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Publié par Messager

 

Hommage à papa Ngoma, des éditions « Super Contact » .

Durant l’époque coloniale, la musique congolaise a eu comme principaux producteurs et mécènes : les expatriés Juifs, Grecs, Oeust-africains, et quelques rares maisons locales. Après l’indépendance, particulièrement entre les années ’60 et ’70, la production de la musique congolaise a été assumée par les éditeurs congolais et résidents africains au Congo Kinshasa et Brazzaville dont les noms se trouvent dans nos articles antérieurs sur mbokamosika.

Parmi ces producteurs, nous pouvons citer  papa Ngoma, propriétaire d’un somptueux bar dancing, d’une alimentation, et surtout des éditions musicales « Super Contact » à Matete, avec un grand rayonnement national,voire africain.

Pour l’immortaliser, nous n’avons retrouvé ni sa photo, ni celle de son complexe, dans lequel était installées les éditions « Super-Contact ». Néanmoins, nous avons déniché une chanson et une pochette lui rendant hommage. Il s’agit d’une œuvre de Céli Bitshou  intitulée :"Tembe na Temba ya nini ?". éditée par les éditions Ngoma en 1978.

 

 

 

 

Messager

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Pedro 30/03/2016 12:43

Maintenant je comprends pourquoi j'avais de la peine à comprendre. L'explication que Messager vient de donner fait l'impression de beaucoup d'ordre et d'organisation dans les choses, et moi je ne suis pas habitué à croire que cet ordre existe.

Messager 30/03/2016 10:13

Pedro,
En sus de mon premier commentaire, je signale qu’il existe des œuvres de certains orchestres, Zaïko y compris qui n’ont jamais été éditées jusqu’à ce jour. Les connaisseurs me l’ont fait remarquer sur ce site.
Par ailleurs, il est arrivé que les musiciens congolais (nouvelle génération) aient manqué de producteurs. Ils confiaient des bandes aux producteurs auprès desquels ils percevaient des sommes d’argent, avant de reproduire clandestinement les mêmes chansons pour les revendre au rabais. Et les producteurs se retrouvaient avec de tas d’œuvres invendues.

Messager

Messager 30/03/2016 09:27

Pedro,
J’ai pris connaissance de vos questions autour des labels dans la musique congolaise. Bien que les réponses se trouvent dans certains articles antérieurs, je vais essayer d’y répondre d’une manière simplifiée.
Je dirais d’amblée qu’une œuvre musicale est un produit commercial. Pour le vendre il faut l’identifier, c’est-à-dire l’étiqueter en vue de le commercialiser. L’étiquette ressemble à un label identifiant l’œuvre musicale et le producteur qui le commercialise. Nous savons à cet égard que derrière chaque œuvre, chaque artiste, se cache un producteur. C’est lui qui investit de l’argent pour l’enregistrement et la commercialisation d’une œuvre musicale, avec le risque de gagner ou de perdre son argent. Voilà pourquoi il y a autant de labels qu’il y a de producteurs.
Si à l’époque coloniale, il n’y avait que quelques labels : Ngoma, Loningisa, Opika, Esengo, gérés par des commerçants confirmés, la production après l’indépendance est devenue problématique, réalisée parfois par des commerçants peu crédibles. D’où la naissance des abus et des scissions des orchestres.
Il est arrivé qu’il y ait eu plusieurs labels pour une formation musicale selon les intérêts des musiciens. Un musicien avisé pouvait décider à quel producteur il confiait son œuvre. Surboum, CFA, Vita, Edition populaire, Boma bango, Fash, Vévé, Viclong, , Londende, Sakumuna, Parions, Molende Kwi kwi, Bibi….sont des labels, donc des marques utilisées par les différents producteurs pour commercialiser les chansons. Souvent, les hommes politiques faisaient une concurrence déloyale aux vrais commerçants en s’abritant derrière certains labels.

Au début des années ’60, l’OK-jazz avait voyagé en Europe pour enregistrer pour le compte de Surboum, édité par son concurrent Joseph Kabasele. Il s’agissait là d’une affaire commerciale entre Kallé et Franco. Les éditions Vévé sont nées en 1967 suite à l’édition d’une manière clandestine par Verckys de quelques chansons de l’OK-Jazz, parmi lesquelles Okokoma mo kristo de Lutumba Simaro. Un geste qui lui a valu la suspension et le renvoi de l’OK-Jazz.
Lorsque l’African Fiesta est né, c’est Roger Izeidi qui en était la tête, dans la mesure où il était branché sur la production (Vita) Notre aîné Faugus en parle dans son livre sur les coulisses de la musique congolaise.

