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Publié par Messager


PLANET ILUNGA PRESENTE
  
 OK/KO JAZZ
Luvumbu Ndoki/Ludiata Nangwi

 
ECOUTER
 

A. Luvumbu Ndoki
B. Ludiata Nangwi

 


RESUME

En janvier 2015, l’artiste belge Vincent Meessen se trouve à Kinshasa dans le club 
« Une.Deux Trois » de Franco Luambo et du OK Jazz. Il tourne avec son équipe un film dans lequel est remis en musique « Ludiata Nangwi » (Marcher debout), un chant révolutionnaire  et internationaliste écrit en mai 68 par Mbelolo ya Mpiku,  à l’époque un étudiant congolais de Raoul Vaneigem, enseignant et penseur belge. Il était aussi membre de l’internationale situationniste, un mouvement révolutionnaire qui a une influence considérable dans le champ de la pensée radicale, de l’action politique et de la création artistique.

C’est dans un fonds d’archives de Vaneigem que figurait ce texte inédit et inconnu.  Ce tapuscrit d’un chant en langue kikongo était accompagné d’un autre texte, lui bien connu, celui d’une rumba de Franco dédiée à Patrice Lumumba.  Meessen pense alors que le chant radical et sulfureux de Mbelolo est une rumba.  Il est fasciné par cette forme musicale, totalement hors des canons de la rumba. Située au carrefour de la lutte révolutionnaire d’une avant-garde européenne, l’internationale situationniste, et de la musique populaire congolaise, cette chanson est une surprise sur tous les plans. 


En 2014, Meessen avait retrouvé Mbelolo à Kinshasa mais ce dernier ne se souvienait plus de l’air musical,de ce qui s’avèra finalement être un « ndara »,  style de musique traditionelle du Bas-congo dérivé du nom de son instrument à cordes.  Un enregistrement existait mais il a été perdu.  Pas de souci, Vincent Kenis, le producteur musical sollicité par Meessen pour diriger la partie musicale, connaît Claude,  un extraordinaire joueur de ndara qui vit à Kinshasa.

L’artiste belge est intéressé par la mise à l’épreuve de ce chant du passé dans le présent de Kinshasa. Comment faire importer le sens du texte de l’époque ?  L’idée vient alors de soutenir une initiative naissante sur la scène kinoise : de jeunes musiciennes, lassées de jouer les  faire-valoir, ont  décidé de recréer, comme à la fin des années soixante, des groupes entièrement féminins. Elles incarnent une émancipation au présent. Sous la direction musicale de Vincent Kenis, un groupe composé  de Judith Kadiela, Dolicia Keta, Huguette Tolinga et Rossety Mampuya commencent alors les répétitions. Vincent Kenis enregistre aussi quelques rythmes  additionnels du Ballet Mansia, un groupe traditionnel manianga du Bas-Congo.


Pour résoudre l’équation de la « recomposition » musicale nécessaire au projet,  Meessen propose de faire appel à "Luvumbu Ndoki » (Le sorcier Luvumbu), un chant traditionnel en kikongo adapté par Franco qui parlait aussi cette langue. Ce disque fut enregistré peu avant en 1966 et  fut censuré par la police secrète de Mobutu à sa sortie car pris pour une référence et un commentaire critique sur les «  Martyrs de la Pentecôte », quatre hommes politiques congolais, dont l’ex-premier Ministre Kimba, exécutés par pendaison en public le 1er juin 1966. Luvumbu est en effet un sorcier mythique qui n’hésite pas à sacrifier les membres de sa famille pour se maintenir au pouvoir. Chanson folklorique habituellement chantée en famille, elle porte une forme d’accusation qui n’est prise en compte sérieusement que par celui qu’elle pointe du doigt.

En janvier 2015, durant le tournage du film,  le groupe de jeunes femmes joue « Ludiata Nangwi » matiné des airs de « Luvumbu Ndoki » au Un.Deux.Trois, en contrebas du Stade des Martyrs, le stade nommé en mémoire des crimes politiques du passé. Une violente insurrection populaire éclate alors en opposition à la réélection du président. Plus de quarante étudiants et militants tombent sous les balles de la police anti-émeute.

