Publié par Messager


J'ai beaucoup apprécié , dans sa forme comme dans son contenu,cette démarche qui consiste à approcher des personnes ressources pour écrire nous même notre propre histoire, l'histoire de notre musique en l'occurrence.
Dans sa forme, une lettre très courtoise, incitatrice et motivante, dans la mesure où, Pépé Felly, que j'ai encore rencontré il y a peu ici à Melun, est un des rares artistes musiciens qui n'ont jamais fait de leur carrière un espace de polémiques stériles, nonobstant des qualités artistiques hors du commun. Ce qui présume que Pépé Felly Manwaku est non seulement capable, mais également bien indiqué pour décrire les éléments qui ont entouré la conception, la mise en forme, les enregistrement et même les modes de distributions de tout premiers disques que le Tout Choc Anti-choc Zaïko Langa Langa a mis sur le marché en "sa petite enfance".
Du point de vue de son contenu, votre démarche d' interroger Manwaku Waku répond à une exigence épistémologique de très grande envergure et de très grande portée sur l'historicité même des sociétés africaines. Cette exigence pour laquelle Cheik Anta Diop a consacré sa vie et toute son oeuvre: la prise de conscience de notre identité historique et donc culturelle. Un a priori incontournable pour le devenir d'une société. Rendez-vous compte que depuis que notre génération est allée à l'école, du primaire à l'université, les ouvrages que nous avons lus ou vus sur l'Afrique, sur le royaume Kongo, sur les cultures africaines ne sont que l'oeuvre des européens, missionnaires, colons ou simples touristes; ceux que les idéologies ont abusivement qualifiés de "spécialistes" des questions africaines. Des prétendus ethnologues, anthropologues et autres sociologues ont écrit sur notre culture, sur nos langues, sur notre musique sans en maîtriser la matrice. Heureusement qu'une tradition est en train de se mettre en place à propos de l'écriture de notre propre culture. Des chroniqueurs, des intellectuels africains se préoccupent maintenant à réfléchir sinon à rassembler des éléments pour cette écriture de notre histoire culturelle, en se servant entre autres, des pages consacrées à notre musique, ne serait-ce que post-coloniale. Ça poussera d'autres à creuser dans les profondeurs mêmes de la pratiques des arts et spectacles qui ont existé dans l'histoire des peuples africains. Les considérations que je vous propose ici valent également pour l'ensemble de ce site et de sa mission: interroger les amis sur des souvenirs ou témoignages vécus à propos de tel ou tel thème, de tel ou tel événement musical ou littéraire vécus dans l'histoire récente de notre société.

MWANA MAYUMBU

NDLR:"L'histoire du Congo doit être réécrite par ses propres fils", préconisait un célébre homme politique aujourd'hui disparu. C'est dans ce sens qu'abonde notre ami Mwana Mayumbe. La belle reste dans le camp de Pépé Fely Manwaku, de qui nous attendons des récits inédits sur l'épopée Zaïko.

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