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Publié par Messager

 

Réactions à propos de « Tout muesingombe n’est pas Manianga »

 

REF : http://www.mbokamosika.com/2014/10/tout-muesingombe-n-est-pas-manianga.html

 

Après la publication par notre site de l’article du Dr Diatezua sur les Besingombe , notre ami Ngimbi Kalumvueziko vient de nous communiquer les réactions qu’il a recueillies auprès de ses connaissances.

 

 

Cher Le Messager

 

Bonjour,

J'ai partagé dans mon entourage l'article sur les Besingombe. affiche Il y a une semaine environ. Voici ci-dessous quelques échanges que J'ai  enregistrés et qui pourraient intéresser les visiteurs de www.mbokamosika.com. Bonne réception et meilleures salutations.

Ngimbi Kalumvueziko

Mbut'ame,

La référence aux clans n'est pas une curiosité historique. C'est une force terrible que nous n'utilisons plus assez, en tous les cas moins que nos frères de l'Afrique de l'Ouest. Car chez nous, nous ne portons plus les noms de nos clans. Alors qu'en Afirque de l'Ouest, il y a des Traore, des Keita, des Konde, des Ouedraogo, chez nous, nous avons des Miatudila, des Ngoma, des Sabakinu, des Bavuidi, chez nous, chacunporte un nom, qui, parfois, relate les circonstances particulières entourant sa naissance à lui personnellement.

La référence aux clans, moi, je l'utilise, je la fais utiliser et à chaque fois, je vois ses fantastiques effets. Si le Tout Puissant dispose que l'on se retrouve en novembre 2014 à Kinshasa, je vais partager avec toi des témoignages sur l'extraordinaire puissance de la référence aux clans kongo. D'ores et déjà, je peux t'informer que tout Musi Manianga de Kivunda que je suis, j'ai pu obtenir - presque gratuitement - sept hectares de terre à Kasangulu et deux fois, la même chose à Lutendele chez les Chefs Bahumbu sur la base de cette référence. Et le corps de mon père, Papa Jean-Baptiste que tu as bien connu pour avoir publié son ouvrage bibliographique, repose dans le cimetière familial des Bahumbu de Lutendele. Kadi Yandi ye bawu, luvila lumosi bavuidi. La distinction entre les Dondo, les Hangala, les Balari et que sais-je encore disparait dès que l'on entend la réponse d'un Mukongo authentique à la question: "Ngeye nani? Les distinctions disparaissent et ce sont des larmes d'émotion qui apparaissent.

Déjà, je te supplie de me trouver une copie de ton atlas des clans kongo du Bas Congo. Je suis prêt à payer ce qu'il faut pour disposer d'un exemplaire.

Mfumu Ngoyo.

PS:
1. Kadi mono yi Ngoyo ua Ntende. 'Iatombola mata ku Kongo, mata malembo binati.
'Iatuka kuna Kalunga; mboki 'iatunga zimbanza zazingi ye tee kuna mbela ye Mpumbu.

2. Nous, les Mfumu Ngoyo, nous sommes tres nombreux sur la rive droite du Congo de l'Ocean (Kalunga), du pays Woyo jusqu'au Pool. Nous sommes de la Branche de Mpanzu (Les Terribles Forces Armees), comme les Mfumu Mbinda (ou Binda), les Manianga (ou Mananga) et les Mfumu Ngombe et les Mfumu Ndamba (dia ngolo, sala ngolo). Nous avons etabli plusieurs Mbanza Ngoyo.

