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Publié par Pedro

Chanson sans refrain ou chanson à refrains multiples ?

Voici le texte d’une chanson composée par Verckys dans l’OK Jazz. Je ne sais pas si c’est lui qui l’a signée, mais c’est lui-même qui l’a dit au cours de cette interview qu’il avait accordée à une station radiophonique belge. A mon avis, on peut considérer ce texte comme n’ayant que des couplets, sans refrain.

 

Naboyi nde kosamba (x3) epayi ya bazuzi

Po nga nalingaka yo mingi o

Yo moko oyebi po nini

 

Naboyi nde bayeba (x3) epayi na bino

Po yo olingaka ngai mingi o

Noki bakoyeba mobali yango

 

Nalingi nde B'indiff (x3) epayi na ngai bandeko

Po ngai nasekisaka yo mingi o

Noki bakoyeba l’amour na nga

 

Kotéléphonez te o(x3) noki bakoyeba

Po ngai nabimaka nde mingi o

Noki bakotuna ngai na (…)

 

Nalingi nde obota (x3) na mobali na yo

(…) Bana na ngai bakamataka ngai mingi

Noki bakoyeba mwana ya nga

 

Nalingi nde obomba (x3) na mobali na yo

Po tomeseni mingi o motema

Noki akobela maladie ya souci

 

Nalingi tofingana (x3) lokola moto nyonso

Po nalingi bayeba (…) te

Noki bakofunda na type na yo

 

Nalingi nde tokima (x3) ata na Brazzaville

Soki pe bayoki bakamwa

Noki bakosala biso ba-enquêtes.

 

 

Définir « refrain » n’est pas facile. Même établir une différence entre couplet et refrain n’est pas facile. D’ailleurs une des définitions de « refrain » que j’ai vue sur la toile dit qu’un refrain est un couplet répétitif. Or, tous les couplets non-refrains que nous connaissons sont aussi répétés la plupart du temps. Et il y a des refrains qui ne sont chantés qu’une fois (quoi que je n’aie aucun exemple dans la tête en ce moment). C’est donc dire que notre débat sur couplets et refrains est appuyé par une distinction intuitive. Je vais vous dire comment je distingue couplet et refrain quand on me demande de les caractériser. Je demande aux gens s’ils connaissent les chansons Madó (de Vox Africa) et BB 69. Les couplets de ces chansons sont en lingala; les refrains en kiswahili.

 

Revenons  à la structure de « Kotéléphonez te ». Si c’est une chanson sans refrain, nous voyons qu’elle contient huit couplets. Mais il est possible de la considérer comme une chanson à refrains multiples où chaque couplet a son refrain. Tous les couplets ont la même structure, que je vais schématiser comme suit :

 

Premier vers :     x en solo

Deuxième vers :  x en chœur

Troisième vers :  x en chœur + 1

 

Où, dans la première strophe, x = naboyi nde kosamba, et 1 = epayi ya bazuzi ; et dans la dernière strophe, x = nalingi nde tokima, et 1 = ata na Brazzaville.

 

Et le refrain de chaque couplet (les deux derniers vers de chaque strophe) a aussi une structure  où le premier est causal et le dernier annonce la conséquence au cas où ce qui est dit dans le couplet n’est pas respecté, sauf les refrains du premier et du dernier couplets dont ladite structure est partielle. Le premier vers du refrain du premier couplet est causal, mais le dernier n’exprime pas une conséquence. Par contre, le dernier vers du dernier couplet est une conséquence, et son premier vers n’est pas causal.

 

Remarquez qu’il y a au moins une autre chanson à refrains multiples. C’est la chanson Masikini de Mpongo Love, qui a trois refrains. Le premier refrain dans cette chanson répond aux deux couplets. C’est le refrain qui dit : « Faute na yo moko o/opesi bango nzoto na yo …». Le deuxième refrain dit : « Soni na famille na ngai surtout epayi ya mama … ». Le troisième refrain dit : « Mokolo ezali papa okokanisa ngai mingi … ». Mais le deuxième et le troisième refrains répondent à des couplets différents du premier et du deuxième couplets. Par exemple, le deuxième refrain répond au couplet qui commence par « Babomeli ngai libala o mama a nateli miso … » qui est chanté un peu différemment du premier et du deuxième couplets, qui sont « Masikini o papa a ya ngai na yo libala e bouger … » et « Nakokamwa e papa a nde nakomituna tina … ».

 

Pedro

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Messager 29/02/2016 08:38

Pedro,

Ces emprunts des abréviations françaises en lingala peuvent faire l'objet d'une étude à part un jour. En football par exemple on utilisait les abréviations "Mouv" pour désigner les feintes ou les mouvements du corps dont des joueurs comme Makelele Soucous et Kibonge Gento étaient des maîtres.

Messsager

Pedro 28/02/2016 07:49

Merci, Messager, pour ces précisions. Je ne vois pas comment j'aurais appris le mot "b'indiff". Un très beau mot, digne d'une lesson de morphologie bantu et indo-européenne et leurs d'abréviations. Il y a un tas de chansons comme ça où nous inventions les mots les plus improbables (souvent les remplaçant pas un mot en kikongo), puisqu'il fallait qu'on continue à chantonner. Ici, je n'ai pas imaginé un mot en kikongo puisqu'aucun mot ne s'apparente suffisamment à b'indiff.

Messager 27/02/2016 14:46

Notons que nalingi nde b'indiff, veut dire nalingi nde ba indifférence. Ce qui veut dire que je veux que tu adoptes l'indifférence à mon égard, afin de mieux maquiller notre relation, mieux notre adultère.

Messsager