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Publié par Messager

Quatre tubes de Bowane, Bukasa, et Liengo, envoyés par Zok Roger de Kinshasa pour le 9ème anniversaire de mbokamosika.

BOWANE

Après avoir diffusé les merveilles de l’époque de Wendo , nous avons réceptionné hier de la part de Zok Roger de Kin, quatre tubes de Bowane, Bukasa ,et Liengo, pour fêter le 9ème anniversaire de notre site.  Parmi ces œuvres des années ‘50, deux signées Bowane, avaient été réalisées aux éditions Esengo, avec l’accompagnement du trio BEROS ; celle de Léon Bukasa avait été réalisée avec le groupe rythmique Ngoma ; et "Bakule Bakule" de Honoré Liengo avait été interprétée par l’orchestre Rock-A-Mambo , aux éditions Esengo.

Sur l’ensemble de ces 4 chansons, trois sont connues, du moins en ce qui nous concerne, une seule : « Bowane akeyi Luanda », nous est totalement inconnue et nous la diffusons en primeur sur mbokamosika. Néanmoins, son rythme et sa cadence nous rappellent plusieurs œuvres qui s’en étaient certainement inspirées, sans la citer, comme de coutume dans la musique congolaise.

Par ailleurs, Bowane révèle dans " Bowane akeyi Luanda" que lors de son voyage à Luanda, durant l’occupation portugaise, les bruits selon lesquels Bowane y aurait été appréhendé puis emprisonné avaient couru à Kinshasa. Une rumeur qui avait réjoui ses concurrents restés au Congo Belge. Cette page de l’histoire de la musique congolaise mérite d’être exploitée et éclairée aux mbokatiers par nos amis papa Kinalo , Sebastiano Kupessa, Pedro, Lused, et Nsingi Mabwassa à travers les archives coloniales portugaises. Les artistes musiciens africains étaient-ils bannis en Angola par les colons portugais ?

En attendant les réponses à ces interrogations, nous poursuivons la liste de personnes oubliées sur la liste de ceux qui ont déjà envoyé des chansons au site, il s’agit de : King, AMM59, Joseph Pululu, Crispin Régis Lukoki,José Mvemba Dio-Dio, Anto Nickel, Bernard Manseka, Goya Nabu, Guy Mokulu, Jean-Paul Bodibo, Delman, Fred, Manwana, Clément 1950, Michel Kinzonzi, Monique, feu Rachid King, Salim, Pépé Massaka, et Seba Kupessa.  Une fois de plus nous excusons si quelques noms ont par mégarde été omis.

 

Messager

 

 

BON ANNIVERSAIRE "MBOKAMOSIKA"
De la part de ZOK ROGER à KINSHASA.

 

.

 

 

 

 

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Messager 01/07/2016 15:49

Pedro,

En réécoutant bien la chanson Bowane akeyi Luanda, j'ai fini par réajuster le texte, en soulignant qu'il s'agissait d'une rumeur. Balobi bakangi ye na Luanda. Songi songi ebandi lelo te.

Messager

Pedro 01/07/2016 10:43

L’autre hypothèse, chers mbokatiers, est que Bowane n’a jamais été arrêté. Puisqu’il est resté trop longtemps à Luanda et que la communication n’était pas facile, la rumeur était inévitable qu’il aurait été arrêté. Je ne suis pas très sûr de ce que la chanson dit, mais il y a une reprise de Sam Mangwana qui commence :

Ayaya ayaya ayaya dit e
Mbala moko ya mibale attention
Soki ekomi ya misato préavis
Oyo ya mine ngai na yo licenciés o mama
Mama mama
Okeyi e mama

Dans cette chanson, si Sam Mangwana n’a pas changé le texte, on entend bien que la chanson dit : « Nakeyi Luanda BALOBI nakoti boloko e mawa ». Ce « balobi » pourrait signifier une rumeur. Voilà pourquoi, à son retour, il dit que « batikali na soni », puisque, chaque fois qu’il y a une rumeur, l’objet de la rumeur croit que les auteurs de cette rumeur souhaiteraient qu’il fût effectivement arrêté.