Nfumu Ngoyo


Kua ya Mpangi Miatudila,

Merci pour ta conclusion. Voici un extrait d'une chanson que me répétait souvent ma mère lorsque les Balari réclamaient la création d'une paroisse ( à Mutanga ou à Musanda...): s'adressant au Père supérieur Dérot " Ngeye Tata Dérot, a fweti gambula mieto mission: bana ba Yinda bana Balari, bana ba Dongo ba Hangala...".
Même au sein des Ba Manianga, il existe des variantes dialectales sinon culturelles prononcées. La référence aux clans sinon lignages serait une curiosité historique à scruter. Je me souviens avoir tenté, en 1977 ?, de représenter sur une carte la dispersion des clans dominants dans le Bas-Congo
(voir Atlas du Bas-Zaïre publié par le BEAU). Il y a ensuite le livre de Gonzalvez sur " Kongo. Les lignages contre l'Etat, les travaux ethnographiques de Laman ( 4 tomes sur les Maninaga), celui du Père Philippart ou Bittremeiu sur les Bayombe). Une thèse de doctorat est en voie d'achèvement sur les variétés
dialectales dans l'espace Kongo.
En somme, il nous faudrait f faire fonctionner un Centre international des civilisations Kongo ( que j'ai créé à l'UK lorsque j'assumais encore la fonction de Président du Conseil d'administration . Des opportunités existent aujourd'hui: nous pouvons même obtenir une copie d'une base des données sur toutes les publications sur Kongo si nous sommes organisés.
Je viens d'assister le 12 septembre à une défense de thèse de doctorat en anthropologie sur Bundu dia Kongo à l'Université Catholique de Louvain; la première a été défendue en sciences politiques à l'Université de Gand et la 3e en relations internationales à l'Université de Kinshasa.
Voilà ya Mpangi quelques nouvelles qui pourraient servir un jour. Toutefois, une société a besoin d'un groupe organisé pour la conduire!!!!!!!!!!
Fraternellement.



Dr Sabakinu Kivilu Jacob
Historien de la Population africaine,
Professeur Ordinaire,
Président de l'Institut de Recherche et d'Etudes Historiques du Présent
Université de Kinshasa, Kinshasa XI, RDC
Tél.: 00 243 81 5111 053 / 00 243 99 99 43 862.

Dr Sabakinu Kivilu Jacob

Mbuta Sabakinu,

Bonjour. I am convinced that everything is going fine for you in Belgium.
Les frères Bakongo m'ont donné quelques occasions de m'adresser à eux sur la question de nos "ethnies". Et à chaque fois, ils se sont rendus compte que nous sommes plus soudés que cela et que ces termes de Besi Ceci ou des Besi Cela n'ont pas l'importance qu'on leur donne. Nous avons le concept des clans que nous devrions privilégier pour minimiser et pourquoi faire disparaitre ces récentes divisions héritees de la colonisation.

Shi... yabula ka yabika diaka ko. Nous avons affaire a une ombre que nous pouvons faire disparaitre par une projection de lumiere.

Miatudila.

PS: Ma grand-mere n'a jamais accepte qu'elle etait une Musi-Manianga. "C'est quoi cette histoire?", me disait-elle.

Miatudila

Cher Miatudila,
Je viens de lire rapidement votre réaction au débat concernant l'origine et la signification de " Besi Ngombe" et " Ba Manianga". Je constate que ce débat tout en étant intéressant, risque de nous diviser davantage. Des livres peuvent être publiés à ce sujet. Des colloques peuvent être organisés pour mieux approfondir cette problématique. Est-ce là vraiment l'enjeu du moment pour le peuple Kongo dont la civilisation et la culture sont menacées. Pour l'instant, il serait souhaitable de savoir que les ethnies sont des formations sociales qui naissent, se développement et disparaissent dans des contextes historiques précis.
A bientôt.
Fraternité.

Dr Sabakinu Kivilu Jacob
Historien de la Population africaine,
Professeur Ordinaire,
Président de l'Institut de Recherche et d'Etudes Historiques du Présent
Université de Kinshasa, Kinshasa XI, RDC
Tél.: 00 243 81 5111 053 / 00 243 99 99 43 862.
E-mail: sabakinu@unikin.cd ou sabakinu@yahoo.fr

Dr Sabakinu Kivilu Jacob

Résumons les faits:
1. Les Besingombe sont des Manianga. C'est cela que Mbuta Muanda Nsemi a declaré le mercredi 16 juillet 2014 à Kinshasa sur la chaine CCTV
2. Tout Muesingombe n'est pas Manianga. C'est ce que le Dr Kiatezua Lubanzadio Luyakula a écrit, faisant ainsi suite à un article de Mbuta Ndombasi Kupessa Ngombo sur les Bakongo de l'Angola publié le 22 Janvier 2012 à travers le lien http://www.mbokamosika.com/article-les-bakongo-de-l%27angola-2-97672739.html

Posons-nous la question: Où se trouve la vérité?

Essayons d'y répondre. Je propose la solution de ce sage de la Chine des Temps anciens pour mettre fin aux guerres et rivalités auxquelles son pays était alors confronté. "Un dictionnaire, voilà", dit-il, "l'instrument pour mettre fin à la plupart de nos rivalités". Le sage chinois avait raison: lorsque aucune convention ne définit clairement les mots que nous utilisons, nous pouvons dialoguer, nous pouvons signer des accords, mais l'entente sera impossible et, donc, la paix non plus.
Le cas qui nous concerne ici illustre les conséquences d'un manque d'accord sur les termes que les uns et les autres utilisent. Les frères Muanda Nsemi et Kiatezwa Lubanzadio ont, tous les deux, raison, mais chacun dans sa "langue".

