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Publié par Samuel Malonga

Le cinéma congolais avait vu le jour pendant la colonisation avec un rôle majeur joué par les missionnaires. Le Congo belge avait aussi ses stars du grand écran. Dans les années 50, un réalisateur belge prêtre de son État, père Albert van Haelst, et deux acteurs Matamata (le gros) et Pilipili (piment) avaient été jusqu’à l’indépendance les vedettes attitrées du cinéma congolais.

 

Installé à Luluabourg en 1933, ce prêtre de la congrégation de Scheut s’est inspiré du film Laurel et Hardy pour réaliser les siens.  Il transposa cette fiction dans les réalités congolaises en créant les personnages comiques de Matamata et Pilipili. Tous les acteurs de ces films muets étaient des villageois qui avaient fini par séduire le cœur des citadins par leur savoir-faire. Surnommé Père Cinéma, il créa la maison de production Luluafilms et se mit à parcourir le Kasaï pour faire des projections sur un drap blanc. Il a tourné entre 110 et 130 films dont plusieurs reportages d´actualités locales. Beaucoup de ses films avaient un but éducatif et faisaient passer un certain message religieux. Pour sa célèbre série, il a trouvé deux acteurs surnommés sur base de leur aspect physique. Il y avait Matamata le gros et Pilipili le maigre comme le petit piment dont son nom de scène voulait signifier.

 

Matamata, né Kasongo-Biembe, était le personnage principal de cette série d’aventures comiques. Pour avoir joué ses rôles à la perfection, il avait été la plus grande vedette du cinéma congolais dans les années 50. A ses côtés, il y avait son complice Pilipili prénommé Joseph dont le vrai nom reste jusqu’à ce jour inconnu du grand public. 

 

Dans cette série de films on peut citer Matamata écolier, Matamata chômeur, Matamata forgeron, Matamata père de famille, Matamata policier, Matamata s´engage, Matamata veut se marier, La soupe de Matamata, Les tours de force de Matamata, Transport Matamata-Pilipili, Madame Matamata, Le monde à l’envers, Le chapeau ensorcelé. Certains films étaient sous-titrés en français et dans les quatre langues nationales congolaises.

 

Tournée dans les environs de Luluabourg (Kananga) entre 1952 et 1955, La série de films Matamata et Pilipili, chef-d’œuvre du cinéma colonial, avait connu un immense succès. Quant au tandem du gros et du maigre, il avait fait rire des millions des Congolais.

Samuel Malonga

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Messager 24/09/2020 17:22

Matamata et Pilipili: l'époque de "SENDEMA" au Congo belge