Publié par Messager


Réécouter Margarine Fina, exécuté par les artistes du label Loningisa est un véritable bonheur pour le mélomane que je suis. mais au-delà, comme beaucoup d'entre nous le soulignons sur le blog, cette chanson a aussi un intérêt historique. il nous permet d'une part de nous projeter dans le temps, les années 53/55, de nous remémorer le quotidien des congolais d'avant l'indépendance pour ceux qui l'ont vécu, sinon de rechercher les informations sur cette période où, paraît-il, la vie était belle. C'était le paradis disent certains, puisque l'on mangeait trois fois par jours.
Il me semble en fait que la version proposée par Messager figure sur la compilation Roots of Rumba, remasteurisé à partir des "palaki" 78 tours par Crammed (une maison de production belge). Les textes du livret ont été réalisés avec le concours de Dizzy Mandjeku.
Comme nous le faisons régulièrement, nous allons essayer de restituer l'environnement de l'époque pour les lecteurs de Mbokamosika, en espérant susciter des réactions et pourquoi pas des informations complémentaires.
A la publication de cette chanson margarine Fina, diffusé en boucle sur radio Congo, au milieu des émissions "panier de la dans ces années 53/55, les ouvriers congolais des grandes firmes ayant signé le crédit "fonds d'avance" commencent à prendre possession de leurs maisons et appartements. Celle-ci toute équipé en font des hommes modernes. C'était aussi le premier jalon pour accéder à la qualité enviée d'évolué. Ces maisons étaient livrées toute équipé, du mobilier au poste radio.
le salon moderne comprenait des fauteuils aux accoudoirs en bois plein, aux assises et dossards en coussins aux tissus aux couleurs éclatants, bourrés aux pelouses sèches, les fameux "paspalum". les chaises de la partie salle à manger étaient en bois. on pouvait s'y attabler à six maximum. Il y avait dans cet espace, l'armoire garde-manger. on y retrouvait les assiètes des grands jours en porcelaine "mbele", à côté des assiètes de tous les jours dits de Brazza. On oubliera pas les verres aussi à côté des bols en fers blancs ou en aluminium "quakers". La pièce cuisine était séparée du salon par une porte. La pièce comprenait une cheminée d'où pouvait s'échapper les fumées de l'âtre. On utilisait encore le bois pour cuisiner.
Le soir, les familles des "camps" se réunissaient autour du poste radio "SABA ou Grunding" pour écouter Radio Congo qui diffusait musiques et conseils pour les familles modernes. Les chansons publicitaires étaient aussi dansantes que les autres. Elles duraient même autant. leur bouché étaient aussi très bien exécuté, même s'ils étaient des commandes. dans beaucoup de cas d'ailleurs, il sufiisait de remplacer le prénom d'une femme par la marque et le tour était joué.
Après à Radio Léopoldville, de faire le reste.
Voilà pourquoi des disques comme Margarine Fina ou Bana la Mode étaient aussi vendu que les autres tubes. Le samedi, jour du phonogramme (eh oui, les belges nous avaient bien dressé la-dessus. Pas d'ambiance en semaine). La voix de son maître "Ndinga mfumu'andi" disait les bakongo. le chef de la famille ordonnait les réjouissances chemise et pantalon bien repassés, il changeait ses aiguilles Ngoma avec soin, tournait la manivelle avant de placer le palaki sur le phono et là, on se donnait des airs modernes. Et le dimanche, nos papa mettaient parfois le tablier pour nous préparer la spécialité apprise à la cure du sango mokonzi. Mon père était le roi du Pain perdu. Ses ingrédients étaient le pain dure qu'il trempait dans de l'eau sucré, le lait concentré Nido (aux trois oiseuax s'il vous plait) et bien sur la margarine. Celle qui a du goût dans la bouche "Elengi na monoko".
Je me souviens encore des dimanches spéciales "Proukanti" (purge ou lavement d'estomac), où mon père était maître queue. Pendant que ma mère nous imposait le malodorant Huile de Ricin ou Sel anglais voire un bon vermifuge Antépar, pour nous débarrasser de nos ballonnements de ventres, mon père apprêttait ses bons petits pains préparé avec Fina, qui sentaient si bon. Et on y avait droit qu'après avoir subit le supplice mensuel de la purge.
Ah les fameux dimanches proukanti, attendus pour les petis pains perdus à la margarine, maius redouté pour l'épreuve de la cuillère de l'huile de ricin à avaler. J'imagine que si j'imposait à ma petite fille née en France une cuillère de cette potion qui m'a rendu fort et intelligent, je me retrouverai vite fait devant le juge pour enfants.
Mwan'a Mangembo

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SULMANY 16/05/2008

Cette rétrospective bien retracée m’a permis de me remémorer la période ou j’habitais chez mon oncle paternel qui venait d’épouser un deuxième bureau, une jeune fille belle qui venait du village. Le samedi matin, il allait dans une pièce inachevée de la maison et il noircissait ses cheveux avec le « Yombo » pour se rajeunir. Wana donc koya te ! Tango akolata lunettes, jeune pour jeune kaka. Il avait un poste récepteur radio de marque Grundig ou Sonolor. Et c’est avec plaisir que nous avions l’habitude de tourner la manivelle du phonogramme. Le jour de samedi ressemblait souvent à un jour de fête. Après avoir sorti quelques mobiliers les femmes astiquaient le salon, les petits enfants devaient rester dehors et attendre que le salon soit sec avant d’y pénétrer. Merci beaucoup, Muan’a Mangembo.SULMANY

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