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Publié par Samuel Malonga

 

 

La république du Zaïre bis

 

En 1997, lorsque honni par le peuple et abandonné de tous, Mobutu s’enfuit au Maroc pour y mourir, personne ne croyait encore que les mauvaises manières de sa politique politicienne allaient faire école. Accueilli en héro pour avoir chassé le dictateur après 32 ans de règne sans partage, Laurent-Désiré Kabila s’empressa à redonner au pays le nom qu’il avait le jour de son indépendance en 1960. Était-ce une sorte de renaissance ? Le tyran parti, il a fallu faire table rase de son passage à la tête de l’État. Les symboles de son pouvoir sont tour à tour supprimés. Mais l’histoire est têtue. Mobutu est bien mort mais sa philosophie politique, son manque de respect pour l’homme congolais et sa mauvaise gouvernance ont survécu à sa disparition. La république du Zaïre continue à jouer les prolongations.

 

Aujourd’hui, vingt ans après sa disparition, voilà que resurgit le mobutisme dans les accoutrements folkloriques du joséphisme. Joseph Kabila est sur les traces du Guide mais en pire. Lui qui s’est fait appelé raïs s’est entouré des caciques du MPR pour mieux ressembler au Président-Fondateur. Dans ce dernier carré d’anciens mobutistes qui le conseillent, se trouvent des proches collaborateurs de l’Aigle de Kawele. Des opportunistes qui ne pensent qu’à leur ventre et qui pour rien au monde ne lâcheraient leur bifteck. Edouard Mokolo wa Mpombo, Kengo wa Dondo, Lambert Mende, Kin kiey Mulumba, Tambwe Muamba ou Atundu Liongo jettent tout leur dévolu dans la réalisation d’un rêve inhumain, celui de voir Kabila rester perpétuellement au pouvoir. S’ils ont échoué avec Mobutu, ils veulent aujourd’hui réussir leur projet machiavélique. Toutes les manœuvres politiciennes qui maintiennent artificiellement Joseph Kabila sur sa chaise éjectable sortent de leur méninge.

 

Aujourd’hui, le PPRD est devenu un parti-État qui contrôle tout le pays par la tricherie, l’entretien permanent de la peur et de la terreur, les enlèvements, les arrestations arbitraires, les assassinats, la corruption, le débauchage politique. Toutes les recettes macabres qui ont terni l’image de Mobutu et du MPR sont présentes dans un cocktail explosif dont l’issue est incertaine. Aujourd’hui, les mobutistes devenus joséphites trouvent chaque jour qui passe une raison farfelue, une échappatoire sombre pour tenter de prolonger le pouvoir inconstitutionnel de leur patron. Amnésiques, ils ont déjà oublié que tout ce qu’ils avaient jadis inventé pour le Guide n’avait servi ni la révolution, ni la Deuxième république, ni le mobutisme, ni ses collabos, ni Mobutu ni lui-même.

 

Tous les maux du passé poussent à nouveau comme l’ivraie dans la prairie politique congolaise. La cause de cette résurgence est liée aux deux grands maux dont souffre le Congo à savoir : le manque de culture politique des dirigeants et l’incapacité notoire des intellectuels de mettre leurs compétences au service de la nation. Attirés par l’argent facile, ne possédant aucun sens de civisme et de nationalisme, les élites se prostituent au plus offrant.

 

Aujourd’hui, la grande hantise de Kabila est l’organisation des élections auxquelles il ne peut officiellement pas participer. Après avoir marché sur la constitution, il occupe un poste qui constitutionnellement ne lui revient plus. En réalité, la présidence de la république est vacante en RDC mais pas en république du Zaïre bis.

 

 

Samuel Malonga

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