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Publié par Messager

MORT DU CÉLÈBRE SAXOPHONISTE MANU DIBANGO

 

Le célèbre saxophoniste Manu Dibango est mort à 86 ans des suites du coronavirus, rapporte son entourage à l’AFP.

Nous reviendrons incessamment sur le décès de ce monument de la musique.

Il serait prétentieux de  chercher à présenter le grand MANU DIBANGO à nos lecteurs, ce célèbre saxophoniste qui vient d’être emporté par la redoutable pandémie du coronavirus. Il tire sa révérence à 86 ans, avec plus de 60 ans de carrière musicale.

En tant que congolais, nous pouvons dire que Manu Dibango a contribué à l’essor de la Rumba congolaise aux côtés de Joseph Kabasele, d’abord à Bruxelles durant la table ronde où il participa à l’enregistrement de la chanson « Indépendance Cha Cha », en remplacement du saxophoniste de l’African-Jazz malade, ensuite sur place à Léopoldville dans l’African-Jazz.

Son saxophone  accompagne plusieurs œuvres de l’African-Jazz, et de l’African Team .

En guise de deuil à l’africaine, pleurons Manu Dibango à travers  les chansons « Indépendance Cha cha », enregistrée à Bruxelles en compagnie de l’African-Jazz , et "Merengue Fontaine", réalisée au sein de l'African-Team.

Messager

 

COMMUNIQUÉ DE L’ÉLYSÉE SUR LE DÉCÈS DE MANU DIBANGO

La musique mondiale a perdu un géant. Manu Dibango, saxophoniste, compositeur, passeur de rythmes et lanceur de tubes, était l’un de ces musiciens virtuoses et généreux dont le talent ne connaissait pas de limites : ses créations ont fait danser plusieurs générations, plusieurs continents. Il est hélas l’une des premières personnalités mondiales à succomber à la pandémie du Covid-19.

C’est à Douala au Cameroun qu’Emmanuel Dibango a vu le jour en 1933. Au temple protestant où sa mère est chef de chœur, il apprend à vocaliser sur Bach et Haendel et à caresser les cordes sous la bienveillante férule d’un oncle guitariste. En 1949, il a 15 ans lorsqu’il arrive en France pour faire ses études, avec 3 kilos de café dans ses bagages pour payer un premier mois d’accueil à ses hôtes. Mais, assez vite, la musique le tire loin des manuels scolaires. Un enseignant lui fait découvrir le piano, puis un ami, Francis Bebey, qui deviendra lui aussi une grande figure de la musique camerounaise, l’initie au jazz et au saxophone, son instrument-roi.

De Paris à Bruxelles, de caves en cabarets, il fréquente la diaspora afro-caraïbéenne et la bouillonnante scène jazz de l’après-guerre. Il rencontre bientôt Joseph Kabaselé, alias « Grand Kallé », le père de la rumba congolaise et le créateur de l’un des hymnes des indépendances africaines, Indépendance Tcha-tcha, qui l’embauche comme saxophoniste dans son orchestre African Jazz. Installé pour un temps à Léopoldville au Congo, Manu Dibango débute alors une carrière en solo, se fait connaître avec « Premier twist à Léo », et ouvre son propre club de musique, le Tam-Tam.

Revenu en France avec un répertoire qui s’est enrichi au fil de ses pérégrinations et de ses rencontres, qui s’est ouvert à la soul et au funk, il travaille avec quelques-unes des plus grandes vedettes de l’époque : Dick Rivers, Nino Ferrer, Mike Brant. A la fin des années 1960, il est le premier à faire jouer des artistes africains pour une émission de télévision française, Pulsations, dont il signe le générique en live avec son big band.

Manu Dibango se riait des frontières : il sautait d’un continent à l’autre, d’une culture à l’autre, d’un genre à l’autre, d’un instrument à l’autre – il les maîtrisait presque tous – pour créer une musique universelle, qui était à la fois africaine et caraïbéenne, américaine et européenne, mais qui était surtout chaloupée, entrainante et joyeuse. À chaque album, il inventait de nouveaux rythmes de joie, des mélodies du bonheur.

C’est avec un tube funk en diable, « Soul Makossa », qu’il avait accédé à une renommée internationale. Un hymne à la danse et au mélange qui n’était à l’origine que la face B d’un 45-tours sorti à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations de 1972, et qui est devenu, par un improbable cheminement d’admirations et de reprises, un hymne mondial dont le succès ne se dément pas : découvert par les pionniers new-yorkais du Disco, pillé par les plus grandes stars, cité, repris, il est joué et rejoué depuis près de cinquante ans.

Infatigable musicien voyageur, il a fait résonner son art virtuose sur les scènes de France et de Belgique, aux États-Unis, en Amérique Latine, en Côte d’Ivoire où il a un temps dirigé l’Orchestre de la Radio-télévision ivoirienne. Apôtre d’une musique où les artistes du monde entier dialoguent ensemble sur un pied d’égalité, Manu Dibango n’a jamais cessé de jeter des ponts, d’inventer des hybridations nouvelles, de susciter des rencontres, collaborant tour à tour et parfois en même temps avec Youssou N’Dour, Angélique Kidjo, Peter Gabriel, Sting, Serge Gainsbourg, Herbie Hancock ou Fela Kuti.

Avec le temps, celui qu’on surnommait « Papa Groove » était devenu « Papy groove », mais il n’avait jamais perdu son énergie et son enthousiasme : il était encore en tournée en France et à travers le monde l’an dernier, à l’occasion de ses 60 ans de carrière avec son « Safari symphonique », où s’entrelaçait harmonieusement le jazz et la musique classique.

Manu Dibango était aussi une voix, grave, engagée, qui savait se faire entendre pour célébrer les indépendances, pour dénoncer le racisme et l’apartheid, pour combattre partout les injustices, et pour célébrer cette Afrique dont il était l’un des fils les plus connus. En 1994, il en avait même pris le visage, sur la pochette de son album Wakafrica, auquel il avait fait participer les plus grandes stars du continent.

Immense musicien, il était aussi une figure d’humaniste universelle qui, par-delà les frontières géographiques et les styles musicaux, semait à foison la générosité et la joie. Le Président de la République adresse à ses proches et à tous ses admirateurs ses plus sincères condoléances.

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Tony 26/03/2020 12:11

Rip !!!!! Reposez en paix et que la terre vous soit légère. Chez nous on dit qu'un artiste e meurt point , il s'endort.
Tony

Claude Kangudie 24/03/2020 23:21

Paix à ton âme mon vieux Dibango, le plus congolais de tous les Camerounais...Il a contracté le corona virus à l'hôpital où il s'était rendu pour cause de grosses fatigues !!! Adieu l'Artiste, le compositeur de "Bonbon sucré" avec l'African Jazz...Les morts ne sont pas morts avait dit Birago Diop...va maudite pandémie. Manu Dibango, ce n'est qu'un au revoir...

Claude Kangudie.

Emile de Kinshasa 24/03/2020 13:33

Tous mes hommages et prières en silence, eu égard à l'immensité du personnage. Lukunku Bénoît, Mabélé Aurlus, puis maintenant le Vieux Manu; quel MARS si triste. Et dire que le 30 mars c'est l'anniversaire du décès du Poète Lutumba. Les larmes ont du mal à sécher !