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Publié par Pedro

Amour, passion et la dimension temporelle

Nous savons qu’un poème a le droit de dire le contraire de ce qui est logique. Quand Rochereau dit « Na mikolo mibale okoteli ngai na motema nazali kokamwa », qu’est-ce qui est étonnant ? N’est-ce pas normal qu’on tombe amoureux dans un très bref délai ? Ce serait plutôt étonnant qu’on en soit encore là après neuf mois – qu’on n’ait pas encore rencontré une autre personne par qui on est foudroyé avec à peu près la même intensité.

 

Selon Pépé Ndombe, le jour où il a intégré l’African Fiesta National, on lui a demandé de chanter une chanson de Rochereau, et il a choisi exactement: « Michelina, mokili ezali nde monene … ». Et puisque le lyrisme est contagieux, ça ne m’étonne pas du tout que dans une de ses premières compositions les plus célèbres il dise : « Nakamwe mingi na motindo tolingani mikolo misato pamba oyo tokutani ».  Non seulement il s’étonne, mais il va plus loin. Il dit que c’est l’amour – un amour réciproque. C’est à cette époque que notre maître en cinquième année primaire nous explique la différence entre amour et passion – une différence qui s’accroche à deux dimensions : l’intensité et la durée. La passion (comme tomber amoureux) est très intense, vient soudainement et « ne dure que l’espace d’un matin ». L’amour est tempéré, vient avec le temps et se veut durable (comme le développement).

 

Et les Bantous de la Capitale ont chanté la chanson Even qui dit : « Connaissance se ya tango moke mama-fioti oyesi ngai liboma lokola nakufa ». Qui encore a dans la tête une chanson qui glorifie ce qu’on sent pour une personne qu’on n’a rencontrée qu’en très peu de temps?

 

Pedro..

 

 

N.B. Nous informons tous nos amis que notre ordinateur de travail est en panne depuis une semaine. Comme sa garantie a expiré il y a un mois, nous nous efforçons d’en acquérir un neuf. En attendant, les mises en page des articles  sont devenues laborieuses et nous nous débrouillons pour maintenir le site en fonction.

Messager

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Blondé 16/08/2016 11:08

Mais ce n'est pas mal ce que je viens de lire. Et puis pour moi conjugaison ou pas, parlant de vers on fait appel à la sensibilité et donc chacun comprend ou sent la chose selon son état émotionnel. Donc merci et surtout du courage.

Pedro 13/08/2016 17:32

Cher Blondè,
La plupart du temps j’évite de traduire des vers par … stratégie d’évitement. Cette expression si laide a été calquée de l’anglais « avoidance strategy » où elle est très élégante. C’est-à-dire, je pense que, quoi que je fasse, quelqu’un dira que ce n’est pas bien traduit, et il aura raison. Je vais essayer de traduire une des séquences que j’ai transcrites, et je t’assure que, si tu demandes à quelqu’un d’autre, qui que ce soit, qui comprend lingala, il vous dira que ce n’est pas exactement ce que le vers dit. La séquence « Nakamwe mingi na motindo tolingani mikolo misato pamba oyo tokutani » de la chanson Hortense de Pépé Ndombe et l’African Fiesta National : «Je suis très étonné par l’intensité avec laquelle nous nous aimons alors que nous ne nous sommes côtoyés que pendant trois jours ». La séquence « motindo tolingani » pourrait se rendre par « la façon dont nous nous sommes aimés », mais ça pose un problème puisque le passé composé peut signifier qu’avec la séparation ils ne s’aiment plus. Je doute que le compositeur eût voulu transmettre cette idée-là. Puis, j’emploie le verbe « se côtoyer » parce que je ne veux pas dire « nous nous sommes rencontrés » qui est la traduction littérale de « tokutani ». Se rencontrer n’est pas exactement se fréquenter, parce qu’en lingala le verbe « kokutana » peut ne pas avoir le sens de répétition : on se voit et on se revoit.

Blondé 13/08/2016 14:08

Pour nous qui ne pouvons pas lire la langue dans laquelle notre ami Pedro a écrit son message, nous restons pensif quant à ce qu'il exprime véritablement dans les paroles des chansons qu'il présente. Pour la question de la fin, je pense ne pas me tromper en disant que Théo Blaise Kounkou a chanté "Nadia" un amour qu'il a rencontré au très brièvement et qui a disparu.
Quant à la situation de Messager, je l'encourage et lui dit que tout chemin qu'un humain emprunte est parsemé de beaucoup d’embûches. Qu'il persévère. En tout cas moi j'attendrai le temps qu'il faut.