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Publié par Samuel Malonga

Traduction des chansons de la musique congolaise

PAPA WEMBA

Notre ami Blondé d’Abidjan a obtenu de Messager la traduction de certaines chansons d’anthologie qui ont marqué l’histoire de la musique congolaise moderne. Grâce notre frère ivoirien, plusieurs autres profiteront de cette faveur qu’offre le site à ses nombreux lecteurs. D’emblée Mbokamosika par la plume de son fondateur s’est mis à la tâche pour permettre aux mbokatiers non lingalaphones de saisir la portée du message véhiculé dans les chansons congolaises. Tâche louable pour ne pas dire nécessaire mieux indispensable. Une chose est sûre, faire passer un texte d’une langue à une autre n’est pas facile.  

 

La traduction des chansons composées en lingala classique ne posera aucun problème. Au contraire, elle étalera la poésie qui a toujours marqué cette langue. Par contre, la tâche s’annonce ardue pour celles écrites dans le lingala non conventionnel. Car les artistes grâce à leur talent ne cessent de créer, d’innover et de chercher au plus profond de leur âme de créateurs les essences nécessaires pour polir leurs œuvres musicales. Dans Bikunda, chanson sortie en 1954 chez Loningisa, Ebengo Dewayon y fait l’apologie du chanvre en des termes de l’hindoubill (twabiska, indien).  Elle est tellement truffée des mots qui n’existent qu’elle paraît pour la majorité des mélomanes comme une chanson pratiquement incompréhensible. Quel message, l’artiste avait-il voulu faire passer à travers cette belle mélodie ? C’est le cas par excellence d’une œuvre musicale intraduisible.  http://www.mbokamosika.com/article-franco-edo-nganga-deux-vieux-complices-74210053.html

 

Dans nos langues existent  des locutions qu’on ne saurait traduire. La seule idée de la transcrire dans une autre langue leur fait perdre leur explication première et de ce fait les dépouillent directement de leur sens initial. Comment dire dans une langue autre que le lingala les expressions métaphoriques comme « Ngai makila eyina nzoto, nakufa na ngai kala, nazela se kopola » (Rochereau) ou encore « Bayuma balei batondi, balingi nde bakamata Fiesta mobobe » (Kwamy). Ce ne sont pas des cas isolés car les exemples sont légions.

 

Il y a peu, dans le cadre d’un travail de recherche sur le lingala, Claude Kangudie et moi, avions eu un échange nourri à propos de la chanson Tanga dangwa de Vadio Mambenga. Que veut dire ce titre ? Nous nous sommes posé beaucoup de questions. Car si kodangwer est un verbe familier issu de l’hindoubill, l’existence du terme dangwa par contre n’est pas certaine. Il serait peut-être sorti de l’imagination de l’artiste lui-même. Claude finit par conclure que Mambenga avait sûrement poussé son inspiration très loin pour en arriver là. Les artistes avec leur talent arrivent à inventer des mots nouveaux, des expressions et des terminologies nouvelles. Les termes qui font mouche s’implantent dans le langage populaire kinois en nourrissant son vocabulaire et son orthographe.

 

Pour revenir aux compositions difficilement traduisibles, présentons le texte de la chanson Kaokokokorobo de Papa Wemba. L’exercice s’avère compliqué mais cela vaut la chandelle.

 

 

Kaokokokorobo pesa biso nguya
Tobare bazembe zembe ná bantusa esprit
Toregner lokola yo na likolo
Biso bayanke na se
Amen
Amen

 

Je suis mandiken
Tu es mandiken
Elle est mandiken
Nous sommes mandiken
Vous êtes mandiken
Ils sont mandiken

 

Babukaki ligale eh eh ya Kaludji na Yacom
Baplan il fallait natelema nango na ndule wana
Mbila amira palais
Masta batindika ye
Petite abendana
Wuta azwa lupemba
Azwa kiboba
Ba Tshatshe, ba Miyake, ba Yamaoto
Influence ya coup d’œil

 

Mbele nakoma na ba plan trop ngai Furume
Moto bamwela, kabama mbila mbila, wakafwa
Na ndenge ya kolo te
Mbololo Ngonda, Depasco Ndinga, le gentlemen eh

 

Petite alobi na ngai nayebi movema te
Ngai naleli
Eldo tchedido
Errare humanum est
Likambo bakotisaki ye po alandela
Na sima mawa trop
Mwana kutu ebimaki eh
Carte sur table
O négocier
Showbiz simba monde
Vivra verra

