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Publié par Messager

La débauche de Samy Badibanga ressemble étrangement à celle d’Evariste Kimba en 1965.

   

La nomination de Samy Badibanga au poste du Premier ministre est commentée par tous les médias congolais. Après nos premières impressions réalisées à chaud, nous avons estimé nécessaire de revenir sur cette nomination qui ressemble étrangement à celle opérée en 1965 par le président Joseph Kasa-Vubu en désignant Evariste Kimba comme Premier ministre.

En effet, en 1965, Moïse Tshombe venait de regrouper plusieurs formations politiques au sein du CONACO et s’apprêtait à détrôner le président Kasa-Vubu. Pour le contrer, ce dernier avait préféré nommer un autre leader katangais, Evariste Kimba au poste du Premier ministre. Bien que ressortissant du Katanga , Evariste Kimba n’avait pas la carrure et le charisme de Moïse Tshombe, et n’avait occupé la Primature que de juillet à novembre 1965.

À deux reprises, le Parlement refusa d’investir Evariste Kimba comme Premier ministre. Avant la 3ème tentative, le général Mobutu dont les appétits pour le pouvoir s’étaient déjà manifestés en 1960, en profita pour réaliser enfin son rêve. Ce fut le coup d’état du 24 novembre 1965.

En misant sur Samy Badibanga, un dissident de l’UDPS et un kasaïen comme Etienne Tshisekedi , Joseph Kabila risque de reproduire ce qui s’était passé en 1965, dans la mesure où Badibanga n’a ni l'étoffe ni l'envergure d’Etienne Tshisekedi pour résoudre la grave crise politique actuelle en RDC.

Comme en 1965, cette  débauche risque d’échapper à celui qui l’a créée et profiter aux opportunistes, à moins que la population et la classe politique fassent preuve de prévoyance et de détermination sans faille .

Il convient somme toute de souligner qu'à chaque fois que se présente l'occasion de procéder à une transition démocratique en RDC, survient toujours un coup de force conduisant à une dictature. Kasa-Vubu aurait pu céder démocratiquement le pouvoir à Moïse Tshombe en 1965, mais Mobutu s'est interposé et nous avons connu 32 ans de dictature. Mobutu aurait pu à son tour céder démocratiquement le pouvoir à Tshisekedi à l'issue de la Conférence nationale en 1991, mais c'est l'AFDL qui s'est emparée du pouvoir par les armes, après une interminable transition, entraînant 20 ans de pouvoir totalitaire des Kabila. Si nous ratons encore cette transition, nous devrions nous attendre au pire.

Messager

 

 

EXTRAIT DE LA PROCLAMATION DU 24 NOVEMBRE 1965

 La course au pouvoir des politiciens risquant à nouveau de faire couler le sang congolais, les autorités supérieures de l'Armée réunies ce mercredi 24 novembre de 1965 autour de leur Commandant en Chef ont pris, en considération de ce qui précède, les graves décisions suivantes:

1.   Monsieur Joseph Kasa-Vubu est destitué de ses fonctions de Président de la République.

2. Monsieur Évariste Kimba, député national, est déchargé de ses fonctions de formateur du Gouvernement.

3.   Le Lieutenant général Joseph Désiré Mobutu assurera les prérogatives constitutionnelles du Chef de l'État.

 

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Djo- 28/11/2016 02:06

Comment empêcher l'histoire de se repéter continuellement puisque les congolais ne connaissent pas leur propre histoire?
Tant que notre histoire, l'histoire politique du congo ne se retrouvera gravée que dans la mémoire et les souvenirs de certains compatriotes et non sur des supports accessibles à tous, ce sera l'éternel recommencement.
Je salue au passage l'initiative louable du Messager, qui compte parmi ceux qui ont vite compris cela. Le congo de demain aura plus besoin de quelques bibliothèques réelles où il lira sa propre histoire plutôt que des milliers de "bibliothèques vivants" inaccessibles.
Une histoire non écrite ne vaut pas grand chose.

Messager 28/11/2016 09:44

Mon cher Djo,
L'histoire écrite c'est ce que nous réalisons sur le net à travers mbokamosika. Mais il nous faut de moyens pour éviter que tout ne disparaisse en un jour, comme la plus part de sites congolais. Nous en profitons pour lancer un dernier appel aux mécènes.
Messager

Samuel Malonga 19/11/2016 21:44

Les calculs politiciens des uns et des autres ne règleront pas la crise profonde qui secoue le pays.L'amnésie qui caractérise nos hommes politiques fait qu'ils oublient facilement voire même vite le passé, récent soit-il. Ils ne tirent pa les leçons de l'histoire. Or, la connaissance des faits passés peut aider à éviter certaines difficultés. Ils se comportent comme de grands enfants qui ne comprennent rien, 'arrivent pas à lire les signes du temps, ne savent pas prévoir, leur seul souci étant de jouer dans la cours de la politique politicienne. Si régner sans gloire dans une impopularité sans nom ne trouble pas leur conscience, c'est parce que le ridicule ne tue pas. Kabila est assis sur une chaise ejectable pardon électrique. Il finira un jour par se brûler les fesses à force de s'y asseoir. Les mêmes faits ne produisent-ils pas les mêmes conséquences?