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Publié par Chryso Tambu,

MINEMBWEGATE: UNE "COÏNCIDENCE"?

                                                          Photo : mnctvcongo.net

Par Chryso Tambu, publié le 21 octobre 2020

On examine à l’Assemblée nationale, semble-t-il, depuis lundi 19 octobre 2020, des « coïncidences » avec la présence insolite de plusieurs personnalités diplomatiques et politiques à la cérémonie d'installation du bourgmestre de la commune "rurale" de Minembwe, loin de la capitale, à l’est du Congo-Kinshasa!

Un bref historique. Quelqu’un a dit « soki ngolo alobi te ngando azoyoka malamu te, ndima ye ! ». Traduction : « si le poisson qui vit dans l’eau affirme que le crocodile est malade, il n’y a aucune raison de douter. » Jean-Luc Schaffhauser, alors députe européen, révélant le complot sur l’assassinat de Laurent Désire Kabila, déclarait en pleine session parlementaire en 2016 que la décision était prise en Belgique, avec l’aval des Etats-Unis, pour assassiner Laurent Désire Kabila afin de le remplacer par l’imposteur rwandais « Joseph Kabila » que l’Occident pouvait « manipuler ». Le 16 janvier 2001 marquera ainsi le début de l’occupation du Congo-Kinshasa !

En 2002, l’Occident tente de légitimer le pouvoir de ce jeune rwandais – Hypolite Kanambe, de son vrai nom – qu’il venait d’installer dans le fauteuil présidentiel à Kinshasa en organisant un dialogue «inter-congolais » à Sun-City, en Afrique du Sud, où seront réunis des Banyarwanda ou « Banyamulenge » et quelques congolais dont des seigneurs de guerre comme Ernest Wamba –dia-Wamba et Jean-Pierre Bemba (représenté par son lieutnant Olivier Kamitatu). Il sera ainsi décidé entre autres que « tous les groupes ethniques et nationalités dont les personnes et le territoire constituaient ce qui est devenu le Congo (présentement la République Démocratique du Congo) à l’indépendance doivent bénéficier de l’égalite des droits et de la protection aux termes de la loi en tant que citoyens », comme pour insinuer qu’il y aurait, quelque part dans ce territoire qui couvre le Congo-Kinshasa, « discrimination » sur base des origines d’un individu, autochtone ou immigré fût-il !

Mais, ces étrangers Banyarwanda qui « négociaient » avec les gangsters congolais à Sun-City n’ont pas été vigilants, semble-t-il, en ignorant une notion qui a toujours caracterisé la législation sur la nationalité congolaise depuis son « indépendance » et qui est la suivante : « La nationalité congolaise est une et exclusive. Elle ne peut être détenue concurremment avec une autre nationalité » ! Cette provision de l’article 14 de la « Constitution » de Tansition de la « République Démocratique » du Congo du 4 avril 2003 sera énoncée d’abord dans une loi organique et ensuite dans un document reconnu à tort comme « Constitution » de la « République Démocratique » du Congo.

Paul Kagame, avec ses vélléités expansionistes et assis sur son trône à Kigali, au Rwanda, s’étant certes rendu compte de cette erreur commise par inadvertance, décidera deux mois plus tard de la « corriger « à distance avec la Constitution rwandaise du 4 juin 2003 qui prévoit en son article 7 que non seulement « la double nationalité est permise » mais aussi que « la nationalité rwandaise d’origine ne peut pas être retirée » !

Une parenthèse. Malgré cette tentative avec une nouvelle loi en vigueur, l’homme fort de Kigali sera confronté à une autre réalité : le statut de ces rwandophones ou Banyarwanda pose toujours problème. Car, s’identifiant déjà comme « populations originaires du Rwanda au Zaire » dans une lettre adressée au Secrétaire Général des Nations-Unies en date du 20 juin 1981 pour contester ou protester contre la loi 81-002 du 29 juin 1981 - que Laurent Désiré Kabila ne modifiera que le nom du pays pour l’adapter a la nouvelle terminologie par la loi 197 du 29 janvier 1999 -, ces immigrés ne pourraient désormais plus jamais revendiquer la nationalité congolaise ou l’acquérir! Et il n’est pas exclu que Paul Kagame envisageait, certainement avec la ruse, de faire aussi accepter plus tard, à un moment opportun, l’idée d’une « double nationalité» avec une classe politique congolaise corrompue pour mieux coloniser les Congolais d’origine. « A long shot » !

Curieusement, près de 4 semaines seulement après la promulgation de la Constitution rwandaise du 4 juin 2003, on retrouve dans un gouvernement de transition de la « République Démocratique » du Congo mis en place le 30 juin 2003 ces mêmes « hommes venus d’ailleurs » ou immigrés illégaux d’origine rwandaise dont Azarias Ruberwa à un poste régalien comme celui de « vice-président de la République et ministre de la Défense nationale et sécurité du Territoire». Quant au leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Etienne Tshisekedi, dont les occupants se sont servis pour légitimer le Dialogue « inter-congolais » à Sun-City en 2002, il se contentera, lui, d’envoyer un « ambassadeur » de facto, en l’occurrence son conseiller politique et « bras-droit », Valentin Mubake, séjourner à Kigali pendant deux ans en vue, selon lui, de « préserver les acquis de Sun-City ».

Incidemment. Paul Kagame n’avait-il pas lâché au micro d’un journaliste d’Al Jazeera que tout pouvoir en « République Démocratique » du Congo vient de Kigali ? Vive l’occupation !

