Publié par Messager

 Notre thématique  nous fait entrer aujourd'hui dans la cour de grands. En effet, le moment est venu d'auditionner ce que le clan African-jazz et l'Ok-Jazz ont réalisé en s'inspirant des mélodies du terroir.
 Nous écouterons d'abord "kasala", un classique de la tradition luba, interprété par Rochereau et l'African-Fiesta. Ensuite, Franco va nous chanter "Kala i ngangu" ,à travers la chanson "Mbongo zi ya voni".

Kasala

Mbongo zi ya voni

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Norbert Mbu Mputu 23/05/2008

Mbongo zi ya Voni,Voilà un titre qui me renvoie très loin dans le temps. je devais avoir 10 ans. C'était un samedi, j'ai accompagné mon père à un kinzonzi. C'était ma toute première fois. Le Kinzonzi, c'était tout un ballet bien huilée. Et le spectacle commence dès le seuil de la parcelle d'où l'on doit décliner son luvila, payer son passage, ensuite échanger , faire des break pour se concerter derrière les maisons, reprendre la discussion, faire semblant de tout arrêter là, puis accepeter de revenir reprendre sa place...Débattre à n'en plus finir et lorsque le soleil commence à se coucher, tomber d'accord. Nous étions du côté du fiancé - notre Nzonzi "Na' Sebastien Nzuangu" (vous noterez que chez les bakongo, chaque individu est présenté avec son prénom et son nom complet), était un collègue de travail de mon père. C'était un érudit dans son genre. toujours calme, la petite barbichette bien taillée. Ses gestes étaient lents et solennels. Son débit de parole mésuré et toujours en permanence, un petit sourire de contentement, chaque fois que son discours faisait mouche. Pour cette première fois, c'est sûr que je n'ai pas tout compris, mais je suis parti de là avec dans la tête une mélodie : "Eh Nsiangi ah nsiangi mayela masaka", chanté sur le modèle de Mbongo zi ya Voni. Cette chanson, reprise par l'assistance a ponctué les différentes étapes du Kinzonzi. Il permettait à Na' Sébastien Nzuangu, de contrecarrer les arguments du nzonzi adverse.Bien des années plus tard, lorsque c'était à mon tour de me marier, j'ai demandé à mon père la faveur d'avoir Na Sébastien Nzuangu comme Nzonzi. Hélàs, ce n'était pas possible. Ce privilège revenait à mon oncle. J'ai du donc me contenter d'un autre Nzonzi (parce qu'il y en avait d'autres). Bien sûr qu'il a su défendre notre cause et obtenir les meilleurs conditions pour mon mariage, mais ce n'était pas Na Sébastien Nzuangu et puis...il ne chantait pas "Nsiangi mayela masaka". Aujourd'hui évidemment, les nzonzi de la trempe de Na'Sébastien Nzuangu, ne courent pas les rues. Ici en Europe au sein de la diaspora, C'est à peine si les palabres de mariage respectent les étapes d'un bon Kinzonzi; en commençant par le Luvila, ponctuer les propos de proverbes "Kingana kita bambuta" et le nec plus ultra, faire entonner une belle chanson que les participants peuvent reprendre. Bien sûr, quelque fois on tombe sur un "RRR yahh (MPR), sinon un RRR matoko zio...ziola".Mwan'a Mangembo

Joseph Pululu 24/05/2008

Eh les amis,J'aimera indiquer aux lecteurs de notre blog, à l'heure où Messager nous propose une série tirée de notre folklore, que ce type de chansons n'ont pas toujours comme promoteur, les locuteurs de la langue vernaculaire concernée. C'est le cas de la chanson "Kamulangu" qui a opposé Rochereau à Nico d'une part et des styles de quelques orchestres kinois des années 70 d'autre part.dans les années 50/60 où la musique congolaise cherche a définir ses canons et à s'éloigner du modèle afro-cubain, le "belge" ou quartier de Barumbu était peuplé de bangala (Bangala, Balobo et Bateke), alors que la commune de kinshasa était le fief des Baluba, Tetela et autres Bazombo. Dans ces quartiers le folklore était à l'honneur à l'occasion des deuils, des processions mariales ou de la fête de l'indépendance, d'abord de la Belgique, ensuite du Congo. C'est ainsi que l'on apprenait presque inconsciemment les rudiments des chansons folklorique, indépendamment des origines de ses parents, uniquement par la proximité avec les voisins. Rochereau qui était très proche de Nico a pu ainsi s'exercer aux rythmes Luba qu'il interprete d'ailleurs à merveille. Cela allait parfois bien au délà de simples chansons. Dans les quartiers de Lingwala"singa kwanga", la langue nationale est resté pendant longtemps, à côté du lingala, le Kintandu.Pour revenir à la polémique entre Nico et Rochereau que j'ai indiqué un peu plus haut, elle est symptomatique de cette époque. Rochereau Muyanzi, pouvait-il être l'auteur compositeur d'une chanson en Tshiluba? Voilà la polémique qui va sécouer Kinshasa au milieu des années 70. autour de la chanson Kamulangu. Rochereau ayant en effet dédié une version de Kamulangu à Mobutu, est traité de plagiaire par Nico, qui lui même sortira sa propre version de Kamulangu. Nico bien sûr n'obtiendra jamis d'être dédommagé par Rochereau, le tribunal ayant estimé que Kamulangu faisait désormais partie du patrimoine commun des congolais. Plus près de nous, les orchestres nés dans les années 70/80 ont chacune adopté une rythmique calquée sur nos folklores. Zaïko le premier, adoptera dans le sillage de son arrangeur Mbuta Matima, le style Kintueni (Bayombe) alors que son animation s'inspire du folklore Humbu d'Odéon. Empire Bakuba de Pépé Kallé, Dilu et Matolu pratique le Konono (Bazombo), alors que son animation respecter le canon "Arumbaya" ou Masikulu angolais. Souvenez-vous des animations"Ya Paurret oyoka mbona" de zaiko et "Sémoule ya Kuladila...Yaya londa".Il est bon enfin de noter que beaucoup de chansons populaires, repris par nos orchestres sont devenus de véritables hits. Zaiko Wawa et Kin kiesse ou pamba pamba font partie de ces chansons populaires de Kintambo/Mangembo. la plupart ont été créées à l'occasion des matchs de football-loisirs qui se déroulaient dans le stade Vélodromme de Kintambo. Le "Nkuya" Zumbu Sonnerie est l'un des rares auteurs identifiable de ces chansons populaires à mettre dans le repertoire du folklore kinois.

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