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Publié par Samuel Malonga

La requête de Thomas Kanza

Patrice Lumumba et Thomas Kanza

En 1952, un jeune Congolais de 19 ans prend son courage pour demander un coup de pousse financier au patron d’une grande société coloniale installée à Léo. Le  souci qui l’anime est d’aller parfaire ses études universitaires en Europe. Il ne sait pas encore que l’histoire fera de lui, le premier Indigène congolais à obtenir un diplôme universitaire. Son nom : Thomas Kanza.

 

Privé de ressources, le jeune enseignant est obligé d’emprunter des sous à l’Administrateur-Directeur-Général de l’UTEXLEO, dette que sa famille aimerait bien rembourser. Sa lettre lève le voile sur la politique discriminatoire qui régissait la colonie. A cette époque, soit huit ans seulement avant l’inattendue indépendance, les Congolais n’avaient pas droit à une bourse d’études, que pour émigrer il fallait d’abord la permission de l’autorité coloniale. Pourtant, Thomas avait déjà été admis à Louvain comme le prouve l’attestation du Conseil de l’Université et la lettre du recteur mis en annexe.

 

Ce document permet aussi d’en savoir plus sur l’homme  et sa famille. Thomas Kanza avait deux autres prénoms dont Rodolphe. Il a toujours été premier de sa classe, de la sixième année primaire jusqu’à l’obtention de son diplôme. Pour soutenir sa requête, il fait même référence au père Raphaël de la Kethule.

 

Le patron de l’UTEXLÉO avait-il répondu favorablement aux embarras financiers du jeune congolais ? Thomas Kanza finit toutefois par s’envoler pour la Belgique où il  écrivit les nouvelles pages de sa vie et du Congo.

 

Samuel Malonga

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Norbert MBU-MPUTU 15/05/2017 17:08

IL FAUDRA ICI peut-être rechercher la main invisible des Pères de Scheut et notamment du Père de La Kethule, ami à la famille Kanza. Car, à l'époque, deux conceptions s'entrechoquaient parmi les prêtres catholiques : les JESUITES qui venaient d'aider à transformer l'école de Kisantu en Université de Lovanium, souhaitaient que les Congolais ne soient formés qu'au Congo, et les Scheutistes qui pensaient qu'il fallait aider les Congolais à se faire former en Belgique aussi... C'est ainsi que Mobutu fut envoyé en Belgique par Père Arthur DuVernay (du Centre et Hopital Bondeko), etc... Merci pour ces archives...

Angelilie 13/05/2017 15:26

toujours un plaisir de flâner sur vos pages. au plaisir de revenir. N"hésitez pas à visiter mon blog. lien sur pseudo

Messager 12/05/2017 20:26

Enfin , l’esprit de cette lettre qui date de 1952 démontre que Thomas Kanza fut un lumumbiste avant l’heure. On y retrouve l’état d’esprit de Patrice Lumumba dans son discours du 30 juin 1960.
N’oublions pas que Thomas Kanza fut l’unique personne à qui Lumumba avait montré le brouillon de son discours afin d’y apporter des corrections.

Messager

Messager 12/05/2017 18:15

Par ailleurs « vos efforts pour l’évolution de vos Chers congolais » insinue que puisque vous aimez tant l’évolution des congolais, donnez alors les moyens à l’un de leurs fils de parfaire ses études supérieures.
Messager

Messager 12/05/2017 17:51

Pedro et Samuel ,

En se plaçant dans le contexte historique, en 1952, « son cher pays » aux yeux de Thomas n’était autre que « Le Congo ». C’est ainsi qu’au début du même paragraphe, Kanza note ceci « …Vos efforts pour l’évolution de Vos Chers congolais seront tournés vers un jeune congolais soucieux de son développement intellectuel… ».
A travers ces propos, Thomas Kanza stigmatise implicitement le paternalisme belge à l’époque.
Notons que durant la colonisation, il y a eu trois Congo : Le Congo belge (Actulle RDC) ; Le Congo français (actuelle République du Congo/Brazza) ; et le Congo Portugais (l’actuel Cabinda faisant partie intégrante de l’Angola).

Messager.

Pedro 12/05/2017 12:01

Je me demande quel type de personne était ce Monsieur Moxhon pour que Thomas Kanza lui dise qu’il voulait continuer ses études « pour le bien de ses frères de race et de son cher pays », puisque, par implication, ce « cher pays » ne pouvait pas être la Belgique.

Samuel Malonga 12/05/2017 15:46

Kanza devait utiliser de jolis mots pour avoir l'argent dont il avait besoin pour ses études. Bien sûr que le "cher pays" dont il parle est le Congo.