bord du piège. Il s'effraya. Cette personne était éclatante comme le feu. Mais Lonkundo prend courage, apprête sa lance (11) , s'approche. Arrivé tout près d'elle femme lui dit : 'Lonkundo, contre qui apprêtes-tu les lances' ? Lonkundo répond : 'Et toi, que fais-tu là' ? La femme répondit : 'Approche, je vais te le dire'.

Lonkundo remit (12) la lance en place, et s'approcha d'elle. La femme dit : 'Arrête-toi là, ne me touche pas'. Mais Lonkundo la touche. Et la femme dit : 'Mai, je suis l'aînée renomméede mon père. J'ai refusé tous les hommes. Mon père ne voulait pas que je me marie. Or, un homme vint un jour demander ma main ; je l'aimai et l'accompagnai dans sa famille (13). En route je ne vis plus où il avait passé. On dit que c'était un mânes. En voulant rentrer chez moi, je m'égarai et vins me faire prendre dans ce piège. Maintenant il vaut mieux que tu me libères et que nous allions chez mon p`re, qu'il te paie ton salaire de cuivres pour ma libération'.

Londundo regarde en hout, regarde en bas (14) et dit : 'Non, pas ainsi. Je te libère et tu seras mon épouse. Je ne veux point d'autre salaire'. Et il lui demanda : 'Comment donc säppelle ton père' ? Elle dit : 'Mon père est Esombyankaka (15) et mon nom est Ilankaka'. Puis Lonkundo reprit : 'Partons'. La femme ne fit pas d'objection et ils partirent.

Ilankaka avait avac elle une petite corbeille, dans laquelle elle avait mis une amande palmiste et un morceau d bois d'allume-feu (16). Venus au village, ils le traversèrent et arrivèrent à la sortie. Ilankaka dit à Lonkundo : 'Arrête, que je te fasse connaîtrechez mon pèreet ma mère. Lorsque nous serons arrivés chez toi, même si nous nous querellons ou que nous nous battons, ne me lance pas l'injure : je t'ai prise au piège. Ce jour-là, fût-ce au moment de la plus forte chaleur du jour, gare à toi' !

Ils arrivèrent. On questionna le patriarche Lonkundo au sujet de cette femme. Il leur dit : 'C'est la femme dont je vous ai parlé ; je viens dela ravir. Je crois que cela me causera une guerre'. Ils entrèrent chez lui et bientôt il indiqua à sa femme sa propre maison à elle (17).

Un jour Ilankaka dit à son mari : 'Tu es un patriarche, il ne convient pas que tu n'aies que deux femmes. Cherche encore d'autres'. Lonkundo reprit : 'Moi aussi je le veux bien, mais je n'en ai pas les moyens financiers'. Ilankaka reprit : 'Va les demander, je payerai pour toi les titres de mariage autant que tu veux'. Lonkundo ne refusa pas le conseil d'Ilankaka et partit chercher des épouses.

Lonkundo revint. Sa femme lui dit : 'Combien de femmes as-tu obtenu'. Il dit : 'J'en ai quatre'. Ilankaka : 'Est-ce tout ? Ce n'est pas assez. Va en chercher encore d'autres'. Le seigneur se leva avant le jour et partit.

Il arriva au vaillage où il avait laissé les femmes précédentes (18). Celles-ci dirent : 'Lonkundo est venu'. Lui dit à leurs pères : 'Voici, moi je veux que vous m'appeliez d'autres femmes, même celles qui sont mariées ; j'en veux même cent'. Les pères s'étonnèrent : 'Lonkundo est-il venu comme par amusement ? Peut-on demander cent fiancées'. Ils le quittèrent, eux et leurs filles.

Là-dessus Londundo retourna chez lui. Il raconta à sa femme tout ce qui lui était arrivé. Son épouse acquiesça et dit : 'De grand matin réveille ton fils ; nous allons avec ton fils chercher des fiancées'. Le soleil se coucha. De bon matin Lonkundo alla réveiller son fils et ils retournèrent à ce village.
À suivre.

Texte original (en lomongo) de LOUIS BAMALA traduit par A. DE ROP – E. BOELAERT

Par Messager - Publié dans : culture er art
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