 

Crédits
 

A: Luvumbu Ndoki (Franco Luambo Makiadi)

Vocals: Franco, Lola Chécain, Youlou Mabiala / Solo guitar: Franco / Rhythm guitar: Simaro Lutumba / Bass: Celi Bitshou / Percussion: Dessouin / Saxophone: Isaac Musekiwa & Verckys

B: Ludiata Nangwi (Joseph Mbelolo ya Mpiku)

Voice: Joseph Mbelolo ya Mpiku / Bass & Vocals: Judith Kadiela / Solo Guitar & Vocals: Dolicia Keta / Rhythm guitar & Vocals: Rossety Mampuya / Percussion & / Vocals: Huguette Tolinga / Ndara: Claude Ndara / Additional rhythms: Ballet Mansia

Enregistrement, mixage et direction musicale de 'Ludiata Nangwi' de Vincent Kenis. Produit par Normal, 2015. Design: Pierre Huyghebaert & Sophie Boiron (Speculoos)


* Edition vinyle limitée et numérotée, seulement 380 copies en circulation *

Information de commande

Vous pouvez déjà commander votre copie en m'envoyant un e-mail à planetilunga@gmail.com ou en allant sur la page dédiée du site Planet Ilunga. Pour ceux qui n'ont pas encore la troisième et quatrième compilation sur Planet Ilunga, n'hésitez pas à demander.
 

Plus d'info sur le label



Planet Ilunga se spécialise dans l'archivage, la documentation et le partage du son "Rumba Lingala" des années 50 et 60 des deux Congos. Au cours des années suivantes, Planet Ilunga veut contineur à contribuer à la restauration des riches archives musicales congolaises, en premier lieu à travers des éditions de vinyle de haute qualité et des livrets. Votre partage de ce mailing, de la vidéo ou de ces informations à d'autres mélomanes (congolais) serait le bienvenu.

Cordialement,
Bart de Planet Ilunga     

Plus d'info: planetilunga@gmail.com
Vous trouverez des mises à jours bientôt sur notre page Facebook et website
 

 

VERSION ANGLAISE

 


PLANET ILUNGA PRESENTS
  
 OK/KO JAZZ
Luvumbu Ndoki/Ludiata Nangwi


After the double LP compilations Planet Ilunga presents the first record in the new '45 rpm series' on the label. On the A-side we find the traditional song 'Luvumbu Ndoki', modernized and arranged by Franco (O.K. Jazz) in 1966. With its implicit Kikongo lyrics implying a criticism of the regime, it was Franco at his best. On the flip side we hear the previously unreleased song 'Ludiata Nangwi' which has its roots in the Situationist International movement. This song was recorded, arranged and mixed in Kinshasa in 2015, more specifically at Un.Deux.Trois - Franco's nightclub which is now run by his son Yves Luambo Emongo. The musical direction of the song was provided by producer Vincent Kenis, known for his work in the Congotronics series (Konono n°1 and Kasai Allstars) and as the compiler of three CDs on the early music of O.K. Jazz. 'Ludiata Nangwi' had a prominent role in the audiovisual wor'One.Two.Three', part of the exhibition 'Personne et les autres' that was created by Vincent Meessen for the Belgian Pavilion at the 56th Venice Biennale. 

LISTEN
 

A. Luvumbu Ndoki
B. Ludiata Nangwi

 


BACKGROUND STORY

In January 2015, the Belgian artist Vincent Meessen is in Kinshasa in the club Un.Deux.Trois, the mythical club of Franco Luambo Makiadi and his band OK Jazz. With his film crew, he is shooting a film based on "Ludiata Nangwi" (Walking Standing), a revolutionary and internationalist song written in May 1968 by Mbelolo ya Mpiku. He was a Congolese student of Raoul Vaneigem, a Belgian teacher and thinker, who was also a member of the Situationist International, a revolutionary movement which has had considerable influence in the field of radical thought, political action and artistic creation.

It is in an archive of Vaneigem that an unpublished and unknown text appeared. This typewritten sheet of paper with lyrics in the Kikongo language was accompanied by another text, a well-known one, of a rumba by Franco mourning the assassination of Patrice Lumumba. At the time, Meessen thinks that the radical and furious song of Mbelolo is a rumba. He is fascinated by this musical form, which sounds different than the typical rumbas he has heard before. Located at the crossroads of the revolutionary struggle of a European avant-garde, the Situationist international, and Congolese folk music, this song is a surprise on all fronts.