Pedro 01/07/2016 10:14

A mon sens, les éléments de réponse que Samuel Malonga apporte sont déjà plus que suffisants : le fait que Bowane s’est fait accompagner de son orchestre; qu’il est resté à Luanda pendant des mois et des mois ; que Franco faisait partie de son groupe et qu’il n’a pas pu faire ce voyage. Puisqu’on ne peut pas tout savoir tout de suite, l’année, l’itinéraire et le motif de son arrestation nous seront révélés un jour. Il y a d’autres questions. Avait-il un visa de travail d’une année ? L’orchestre s’est-il produit dans les musseques ou dans des milieux mixtes avec les blancs ? Combien de temps est-il resté en prison ? Comment est-ce que le reste de l’orchestre est rentré à Léopoldville ?

La seconde moitié de la décennie 50, c’est l’époque où l’orchestre angolais Ngola Ritmos était très célèbre (écoutez ou réécoutez la chanson Muxima de cet orchestre sur http://www.mbokamosika.com/article-l-anthologie-de-la-musique-angolaise-1-97213686.html). Les composants de cet orchestre étaient aussi surveillés par le pouvoir colonial. Un d’eux, Liceu Vieira Dias, était ami personnel d’António Agostinho Neto. Dans un de ses poèmes intitulé “O içar da bandeira” (Le hissage du drapeau), Agostinho Neto dit:

Também tu, amigo Liceu,
(…)
Tinhas desaparecido

(Toi aussi, mon ami Liceu, tu es disparu)

Dans ce poème, Agostinho Neto parle d’un temps où il est rentré à Luanda venant du Portugal et les choses avaient beaucoup changé et beaucoup de ses amis avaient quitté la ville pour se rendre en exil. Et les composants de l’orchestre Ngola Ritmos étaient parmi ces exilés.

OSSINONDE 30/06/2016 00:10

TROS BEROS (BOWANE -ESSOUS -ROSSIGNOL)

OSSINONDE 29/06/2016 23:51

Grand merci cher ROGER ZOK particulièrement pour les 2 titres du Trio Beros devenus rares a trouver. Le TRIO BEROS (BOWANE - ROSSIGNOL -ESSOUS ) est la formation qui a commencé les premiers enregistrements aux éditions Esengo début 1957 avant la création du Rock-A-Mambo au cours de la même année

Samuel Malonga 29/06/2016 20:35

Il est bien difficile avec le recul de répondre à cette question. D'abord pour l'année. Certains écrits affirment qu' Henri Bowane est allé à Luanda en 1955 tandis que les autres dont Manda Tchebwa avancent l'année 1956. Comment est-il entré en Angola? La question reste posée. Mais dans son livre, Terre de la chanson, Manda confirme que le guitariste s'est fait accompagné de ses musiciens parmi lesquels les danseuses Kapinga et Caroline Yase. Bowane y est resté au moins une année. Il est considéré come étant le premier artiste congolais à se produire à l'étranger. Luambo dont il était le mentor n'a pas fait le voyage de Luanda. Resté à Kinshasa et amer, il va fonder quelques mois plus tard l'orchestre OK Jazz en juin 1956.

Samuel Malonga 29/06/2016 17:06

Ces chansons me rappellent mama Angebi et mama Kanzako dans leur émission "Tango ya ba Wendo". Les hits des années 50 et avant étaient valorisés et nous renvoyaient dans nos jeunes années du Congo Belge. Que du bonheur de les réécouter. Merci à Roger Zok.

Pedro 29/06/2016 16:54

Je serais très ravi d’entendre qu’il y a des informations quelque part à Luanda sur un incident comme ça, alors que, chaque fois qu’il y a un contentieux en Angola entre deux entités (par exemple, si quelqu’un doute de la participation de quelqu’un d’autre dans les cellules clandestines de la guerre de libération ou si quelqu’un est accusé d’avoir collaboré avec la PIDE (police internationale de défense de l’Etat) qui était la police secrète portugaise, il faut aller à Lisbonne pour consulter les archives de la Torre do Tombo. Il y a en effet des questions qu’on peut se poser : combien de personnes indigènes ont voyagé de Léopoldville à Luanda avec un passeport du Congo Belge et quel a été leur itinéraire ? Matadi-Santo António do Zaire-São Salvador do Congo-Luanda ? Léopoldville-Bruxelles-(Lisbonne)-Luanda? Bowane est-il allé seul ou avec d’autres artistes? Qu’est-ce qu’il a dit à la frontière qu’il allait faire à Luanda ? A-t-il été l’invité d’un artiste local ? D’un promoteur ? Voyons si Papa Kinalo peut mettre la main sur ces données à la bibliothèque de la Rádio Nacional de Angola.