Publié par Messager


Le Monde de "Ngando"

Je me permets, à la suite de l'article de Norbert Mbu qui nous situe dans le contexte socio-politique de l'oeuvre de paul Lomami Tchibamba, d'apporter pour ma part, un peu de lumière sur le Monde de Ngando, ce Kinshasa des l'après seconde guerre mondiale.

La ville qui venait de finir d'implanter ses zones industrielles de Kintambo - la Chanic et la Texaf/Utexco - était en train de développer ses nouvelles cités - Dendale et Ngiri-Ngiri -ainsi que ses nouvelles zones industrielles de Kingabwa, au délà de Ndolo.
Aux emplacements des quartiers Moulaert, Bisengo et makelele à bandal, s'étendait une grande savane herbeuse, où les jeunes pouvaient ramasser des fruits sauvages comme les "tondolo, mbuma makako et matonge". Le Camp Léopold était déjà loti et aménagé.
le centre commercial de Kintambo et la gare centrale de Ndolo constituaient les deux pôles, entre les quels se développaient la ville, le long du fleuve, pour les blancset le long du chemin de fer pour les indigènes.
1948 est aussi l'année du lancement du plan décénal de développement du Congo- belge. Grâce sont devenus propriétaires, grâce à la caution de leurs employeurs Otraco, Chanic, HCB, Utexco ou Ofitra. Le programme d'accession à la propriété a eu un très grand succès. les ouvriers ont eu leurs logements dans les fameux camps des travailleurs, souvent des maisons à 3 ou 4 pièces, alors que les Kalaka clercs aux écritures et dactylos, étaient logés dans des maisons spacieux. cela se remarque encore aujourd'hui dans l'architecture des maisons du camp Babylon de la société Chanic à Kintambo. Ses maisons à étage en bloc de 5, en type 2 ou individuel dites "fonds d'avance" disposaient d'un vaste terrain de sports. la société Utexco, offrait lui aussi des possibilités d'accession à la propriété. Ses types de maisons étaient à étage et par blocs de 5ou 6 pour les ouvriers, tandis que les pointeurs et Kapita,étaient logés dans des maisons basses avec veranda. les premièrs bénéficaires de ces fonds d'avance, ont rçus leurs les clefs fin 1954/début 1955.Non sans avoir suivi des sessions de cours de ménagères pour les épouses qui devaient apprendre à tenir une maison "àla belge"
Il se trouve donc que la ville qu'évoque paul Lomami Tchibamba est celle qui s'est développée de l'autre côté du chemin de fer, pour la cité de Kintambo; et de Lingwala. Entre lingwala et Kinshasa, on traversait une vaste zone jardin botanique et le Zoo de Léo.
Paul Lomami Tchibamba indique dans Ngando la présence des hypopotames, voir des éléphants dans les confins de Kintambo, aux environs du chantier navals. Il se trouve que dans les années 48,le développement de la Chanic a éloigné les derniers hypopotames,s'ils n'ont pas été abattus par les "colons" très friands de chasse. Je situera donc l'histoire de Ngando entre 1920 et 1935.
Kolonga Molei dans son livre Kinshasa, ce village d'hier parle ainsi de Kintambo qu'on raliait en venant de la KALINA Gombe :"Un embranchement de l'avenue des Palmiers, appelé route de Léo II, menait à Kintambo en passant par l'actuel Restaurant "Chez Nicolas". il s'appelait le peti Pont. Il y avait là un village autochtone".
L'école buissonière était le sport favori des petites têtes crépus, qui peinaient à rentrer les rudiments de mathématiques et d'écritures:
Nse !..kelasi ebe,
Buku ebe, bana babe,
Nalingi nkula yoko te !.."

pour chaque enfant de cette époque aller à l'école était donc un véritable calvaire. Mais alors où allaient-ils ceux qui séchaient l'école? ils allaient trainer au marché en mangeant des beignets -mikate que préparaient les femmes Topoke (togolaise?), dans la savane à la chasse aux oiseaux, écureuils ou petis antilopes nsimbiliki. Mais le lieu de prédilection des "bitchatcha" c'est les leiux de baignades des rivières kalamu, Makelele ou pakadjuma situé en pleine cité où les parents et amis de la famille les retrouvait prenant le bain.
le fleuve était donc très redouté, le fleuve Congo où beaucoup des jeunes, emporté par le fort courant du Congo, mourraient par noyade. la pire des morts disait d'ailleurs ma mère, c'est la noyade.
Les personnages de Ngando eux aussi Baignent dans une ambiance bateke, la population indigène de kinshasa (on retrouvait cette tribu de part et d'autre du fleuve), le conte Ngando proviendrait donc de la tradition Teke, pecheurs émérite et grands fétichistes.
Autres enseignements de Ngando de Lomami Tchibamba, les mariages mixtes ou inter-tribaux. Il nous indique aussi que ce type de mariage était courant. D'où le nom de Musolinga que porte la femme de Munsemvola, qui renvoie aux tribus de l'équateur, alors que lui même Munsemvola, le père est teke.

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messager 13/05/2008

Ce texte:"Nse! Kelasi ebe,Buku ebe, bana babe,Nalingi nkula yoko te"nous rappelle la lectute (batangi) " Mwana ngoingoi" que nous avons publiée il n'y a pas longtemps dans ce blog.Merci cher Norbert pour votre contribution. Le blog reste disponible pout toute publication littéraire:contes,poèmes,essais, nouvelles,etc. etcMessager

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