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Publié par Messager

 

Les vestiges des éd. Ngoma : « Foire na biso Kinshasa », par Mamadou et le Cercul-Jazz.

 

Depuis que nous publions les vestiges des éditions Ngoma fournies par Mr Flemming Harrev, nous devrions déjà atteindre une dizaine d’articles. Aujourd’hui, ces éditions nous font revivre une œuvre de Mamadou et le Cercul-Jazz intitulée « Foire na biso Kin ». Si notre mémoire est encore bonne, cette chanson constitue la deuxième œuvre dédiée jadis par Mamadou à la Foire Internationale de Kinshasa (FIKIN). Dans la 1ère  œuvre  , qui est la plus connue, Mamadou fixait rendez-vous à tous les congolais au moins de juin à Kinshasa, à la Fikin. « Bandeko nionso ya Congo, rendez-vous na Kinshasa, rendez-vous na sanza ya juin, rendez-vous na capitale…. »

 

 

FOIRE INTERNATIONALE DE KINSHASA (FIKIN)

Pour revenir au thème de la chanson que beaucoup de mbokatiers découvrent en ce jour, soulignons qu’en titrant Foire na biso ya Kinshasa, ce qui veut dire notre Foire de Kinshasa, l’auteur bien que résident à Brazzaville, considérait la Fikin comme un acquis commun, aussi bien des Kinois que des Brazzavillois. Car à une certaine époque (la nôtre), on pouvait passer sans problème les « week-end » entre ces deux capitales africaines. Par ailleurs, aux navettes ininterrompues des commerçants ambulants, se mêlaient toujours celles des élèves Kinois et Brazzavillois, qui avaient préféré de fréquenter respectivement les écoles d’en-face. D'où l'idée de construire carrément un pont sur le fleuve, prônée par Franklin Boukaka, de la même formation musicale, "Le Cercul-Jazz".

 

Messager

Cher Messager,
Merveilleux mirage (?) que ce pont sur le Congo. L'idée est vieille comme les nobles peuples qui vivent sur les berges du grand fleuve et qui n'ont toujours aspiré qu'à l'unité. Le projet a été récemment ressorti des cartons. Seulement, voilà! Avec le temps et même en aval des deux villes où l’empattement sur le fleuve ne sera que de 500 mètres, le coût de sa réalisation avoisinerait quand même le milliard de dollars. Cet argument financier n'est pas rédhibitoire. Les fonds peuvent être trouvés. Une autre raison, de nature à la fois politique et économique, concourt à freiner le projet. Aujourd'hui, une partie substantielle des activités (transbordement, cabotage etc...) au port de Pointe-Noire sont en direction de Matadi. En d'autres termes, Pointe-Noire irrigue déjà l'activité économique de Matadi et partant, de la RDC. Dans le même temps, le tronçon du Chemin de Fer Congo-Océan (CFCO) reliant Brazza et Pointe-Noire vient d'être modernisé. Il est couplé avec la réhabilitation de la RN1. Or, le projet du pont sur le Congo inclut une partie rail. Dès lors, et très prosaïquement, il sera plus indiqué pour les entreprises de RDC voulant exporter d'opter pour le transport uni-modal (rail en RDC jusqu'à Pointe-Noire en passant par le pont). Pointe-Noire, qui est un port en eaux profondes et qui dispose, lui, d'un vaste hinterland captif (Tchad et Centrafrique) risque donc de supplanter définitivement Matadi. Du coup, ce magnifique projet peut se heurter à des réalités politiques et économiques. Car le pont deviendrait ainsi un canal de ruissellement des richesses de la RDC vers l'autre rive. C'est une idée, partagée par beaucoup à Kinshasa. Et comme toute idée,elle peut et doit être débattue. Mbokamosika est le lieu idéal.
Simba Ndaye.

