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Publié par Messager

Une question politico-culturelle à nos amis angolais.

Nous avons beaucoup d’érudits angolais parmi les mbokatiers. Nous pensons notamment à nos amis: Pedro, Lused, Papa Kinalo, Sebastiano Kupessa Ngombo, Nsingi Mabwassa, etc, etc. C’est à eux que nous adressons cette question.

Depuis le pays, nous avions appris de bouche à l’oreille que l’une des raisons qui avaient poussé les angolais à se réfugier au Congo durant l’époque coloniale, était le fait qu’ils avaient refusé de céderr leurs filles aux colonialistes portugais dont l’objectif consistait à métisser davantage la population angolaise en vue de prévenir toute velléité nationaliste.

Si nous nous référons à l’histoire de l’indépendance angolaise, nous constatons que la lutte de libération a été déclenchée en exil du côté de ceux qui avaient préservé leur identité culturelle. Quel rapport pourriez-vous établir entre la sauvegarde de l’identité culturelle et l’indépendance angolaise.

En attendant, écoutons une oeuvre de Manuel D'Oliveira, interprétée par l'OK-Jazz.

 

 

Messager 

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Messager 01/07/2016 14:44

Merci beaucoup à Nsingi Mabwassa pour cette page de l'histoire de la lutte de libération angolaise qui nous échappait.

Messager

Nsingi Mabuassa 01/07/2016 12:43

Non c´est non, comme le disait le feu Marechal Mobutu.Notre lutte de libération a commencé depuis le Royaume Kongo au XVème siècle.On se souvient encore la bataille de Mbianda Ngunga vers les années 1918 sans oublier la bataille d´Ambuila.
On ne parlait pas encore des réfugiés angolais au Congo.Nos traditions culturelles étaient bel et bien conservées même pendant l´époque coloniale de triste mémoire.Regardez seulement nos noms de famille.Au contraire, les portugais ont lusophonisés les prénoms kongo tels que Ndontoni comme António,Ndompetelo en Pedro, Ndofunsu comme Dom Afonso etc..
Le mieux connu de tous c´est Nzadi, devenu Zaire.Donc, le déclenchement de la lutte de libération a bien commencé avec le mouvement méssianique au Kongo avec Simon Kimpangu et en Angola avec Simão Gonçalves Toko.C´était vers les années 50.
Ensuite, la révolte du 4 Février 1961 pour des meilleures conditions de travail revendiquées par les colonisés indigènes, suivi du 15 Mars de la même années avec le FNLA/UPA.Tout ceci se passait à l´intérieur de l´Angola avec des armes rudimentaires devant le géant Portugal alors membre de l´OTAN.
Le Congo-Kinshasa et le Congo-Brazzaville, pays indépendants en 1960, avaient établi un pacte pour venir en aide au Congo portugais, constituant ainsi comme le tremplin de la lutte d´indépendance de l´Angola sans oublier la Zambie.
Dans un livre écrit par un ancien ministre de la defense Iko Carreira, on préconisait la création d´une nation à la brésilienne c´est á dire laisser le pouvoir aux populations non indigènes du pays, l´Angola étant à l´époque une colonie de peuplement au contraire des français, anglais, belges, espagnols et allemands.
Aujourd´hui encore, qui suit de près la politique angolaise peut le constater sur le terrain.La main mise des portugais est visible dans tous les secteurs stratégiques du pays, en dépit des mesures cosmétiques qui s´opèrent en Angola.

Messager 18/06/2016 18:01

En attendant les réactions des autres amis angolais ou africains, je trouve la réponse de Pedro bien argumentée.
L’attitude des métis angolais vis-à-vis des colonialistes portugais peut être compris comme étant un sentiment de justice de tout enfant à l’égard d’un parent défavorisé ou opprimé. Je l’avais remarqué en Afrique du Sud où les métis de l’ANC furent les plus agressifs à l’égard du régime blanc.

Messager

Pedro 18/06/2016 13:06

Je n’avais jamais entendu quelqu’un évoquer cette raison. J’ai contacté ma sœur aînée à Luanda et elle non plus n’avait jamais entendu cette interprétation de notre prédilection envers le Congo Belge. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas impossible qu’il y ait des cas où l’une des raisons est celle-ci. Même dans ces cas, néanmoins, d’autres raisons prendraient toujours le dessus au point d’offusquer celle-là. Il faut remarquer que la plupart des angolais se sont installés à Mpumbu (Léopoldville), un milieu urbain avec une ville des blancs et une cité des noirs très développée. Il ne fallait même pas songer à aller s’installer dans la ville de Carmona (Uige) quand on ne voulait pas vivre à la campagne. On y serait recruté pour aller travailler dans les champs de café et recevoir un salaire en poisson salé et vin rouge. São Salvador (Mbanza Kongo) n’était pas une ville proprement dite. De mon village à Léopoldville, on marchait. C’est plus proche qu’aller à Uige.

Si les portugais avaient un plan de métissage qui leur permettrait de rester en Angola en tant que territoire portugais d’outre-mer, ce serait très myope de leur part. Tous ces cadres du MPLA qui étaient des métis n’étaient pas acquis à l’appartenance de leur côté paternel. La plupart d’entre eux ont le portugais comme langue maternelle, évidemment, et n’ont aucune idée d’appartenance à aucun groupe ethnique. Ça, c’était un des plans d’un gouverneur général du nom de Norton de Matos en 1921. Le résultat est que nos métis ont un sentiment nationaliste aigu et considèrent que nous sommes moins angolais pour appartenir au groupe ethnique plus qu’au pays en général.

Un ancien ministre des affaires étrangères des années juste après l’indépendance, Paulo Jorge (décédé assez récemment) ne cessait de dire chaque fois qu’il en avait la chance, que sa grand-mère maternelle était noire, sa mère « mulata de 50% » et lui était donc « cabrito » (un métis de 75%). Pourquoi ? Une raison est que quiconque ne le savait pas dirait qu’il était blanc. Et pourtant, à la bonne manière angolaise, tout le monde disait qu’il était de Benguela. Personne ne demande si sa grand-mère était umbundu, kimbundu ou quoi que ce soit. D’ailleurs elle aurait pu être une Cap-Verdienne de teint sombre. Les portugais ont mis en œuvre cette politique d’échange entre les sujets des diverses colonies. Les bissau-guinéens, les san-toméens nés en Angola au début du XXème siècle ; les angolais déportés à l’île de Saint Thomas (São Tomé), y compris l’oncle de Sam Mangwana honoré dans la chanson Tio António ; tous ces mélanges urbains font que même les noirs détribalisés que nous avons seraient un programme plus efficace qu’un projet de métissage.

Les quelques métis que les commerçants portugais des villages ont parsemés à la campagne appartiennent à la communauté, à la tribu, au clan maternel et parlent la langue locale. Les commerçants en principe ne les prendraient même pas pour rester chez eux. Je connais une métisse à Lubango qui est célèbre pour avoir rendu la vie difficile à son père portugais en 1974, au moment où les blancs quittaient le territoire par bateau. C’est elle, dit-on, qui a fait en sorte que son père parte bredouille.