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Publié par PEDRO

 

La Critique Pratique 3: Le compositeur n’est pas toujours la première personne

 

Mabusele. Mais, c’est fantastique, Mabusele. Mabusele est une jeune fille qui a bougé Yolo. Elle était tellement belle que …Quand j’ai chanté Mabusele, je n’avais rien à faire avec elle. C’est mon ami, qui n’est personne d’autre que le célèbre chanteur Kabasele Tshamala, qui l’aimait bien et qui m’a dit : « Rochereau, chante un peu quelque chose pour cette fille ».

 

Donc, quand Rochereau chante « Ngai awa nakeyi e/ Nakeyi kasi nakanisi bolingo oyo ya ngai na yo ya tango yakala. », ce « ngai » n’est pas lui. Mais, quand Franco dit : « Likambo ngai Franco naboyaka/ mwasi apanza ngai sango ngai nalingaka ye/ nzoka na motema na ngai nayinaka ye », ce ngai, c’est lui. Par contre, quand le même Franco chante : « A ngai naluta tembe, nakomona pasi ya pamba o mawa, yakosalisa mobali o mawa, soki abimi akoyeba ngai te », on voit très bien que la première personne est une femme. Ce n’est pas le compositeur. Cela signifie aussi que, si la chanson avait été chantée pas une femme, la femme chanteuse ne serait nécessairement pas cette première personne qui dit « ngai ». Toutes les premières personnes dans les chansons chantées par Mpongo Love ou Mbilia Bel n’ont pas comme référents elles-mêmes. Mpongo e nazoki na motema/ pasi biso basi tomonaka/ soki mobali aboyi yo o soni o. C’est peut-être elle-même. A ngai Ndaya o/ Nayebi kombo ya mbanda te/ Po ya ngai Ndaya o/ Libala yango ya bombanda te a e. Pas nécessairement elle-même. Voilà pourquoi il y a une contradiction entre la personnalité de la femme qui chante dans Boya Ye et celle qui chante dans Eswi yo Wapi. Celle-ci est plus matérialiste que celle-là.

 

 

Il y a même des première personnes qui, au fond, sont impersonnelles. Comment savons-nous que la personne qui conjecture sur le jour de sa mort dans Mokolo Nakokufa n’est pas le compositeur ? Tantôt, c’est un buvard (moto ya kwiti), tantôt, c’est un richard (moto ya mbongo), tantôt, c’est une femme libre (mwasi ya ndumba). C’est-à-dire, au lieu de la première personne, le compositeur pourrait, s’il le voulait, dire : « mokolo okokufa, yo mwasi ya ndumba ». C’est ce que Les Bantous de la Capitale ont fait dans « Mokolo okobala ».

 

PEDRO

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Messager 24/04/2017 20:24

À l’époque, la RTNC employaient beaucoup d’animateurs ayant fait les « Lettres » et la « Philologie romane ». Ce sont eux qui effectuaient la « critique » de la chanson au sens scientifique du terme durant l’âge d’or de la musique congolaise, à l’instar de ce qui se fait par certains chroniqueurs dont PEDRO sur mbokamosika.

Messager

Samuel Malonga 24/04/2017 11:12

Le texte de Pedro me rappelle l'émission "Chanson aux cent visages" qu'animait je crois Lukezo lwa Nsi à la radio. Bravo!

Messager 22/04/2017 07:24

La chanson congolaise est honorée par un des meilleurs critiques littéraires du site : PEDRO

Messager

Messager 21/04/2017 18:43

Exceptionnelle analyse qualitative de la chanson congolaise qu’est en train de réaliser PEDRO. Ce travail rend notre site un espace archéologie de la chanson congolaise.
Bravo Pedro.

Messager