Pour en revenir à la Fikin, ''Alias'' Mamadou l'a chantée à juste titre. En effet, au gré des soubresauts politiques entre les deux pays, le stand de la République Populaire du Congo à la foire de Limete était, depuis 1969, l'un plus riches et des plus actifs. Et pour cause! Il n'y avait que le pool à traverser. Lorsque les tensions politiques surgissaient, le stand fermait. Mais à Brazza effectivement, le sentiment de se rendre à la Fikin comme on se rend ''à la maison'' était vif. La grande roue ainsi que la montagne russe étaient des attractions qu'on ne trouvait pas à Brazza
En ce qui concerne le Cercul-Jazz, tout a déjà été dit sur Mbokamosika. Je viens d'en faire l'expérience en me replongeant dans les archives.
Simba Ndaye.

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Pedro 06/04/2018 14:52

Il y a toujours des sous-entendus dans les œuvres d’art. Celui que je perçois dans cette chanson, c’est que le Cercul-Jazz se place au même niveau que l’OK Jazz, L’African Fiesta National et l’African Fiesta Sukisa. C'est-à-dire, s’il faut citer seulement 4 orchestres au Congo à cette époque de la FIKIN, le Cercul-Jazz sera du numbre, alors que les Bantous ne sont pas sur la liste.

Simba Ndaye 06/04/2018 14:07

Pour en revenir à la Fikin, ''Alias'' Mamadou l'a chantée à juste titre. En effet, au gré des soubresauts politiques entre les deux pays, le stand de la République Populaire du Congo à la foire de Limete était, depuis 1969, l'un plus riches et des plus actifs. Et pour cause! Il n'y avait que le pool à traverser. Lorsque les tensions politiques surgissaient, le stand fermait. Mais à Brazza effectivement, le sentiment de se rendre à la Fikin comme on se rend ''à la maison'' était vif. La grande roue ainsi que la montagne russe étaient des attractions qu'on ne trouvait pas à Brazza
En ce qui concerne le Cercul-Jazz, tout a déjà été dit sur Mbokamosika. Je viens d'en faire l'expérience en me replongeant dans les archives.
Simba Ndaye.

Simba Ndaye 06/04/2018 12:16

Cher Messager,
Merveilleux mirage (?) que ce pont sur le Congo. L'idée est vieille comme les nobles peuples qui vivent sur les berges du grand fleuve et qui n'ont toujours aspiré qu'à l'unité. Le projet a été récemment ressorti des cartons. Seulement, voilà! Avec le temps et même en aval des deux villes où l’empattement sur le fleuve ne sera que de 500 mètres, le coût de sa réalisation avoisinerait quand même le milliard de dollars. Cet argument financier n'est pas rédhibitoire. Les fonds peuvent être trouvés. Une autre raison, de nature à la fois politique et économique, concourt à freiner le projet. Aujourd'hui, une partie substantielle des activités (transbordement, cabotage etc...) au port de Pointe-Noire sont en direction de Matadi. En d'autres termes, Pointe-Noire irrigue déjà l'activité économique de Matadi et partant, de la RDC. Dans le même temps, le tronçon du Chemin de Fer Congo-Océan (CFCO) reliant Brazza et Pointe-Noire vient d'être modernisé. Il est couplé avec la réhabilitation de la RN1. Or, le projet du pont sur le Congo inclut une partie rail. Dès lors, et très prosaïquement, il sera plus indiqué pour les entreprises de RDC voulant exporter d'opter pour le transport uni-modal (rail en RDC jusqu'à Pointe-Noire en passant par le pont). Pointe-Noire, qui est un port en eaux profondes et qui dispose, lui, d'un vaste hinterland captif (Tchad et Centrafrique) risque donc de supplanter définitivement Matadi. Du coup, ce magnifique projet peut se heurter à des réalités politiques et économiques. Car le pont deviendrait ainsi un canal de ruissellement des richesses de la RDC vers l'autre rive. C'est une idée, partagée par beaucoup à Kinshasa. Et comme toute idée,elle peut et doit être débattue. Mbokamosika est le lieu idéal.
Simba Ndaye.