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Publié par Samuel Malonga

Lorsque la femme tue

 

Les Congolais ont appris avec une grande consternation le décès de Rossy Mukendi Tshimanga, professeur à l’Université Pédagogique Nationale. Les images de sa lutte contre la mort sont diffusées sur le net, des vidéos insoutenables d’une violence rare. On voit tristement le jeune homme étendu à terre, baigné dans une marre de sang, lutter courageusement contre la mort. L’aide désespérée de ceux qui ont tenté de le secourir a été vaine.

 

Ce qui intrigue dans ce drame, c’est le fait que la mort soit donnée par une femme, celle qui par surcroit engendre la vie. Dans la société, la maman est la personne qui non seulement met au monde un enfant, mais l’entoure de son amour, de sa chaleur, de son affection et de sa tendresse maternelle. Cette particularité féminine faite de douceur et de candeur est l’essence même de la maternité.

 

Nous avions toujours été scandalisés lorsque dans nos quartiers, des filles refusant d’enfanter préféraient avorter. Certaines ont même tué de leurs propres mains l’enfant déjà né, le jetant parfois dans une poubelle pour se débarrasser de l’innocence de ce corps inerte. Personne ne peut comprendre ce qui se passe dans la tête de la donneuse de vie lorsqu’elle se transforme en assassin. Véritable drame familial, plusieurs parents ne se sont jamais remis de cette blessure. Beaucoup parmi ont sûrement emporté dans leur tombe un bien triste souvenir, celui d’avoir donné naissance à une fille tueuse.

 

La femme-épouse, la femme-mère qui non seulement donne la vie mais la protège ; la maman pleine d’altruisme qui ne vit et ne jure que sur ses enfants a-t-elle disparu dans la société congolaise contemporaine ? A moins que je ne m’abuse. Jamais en trois décennies de mobutisme obligatoire, la femme-gendarme du Zaïre n’a osé tirer sur la foule.  

 

Carine

 

Aujourd’hui, avec les événements douloureux qui secouent le Congo, la femme- assassin apparaît en uniforme de la république damant parfois le pion à ses collègues mâles. Par deux fois, à la hauteur du pont Matete puis à Lemba, deux femmes-policiers n’ont pas hésité de tirer à balles réelles dans la foule. Avec un sang froid étonnant, elles ont fait feu dans l’unique but de donner la mort. Pourtant les manifestants n’avaient pour seules armes que des Bibles, des chapelets, des rameaux, un crucifix  et une litanie de prières.

 

Lorsque la femme tue par préméditation, l’émotion est plus grande encore et l’opinion est frappée par le forfait. Il est difficile de croire que la donneuse  et la protectrice de la vie pourrait se transformer en assassin. C’est ce paradoxe inexplicable qui frappe les esprits. Le rôle alloué aujourd’hui à la Congolaise dans la police ne cadre pas avec la maternité, bien au contraire.

 

Agent mais femme ! Où est donc ton âme de mère ? Qu’as-tu fais de la vie de Rossy ? Dans le silence pesant qui a suivi son agonie, entends le cri de douleur qu’il avait poussé lorsque tu l’avais mortellement blessé. Puissent ses gémissements accompagner les battements quotidiens de ton cœur et que son sang jonche comme un tapis rouge les routes souillées que désormais tu emprunteras.

 

Samuel Malonga

 

 

 

 

 

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Blondé 01/03/2018 16:34

Monsieur Malonga d'abord mes condoléances les plus attristées aux patriotes congolais et que le Tout Puissant se serve de cette autre barbarie pour délivrer votre pays. C'est dommage ce que la richesse du sous sol d'un pays surtout africain lui trace comme dessein . Revenant aux femmes gendarmes et ou policières, il y a un fait auquel j'ai personnellement été souvent confronté avec des collaboratrices pendant près de deux décennies. Beaucoup agissent par peur incontrôlée. Ayant appris en M.O. que la foule est très versatiles, dès que celle-ci devient nombreuse et compacte les femmes en tenu ont tendance à paniquer. C'est pourquoi il n'est vraiment pas indiqué de les utiliser dans les grands services d'ordre. Par contre, il y a certaines qui ont tendance à démontrer qu'elles sont plus aptes, plus percutantes que leurs collègues masculins et agissent par pur zèle par pur orgueil. Cette catégorie exerce souvent une brutalité déraisonnable qui aboutit à ce genre de drame déplorable. Maintenant il faut dire qu'en situation politique pareille, agent de l'ordre ou simple citoyen, chacun à sa conviction et souvent les plus radicaux se laissent facilement emporter par leurs idées. En C.I. nous avons connu des cas ou certains agents ont usé de balles réelles tuant leurs collègues qu'ils ne sentent pas de "leur bord". Il est très souvent difficile à beaucoup de policiers et gendarmes d'observer la neutralité qui devrait être leur. Prions tous pour l'âme de ces frères disparus et que leurs actions et surtout leurs sacrifices nous fortifie dans la lutte pour la libération de nos pays.

Samuel Malonga 01/03/2018 22:34

Merci cher frère Blondé pour la pertinence de votre analyse.