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Publié par Samuel Malonga

Le cinquième pouvoir

Encore des victimes de la barbarie du pouvoir de Joseph Kabila

Références : http://www.mbokamosika.com/2016/09/des-pans-de-notre-histoire-a-travers-la-chanson.html , http://www.mbokamosika.com/2016/09/deux-chansons-patriotiques-pour-tous-les-mbokatiers-1.html

Il y a quelques jours, Messager avait publié deux articles intéressants sur le nationalisme des artistes congolais. La musique n’est pas seulement produite pour divertir ou pour égayer mais aussi pour éduquer, conseiller, réveiller les consciences endormies, éveiller la population, défendre des idées nobles, prendre part à la réalisation d’un idéal, véhiculer un message militant, moraliser la société, dénoncer la dictature et tous ses dérapages. Dans ce cas précis, l’art devient le cinquième pouvoir, celui qui sert de contre-pouvoir face à l’État incarné par ses pouvoirs exécutif, législatif, judiciaire décadents et ses médias corrompus. Ainsi, la nouvelle génération nous offre des artistes-militants qui malgré la censure et le danger, les persécutions et les menaces, les risques et les privations, écrivent, composent et chantent non pas l’amour ou le sexe, non pas l’érotisme ou la flatterie mais le patriotisme. Cette caste rare exploite un thème inhabituel alors que l’art a perdu son âme en devenant la caisse de résonnance du pouvoir. Qui sont ces artistes à la fois activistes et nationalistes qui bravent l’interdit? Que disent-ils dans leurs chansons? En ce moment crucial où Kinshasa pleure ses fils tombés sous les balles de la garde présidentielle, Mbokamosika se devait de parler de ces auteurs-compositeurs qui posent des actes militants au nom du peuple. 

 

LA RÉVOLUTION, C’EST MAINTENANT

A Kinshasa, Radek Suprême livre la bataille la plus noble de sa vie. Le combattant de l’intérieur lutte contre le totalitarisme sans kalachnikov. Il détient une arme redoutable qu’il manie à sa guise: la musique. L’homme dérange car il retourne la musique contre les oppresseurs de son peuple. Il ne se décourage pas et continue le combat malgré les arrestation, l’emprisonnement ou les brimades. A ses collègues qui endorment le peuple par des chansons bourrées d’insanités ou qui encensent la dictature, Radek oppose la conscientisation des masses populaires endormies par les mensonges qui polluent leur quotidien et la peur entretenue par le pouvoir. Le titre de sa chanson en dit long. Suprême fait usage de sa grande gueule pour dénoncer avec virulence l’attitude des kulunas en cravate qui profitent de la misère du peuple pour s’enrichir et crache sur les politicailleurs de la IIIe République. Les Congolais sont invités à se lever comme un seul homme pour faire la révolution contre l’ordre immoral établi.

 

MR LE PRÉSIDENT, IL EST TEMPS DE VOUS EN ALLER

Bien avant les événements qui secouent actuellement le pays et surtout la capitale,  Suprême avait pris soin de rappeler à Kabila, qu’il était souhaitable qu’il ne se représente pas, que l’heure était venue pour lui de s’en aller. Radek qui rap sur la réalité de son peuple a mis son art au service de celui-ci pour parler en des termes clairs et lumineux au président sortant. Nationaliste engagé, l’artiste s’en est même pris au chef d’État rwandais dans la chanson "K-game". Ingeta, il y a bien longtemps que pareils propos avaient été tenus contre un pouvoir dictatorial dans un pays africain où règne tout, sauf la démocratie, le respect des droits de l’homme, de la Constitution et de la parole donnée.

 

SASSOUFFIT

De l’autre côté du fleuve, les mêmes problèmes sous-tendent le même combat.  L’Afrique en proie à la carrière politique illimitée des tenants du pouvoir ne peut laisser les nationalistes indifférents. A Brazzaville, l’artiste Roga-Roga a fait un virage à 180°. Pendant la campagne électorale, il a osé dire ses vérités au locataire du palais de Mpila. Le patron de l’orchestre Extra Musica s’adresse directement à DSN, parle de son départ et des problèmes qui secouent le Congo-Brazzaville, lesquels sont causés par la désastreuse politique menée par le chef de l’État pendant trois décennies. Le titre de sa chanson est éloquent. C’est une expression qui signifie " ça suffit ". Mais colée à la peau de Sassou-Nguesso, elle devient "Sassoufit ". Après avoir caressé pendant longtemps le pouvoir dans le sens du poil, le sulfureux Luambo Makiadi brazzavillois prend subitement ses distances en se rangeant du côté du peuple. Voici une réponse à Koffi Olomide et JB Mpiana qui, eux avaient demandé à voter Sassou.

 

 

Dans tous les temps, un certain art ou une certaine musique ira au front pour marquer son opposition aux nouveaux colons qui font souffrir leurs propres frères. La politique pour la politique qui mène nos pays à la ruine trouvera toujours sur son chemin des artistes consciencieux qui rappelleront aux despotes que le pouvoir appartient au peuple souverain, qui porte la destinée du pays entre ses mains. Les actes militants posés au nom du peuple par des artistes engagés transformeront dès lors la musique en cinquième pouvoir.

 

Samuel Malonga

 

 

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