Mais il fallait tout de même s'assurer que cette occupation ne soit pas si flagrante. Le crime étant déjà été commis, il ne restait plus qu’à tenter de le justifier. D’où une escroquerie légitimée par une élite « intellectuelle » congolaise, dont des juristes, avec la loi 04/024 du 12 novembre 2004 où il est prescrit à l’article 6 ce qui suit : « Est Congolais d’origine, toute personne appartenant aux groupes ethniques et nationalités dont les personnes et le territoire constituaient ce qui est devenu le Congo (présentement la République Démocratique du Congo) à l’indépendance. » La notion de la nationalité congolaise d’origine basée sur la « tribu » retenue dans la législation antérieure a donc été remplacée par celle des « groupes ethniques » afin d’accommoder les occupants. Paul Kagame n’aura-t-il pas alors tout de même gagné en partie son pari?

Une autre parenthèse. N’y a-t-il pas une reconnaissance implicite de la “double nationalité” à l’article 6 de la loi 04/024 du 12 novembre 2004 laquelle fait référence aux “groupes ethniques et nationalités” en contradiction justement non seulement avec une autre provision de la même loi (article 1er, alinéa 1) mais aussi avec l’alinéa 1er de l’article 10 de ce document reconnu à tort comme “Constitution” de la “République Démocratique” du 18 février 2006?

Alors arrive l’occasion pour “Tshilombo” de faire une entrée spectaculaire avec sa nomination au “sommet” de l’Etat congolais en janvier 2019! Le rôle lui assigné est celui de faciliter la balkanisation du Congo de Lumumba avec l’occupation qui a déja pris ses racines. Et l’une des premières missions confiées à ce mwana moka, c’est de déclarer à la face du monde, au cours d’une rencontre avec uniquement “sa” base au sein de la diaspora choisie pour la circonstance, plus précisement à Londres, l’année dernière, que les “Banyamulenge” sont des Congolais d’origine. Mission accomplished!

Enfin, le mois dernier, un voyage impromptu sera décidé au moment où “Tshilombo” séjournait encore en Afrique de l’Ouest. Une “visite privée” en Belgique, révélera une source digne de foi. Le moment “idéal” - hors du pays - de procéder à l’installation officielle du bourgmestre de Minembwe déclarée “commune “rurale”, lui trouvant ainsi aussi un prétexte pour ne pas manisfestement le jeter en pâture en misant sur la naiveté des Congolais, particulièrement “sa” base. Mais le plus important dans cette aventure rocambolesque, c’est le soutien de la "communauté internationale” par la présence en ce lieu stratégique d’un “dream team” composé notamment des représentants des gouvernements étrangers (occidentaux), dont le très remarquable ambassadeur américain Mike Hammer dit “Nzita”, et des responsables des organisations internationales qui servent d’outils néo-colonialistes et ce pour une autodétermination éventuelle de ces rwandophones ou Banyarwanda qui s’identifient sous le vocable frauduleux de “Banyamulenge” pour revendiquer une partie de terre congolaise!

Où est la « coïncidence », si « coïncidence » il y a?


Chryso Tambu

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C. Kim 31/10/2020 08:02

https://www.courrierinternational.com/article/2009/01/20/sarkozy-veut-depecer-la-rdc

C. Kim 31/10/2020 08:01

Le drame congolais restera de réagir en pleurnichant. Quoiqu'un proverbe de chez nous dit ceci: " Muana ya soso soki atondisi nzungu, mama naye azali na se". Pourquoi le message de Ruberwa passe dans les ambassades et le nôtre ne passe pas? Dans Mboka Mosika où je vis, j'ai vu des "Congolais" se réunir devant le Congrès pour accuser le Congo d’être un pays des discriminations contre eux. L’énergie que nous avons déployée pour empêcher Fally de se produire à Paris en France, et si on mettait la même chose pour protester devant l'Elysee, Maison Blanche... Nous savons clairement que ce sont les pays dits de la "Communauté internationale" qui pilotent ce projet mais au Congo, nous pointons encore des individus corrompus comme responsable. Il est temps de nos cerveaux commencent à faire des discussions pour trouver des voies et moyens de porter notre message à l'opinion de ces pays.Aussi longtemps que nous n'aurons pas une machine de propagande efficace, nous allons toujours subir. Le passage de Ruberwa à l’Assemblée de Kinshasa va constituer encore un bon sujet de propagande comme ils avaient fait des propos de Yerodia de 1998. Quand le Ministre de Mzee Kabila dit ;" Ku luvana dioko ko, maza ko" et d'ajouter "ce sont des vermines qu'il faut extraire du fruit", dans leur documentaire, ils avaient dénaturé ces propos pour lui faire dire un appel au génocide. Est-ce que c'est par hasard que Nicolas Sarkozy avait dit : "“Quant à la région des Grands Lacs, la violence s’est une nouvelle fois déchaînée. L’option militaire n’apportera aucune solution aux problèmes de fond qui se posent de façon récurrente depuis dix ans. Cela met en cause la place, la question de l’avenir du Rwanda, avec lequel la France a repris son dialogue, pays à la démographie dynamique et à la superficie petite. Cela pose la question de la république démocratique du Congo, pays à la superficie immense et à l’organisation étrange des richesses frontalières. Il faudra bien qu’à un moment ou un autre il y ait un dialogue qui ne soit pas simplement un dialogue conjoncturel mais un dialogue structurel : comment, dans cette région du monde, on partage l’espace, on partage les richesses et on accepte de comprendre que la géographie a ses lois, que les pays changent rarement d’adresse et qu’il faut apprendre à vivre les uns à côté des autres ?”
L'arrogance de Ruberwa au Parlement montre suffisamment que les Congolais sont en retard sur ce combat. N'oublions pas que les marches de protestation sur toute l'entendue du Congo suite à la prise de Bukavu en juin 2004, avaient pour résultat de faire changer le langage du porte-parole de la Monuc.