In 2014, Meessen found Mbelolo in Kinshasa, but he did not remember the tune that turned out to be an 'ndara', the traditional music style of the Bas-Congo and derived from the name of its string instrument. A recording existed but it was lost. Vincent Kenis, the musical producer asked by Meessen to direct the musical part, comes up with a solution. He contacts Claude, an extraordinary ndara player who lives in Kinshasa.

Vincent Meessen was interested in how this old song could be incarnated into the Kinshasa present. How to embody the meaning of the lyrics? The idea then comes to support a flourishing trend in Kinshasa: young musicians who decided to form, as in the late sixties, all-female groups. They embody emancipation in the present. A group composed of Judith Kadiela, Dolicia Keta, Huguette Tolinga and Rossety Mampuya starts rehearsals under Kenis' musical direction. The latter also records some additional rhythms from the Mansia Ballet, a traditional manianga band from Lower-Congo.

To solve the problem of the musical 'recomposition' necessary for the project, Meessen proposes to appeal to "Luvumbu Ndoki" (Luvumbu the sorcerer), a traditional song of Franco in Kikongo which was his mother tongue. This song was recorded in 1966 and was censored by Mobutu's secret police at the time of release because it was suspected to be a critique of the 'Martyrs de la Pentecôte'. In this event which took place on June 1, 1966, four Congolese politicians, including ex-Prime Minister Kimba, were executed by hanging in public. Luvumbu is indeed a mythical sorcerer who does not hesitate to sacrifice members of his family to stay in power. The folk song, usually sung at family celebrations, carries a form of accusation that is only taken seriously by the one it points out.


In January 2015, during the shooting of the film, the group of young women plays 'Ludiata Nangwi', accompanied by echoes of 'Luvumbu Ndoki' at Un.Deux.Trois. Nearby, there is the Stadium of Martyrs, named in memory of the Pentecost political crimes that happened in the past. While shooting the film, a violent popular uprising broke out in opposition to the re-election of president Kabila. More than forty students and activists were killed by bullets of the riot police.

Cliquez ici pour la version française

Credits + details
 

A: Luvumbu Ndoki (Franco Luambo Makiadi)

Vocals: Franco, Lola Chécain, Youlou Mabiala / Solo guitar: Franco / Rhythm guitar: Simaro Lutumba / Bass: Celi Bitshou / Percussion: Dessouin / Saxophone: Isaac Musekiwa & Verckys

Licensed from Yves Luambo Emongo

B: Ludiata Nangwi (Joseph Mbelolo ya Mpiku)

Voice: Joseph Mbelolo ya Mpiku / Bass & Vocals: Judith Kadiela / Solo Guitar & Vocals: Dolicia Keta / Rhythm guitar & Vocals: Rossety Mampuya / Percussion & Vocals: Huguette Tolinga / Ndara: Claude Ndara / Additional rhythms: Ballet Mansia

Recording, mixing and musical direction of 'Ludiata Nangwi' by Vincent Kenis. Produced by Normal, 2015. Art Directors: Pierre Huyghebaert & Sophie Boiron (Speculoos)

* Vinyl-only in strictly limited and numbered edition, edition of 500 but only 380 copies in circulation *

Order info

You can order your copy of this release by sending me an email at planetilunga@gmail.com or going to the shop page on the Planet Ilunga website. I will send it out or you can pick it up in Brussels. For those who don't have the third or fourth Planet Ilunga release yet, feel free to ask for a copy.
 

More info on the label


Planet Ilunga specializes in archiving, documenting and sharing the "Rumba Lingala" sound from the fifties and sixties from both the Congos. In the following years, Planet Ilunga wants to contribute to restore the rich Congolese music archive, in the first place through high quality vinyl issues and extensive booklets. Your sharing of this mailing, video or info to fellow (Congolese) music lovers would be welcome.

Thanks for reading,
Bart from Planet Ilunga     

More info & pre-orders: planetilunga@gmail.com
Please find updates soon on the Planet Ilunga Facebook page and website
 
 





 
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