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Publié par Samuel Malonga

Le gouvernement Kimba

 

L’histoire a retenu qu’Évariste Kimba dit Éva est le dernier Premier ministre de Kasa-Vubu. L’ancien ministre des Affaires Étrangères de l’État du Katanga est nommé dans des conditions rocambolesques. Mbuta Kasa a surpris tout le monde en renvoyant Moïse Tshombe.

 

Le 13 octobre 1965, lors de la séance solennelle d´ouverture de la session ordinaire du Parlement, Kasa-Vubu prononce son allocution de circonstance. Il prend une décision aux conséquences graves en mettant fin au mandat de Tshombe. Il ne tient pas compte de la majorité parlementaire dans les deux chambres obtenue par la CONACO lors des dernières élections. Il charge Évariste Kimba de former le gouvernement.

 

Deux jours après, celui-ci lui présente une équipe d’union nationale. Le 18 octobre, Kasa-Vubu signe l’ordonnance n° 397  qui porte sur la nomination de Kimba comme premier ministre puis l’ordonnance n° 398 qui nomme les ministres et les secrétaires d’État. Le 19 octobre, suite à sa défection, Jean-Baptiste Kibwe qui est resté fidèle à son parti et à Tshombe est remplacé par André Kapwasa. Le 14 novembre, le Parlement qui doit se prononcer sur l’investiture du gouvernement est réuni en Congrès national et vote majoritairement contre l’équipe Kimba. Le 15 novembre, Kasa-Vubu récidive et désigne à nouveau Kimba comme formateur. Le 24 novembre, l’armée profite de l’impasse politique pour prendre le pouvoir.

 

Composition du gouvernement Kimba (18.10.1965)

 

Ministres :

- Premier Ministre, Plan et Développement, Information et Tourisme : Évariste Kimba (Balubakat), Nord-Katanga

- Affaires étrangères et Commerce extérieur : Cléophas Kamitatu (PSA), Kwilu

- Intérieur : Victor Nendaka (Conaco), Uele

- Justice : Maximilien Liongo, Kongo Central

- Finances : Jean Litho (Pareco/Conaco), Ubangi

- Économie nationale et Classes moyennes : André-Guillaume Lubaya (UDA-Lubaya), Luluabourg

- Fonction publique : Emmanuel Bamba (Abako), Ville de Léopoldville

- Travaux publics : Albert Delvaux (Unité Kwango-Luka), Ville de Léopoldville

- Éducation nationale et Affaires culturelles : Jean-Marie Kititwa (Assco/Conaco), Kivu Central

- Terres, Mines et Énergie : André Kapwasa (Conakat), Katanga Oriental

- Transports et communications : Antoine Kiwewa (MNC-L), Ville de Léopoldville

- Postes et télécommunications : Aloïs Kabangi (MUB/Conaco), Lomami

- Travail : Athanase Ndjadi (MPS/Conaco), Sankuru

- Santé publique : Paul Matamba (Rapelu),  Sud-Kasaï

- Agriculture : Alphonse Zamundu, Kibali-Ituri

- Affaires sociales, Justice et Sports : Jacques Matabisi (Unilac/Radeco), Lac Léopold II

 

Secrétaires d’État :

- Plan et Développement industriel : Augustin Koy (Indépendant), Haut-Congo

- Information et Tourisme : Grégoire Kashale (Radeco), Luluabourg

- Affaires étrangères : Félicien Lukusa (Deco), Sud Kasaï

 

 

 

Samuel Malonga

 

 

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Ngimbi Kalumvueziko 04/04/2017 00:03

Les resultats des elections legislatives de 1965 suivant la mise en oeuvre de la Constitution de Luluabourg, avaient consacre la majorite parlementaire de Coalition dirigee par Tshombe et a laquelle appartenait aussi Evariste Kimba, membre de la CONACO. Pour affaiblir Tshombe qui exprimait ouvertement l'ambition de devenir President de la Republique et avait toutes les chances de remporter l'election presidentielle au suffrage universel prevue au debut de l'annee 1966, Kasavubu a nomme Kimba au poste de Premier Ministre. Il savait bien que celui-ci avait peu de chances de recevoir l'investiture de son gouvernement, mais esperait utiliser les trois tentatives prevues par la Constitution pour y parvenir. On avait ainsi vu que lorsque Kimba s'etait presente pour la deuxieme fois au Parlement, le nombre des voix positives avait augmnte et les pronostics du resultat final (troisieme et dernier passage) allaient en sa faveur. Que se serait-il passe si cela avait eu lieu? En definitive, il faut reconnaitre que le tout se faisait dans le respect de la Constitution. Kasavubu avait limoge Tshombe au motif que celui-ci avait accompli la mission assignee a son gouvernement, la pacification du pays et l'organisation des elections pour un nouveau regime republicain (1ere Republique). En outre, la Constitution disposait que le Premier Ministre devait etre nomme dans la majorite parlementaire, sans que celui-ci en fut necessairement le leader.

Messager 04/04/2017 16:32

Mobutu avait profité de cet imbroglio pour prendre le pouvoir longtemps convoité. Au début. Joseph kasa-Vubu avait cru que l'écartement de Tshombé était en sa faveur, avant de déchanter plus tard. Ce scénario nous rappelle ce qui se passe actuellement en RDC.
En effet, le coup d'état de Mobutu prouve que le pouvoir effectif en RDC revient à celui qui contrôle les services de sécurité et l'Armée. Si Kasa-Vubu était bien informé, il aurait fait arrêter Mobutu lors de sa conspiration au Camp Tshatshi avec les commandants de régiments militaires.
Cet article de Sam est d'une actualité brûlante. Celui qui dirigera la RDC à l'avenir sera celui qui saura soulever le peuple ou celui qui écartera Kabila par les armes. C'est tout. Seul J:P Bemba était disposé à prendre le pouvoir en 2006, grâce aux éléments armés à ses côtés, mais il lui avait manqué de stratégie à long terme.

Messager

Samuel Malonga 04/04/2017 09:55

Merci pour cet éclaircissement.