 

Je suis mandiken
Tu es mandiken
Elle est mandiken
Nous sommes mandiken
Vous êtes mandiken
Ils sont mandiken

 

Keba lubwaku ebebisaka moto yaya
Um pona lokotro
Tolobaki moto ayeba te
Awele Mpifu
Se po na Ferrari eh, na caviar
Contrat osiniaki pona liwa

 

Mbula kama ah po bandima ngai na bana Firenze
Kozala toujours na top, pona nkoma ah
Likambo ezalaki nzoka pona miso ya Petit
Mwana Comores
Likambo ezalaki nzoka pona taille ya Ma Roza
Mère frenchen
Na ndenge nango
Wolo ebonga na kingo
Mère abonga na père

 

Ekomaki biso na mboka Nipone, Rontao pamba pa
Ekomaki biso na mboka Nazi, Porshe, Benzula mbula
Kinshasa bashege ba Romain
Mikili ba Zulu ba New Jack
Kaoko ko ko korobo
Tekisa Peli Lita
Les ont dit font doubler mabe
Kamojo na kingo ebende

 

Ye ye ye ye ye ye ye ye ye oo
Shege, chance eloko pamba
Kao koko korobo

 

Alube Lumbila

Ligorodo ata kovimba akoka na monene ya nzoko te
Mawachi, Mawachi Matore

Bakanga bakanga bacracas balemba dis

Mais…..                                                            

Lelo lelo ekomi lobi
Lobi lobi ekomi lobi kuna
Match eza te
Y a pas match

Via la Musica

 

Muzingi mbila
Za za za za za za za ee
Tula mwisi

 

Samuel Malonga

 

Messager,


La chanson KAOKOKOKOROBO ne peut se traduire intégralement comme la chanson MUKALA par exemple mais on peut traduire l'idée générale de l'artiste car elle traite plusieurs sujets à la fois: règlement de compte dans un milieu de business, les vêtements la sape, l'argent, les femmes, la casse des boutiques de mode, le risque que génère la prison ...le rêve de Schegués: réussir dans la facilité d'où le concept "chance eloko pamba".Une chanson peu crédible pour un éducateur ce n'est que mon opinion.


Le texte de la chanson en Lingala mérite aussi quelques retouches et je demande aux Mbokatiers de la RCA de nous traduire déjà ce mot KAOKOKOKOROBO car l'auteur de la chanson avant d'intégrer Viva-La-Musica avait vécu à Bangui.
Bon début de week-end.

 

Michel Kinzonzi

Commenter cet article

Michel Kinzonzi 11/08/2017 17:40

Merci mon Yaya.

Messager 11/08/2017 14:20

Merci Michel pour ce commentaire on ne peut plus enrichissant. Je viens de l'inclure dans le corps de l'article, pour une meilleure vulgarisation.

Messager

Michel Kinzonzi 11/08/2017 11:59

Messager,
la chanson KAOKOKOKOROBO ne peut se traduire intégralement comme la chanson MUKALA par exemple mais on peut traduire l'idée générale de l'artiste car elle traite plusieurs sujets à la fois: règlement de compte dans un milieu de business,les vêtements la sape,l'argent,les femmes,la casse des boutiques de mode,le risque que génère la prison ...le rêve de Schegués réussir dans la facilité d'où le concept "chance eloko pamba".Une chanson peu crédible pour un éducateur ce n'est que mon opinion.
Le texte de la chanson en Lingala mérite aussi quelques retouches et je demande aux Mbokatiers de la RCA de nous traduire déjà ce mot KAOKOKOKOROBO car l'auteur de la chanson avant d'intégrer Viva-La-Musica avait vécu à Bangui.
Bon début de weekend.

Messager 08/08/2017 13:19

Mon cher Sam,

Tu as parfaitement raison. Il existe des chansons congolaises difficiles à traduire en français, comme celle de Papa Wemba que tu as bien voulu nous présenter à travers ton présent article.

Cependant, le même Wemba, ainsi que d’autres auteurs compositeurs ont réalisé des véritables chefs- d’œuvre. Des véritables chansons à texte dont il nous appartient de traduire à l’attention des millions de mélomanes.

En tant qu’homme de lettres, tu es à cet égard bien placé pour exhumer les prouesses littéraires que renferment la chanson congolaise à travers tes traductions.

Le travail est immense et nécessite l’apport de tout le monde. Grâce à nos traductions, la chanson congolaise sera enfin comprise dans toutes les langues.

Messager