Messager

Pedro 29/03/2016 18:16

Je ne sais pas combien d’entre nous savent au clair ce que c’est qu’un label. J’ai essayé de relire l’article de Samuel Malonga à http://www.mbokamosika.com/article-les-labels-congolais-du-disque-117202096.html et je vois que Serge avait posé la même question. Pour faciliter les choses, je veux poser des questions spécifiques :

1. Qu’est-ce que ça signifie que l’OK Jazz ait sorti des chansons aux Editions Epanza Makita, aux Editions Populaires et aux Editions Boma Bango ? Trois labels pour un seul orchestre, c’est quoi ? Je comprends qu’il y ait un label pour l’OK Jazz lui-même et d’autres labels pour les autres orchestres que l’OK Jazz a soutenus, mais quelle est la différence ?
2. Qu’est-ce que ça signifie que l’orchestre Vevé ait sorti des chansons aux Editions Vevé et puis il y avait les Editions Sakumuna et Fuka Fuka pour les autres orchestres que Kiamuangana a soutenus, si, à la fin, on nous dit que personne d’autre n’a réellement profité des droits d’auteurs ? En même temps, il y a des chansons d’autres orchestres qui sont sorties sous le label Vevé. Pourquoi donc avait-on besoin d’autres labels ?
3. Comment se fait-il que les labels de l’écurie Fiesta aient été confondus avec les noms des orchestres et que ce phénomène ne se soit limité qu’à Fiesta ? On dit souvent African Fiesta Vita, au lieu d’African Fiesta aux Editions Vita. Si le nom de l’orchestre a été African Fiesta Vita, je comprends. Mais si le nom a été African Fiesta tout court et les Editions Vita, pourquoi insiste-t-on sur le suffixe Vita, comme si l’African Fiesta avait un autre label à la même époque ou à une autre époque ?
4. A la page 437 de l’article de Tshonga Onyumbe, dans Annales Aequatoria (1997), vol 18, 435-469 (et il s’agit ici d’une publication scientifique), l’auteur considère que l’aile Tabu de la mitose de l'African Fiesta s’est d’abord dénommée African Fiesta Flash (au moment de la scission en janvier 1966), puis African Fiesta le Peuple, puis African Fiesta National, avant de devenir l’Afrisa International après l’Olympia. Est-il correct de dire que l’orchestre s’est appelé African Fiesta Flash ? Dans d’autres textes, il semble que le nom a toujours été African Fiesta National et que Flash a été un label. Dans d’autres encore, il semble qu’il s’appelait African Fiesta National le Peuple. Quelle a été la vraie appellation ? Combien d’appellations y a-t-il eu avant de passer à Afrisa International ?
5. Enfin, une question qui n’a rien à faire avec les labels. Quand un orchestre change de nom, est-ce le même orchestre ou un autre ? Par exemple, quand l’African Fiesta National (le Peuple ?) devient l’Afrisa International, tous les musiciens de l’African Fiesta National (le Peuple ?) avaient quitté pour aller former l’Afrizam (je crois). Puis, bien que Mavatiku soit rentré, il est passé d’accompagnateur à soliste, et ce fait même peut signifier qu’il s’agit d’un autre orchestre, étant donné l’importance capitale d’un soliste pour donner une certaine identité aux chansons d’un orchestre. N’est-ce pas que Tabu Ley a constitué un tout autre orchestre ? Changement de nom ou formation d'un autre orchestre? Dans quelle mesure, peut-on dire, l’African Fiesta Sukisa a-t-il survécu un peu à la formation de l’African Soul (qui était constitué de tous les éléments de l’African Fiesta Sukisa sans Nico, Déchaud et Bovic seulement)?

La réponse à une seule des questions ci-dessus, ou à une petite partie d’une des questions, m’amènera à au autre niveau dans la connaissance de ce qu’est un label. Et quand je me rappelle que les chansons de l’orchestre Los Angel étaient à une certaine époque sorties aux Editions Bazengomona, je comprendrai qu’il ne s’agit pas seulement d’un nom amusant qui rappelle Ngai Robin Mawa.