Dans ma "langue" à moi :
1. Muesi Ngombe (B'esi Ngombe au pluriel) signifie Celui qui habite le territoire du Chef Ngombe;
2. Mfumu Ngombe signifie Dominus (member à part entière) du clan Ngombe.
3. Muesi Manianga (B'esi Manianga au pluriel) signifie Celui qui habite le territoire du Chef Manianga.
4. Mfumu Ngombe signifie Dominus (member à part entière) du clan Ngombe
5. Mumbata (Bambata au pluriel) signifie Celui qui habite la province de Mbata, une des six provinces de l'Etat précolonial kongo;
6. Muzombo (Bazombo au pluriel) signifie Celui qui habite dans le territoire de Zombo, le chef traditionnel d'un centre de négoce connu sous le nom Maquela do Zombo;
7. Muyombe (Bayombe au pluriel) signifie Celui qui habite dans le Mayombe terme, qui, en kikongo, signifie "Grandes Forets"

Il convient de noter la différence entre les termes "Mfumu" et "Chef". Dans notre authenticité, le terme "Mfumu" signifie "Dominus", member à part entière d'un lignage, d'un clan. Les clans ne sont pas liés à un territoire. En d'autres termes, deux membres d'un même clan peuvent habiter dans deux différents territoires. D'ailleurs, on trouve plus des Mfumu Manianga (ou Mananga) dans le Cabinda et le Mayombe que dans le Manianga. De plus, avant la colonisation, un Muesi Ngombe pouvait devenir un Muyombe, comme aujourd'hui, un Parisien peut devenir un New Yorkais: il lui suffisait de changer son lieu de résidence. La mère de Simon Kimbangu est devenue une Muesi Ngombe en passant de Boko, Congo Francais vers Nkamba, Etat indépendent du Congo. Mais depuis toujours, on ne change pas de clan à moins de faire l'objet d'une vente. Ainsi un Mfumu Nsundi reste toujours un Mfumu Nsundi. Auparavant, s'il déménageait du Territoire de Nsundi pour aller habiter à Mbata, il cessait d'être un Musundi et devenait un Mumbata. Helas, la colonisation nous a figés dans des prisons territoriales: une fois Mumbata, éternellement Mumbata.

Quant au terme "Chef", il avait un sens spécial dans le lexique colonial. Il se rapportait à un titre que le Pouvoir colonial reconnaissait à des indigènes dont certains - mais pas tous - tiraient leur légitimité des us et coutumes locaux. En d'autres termes, certains chefs étaient imposés aux populations locales. Ce fut le cas de Lutunu et de Selembao. Authentiques ou imposés, les chefs étaient médailles, c'est-à-dire détenteurs d'une plaque (médaille) qui prouvaient qu'ils avaient été reconnus par le Pouvoir colonial.

Le Chef Ngombe, mentionné ci-dessus, était un notable local authentique. A l'arrivée de H. M. Stanley, sa résidence se trouvait près de l'endroit oû se sont établis le poste missionnaire protestant de Ngombe Lutete et le catholique de Ngombe Matadi. Quant au Chef Manianga, il était, à l'arrivée de H. M. Stanley, le dirigeant d'un marché régional connu sous le nom de Zandu dia Manianga. Ce marché, dont on peut encore voir les vestiges dans le Secteur Kimbanza de Luozi, se tenait sur la rive droite du fleuve Congo à une dizaine de kilomètres de l'embouchure de la Rivière Mpioka. Sa grandeur impressionna tellement H M Stanley que ce dernier décida de donner le nom de Manianga à une large région qui comprend aujourd'hui la totalité ou des parties importantes de trois territoire du Bas Congo, à savoir: Luozi, Mbanza Ngungu et Songololo. Avant la décision de Stanley, mes ancêtres étaient des B'esi Nsundi (ou habitants de la Province Kongo de Nsundi): nous sommes devenus de B'esi Manianga à la suite de la création des entités administratives de l'Etat Independent du Congo.

J'espère avoir montré que si nous nous mettons d'accord sur la signification des termes que nous utilisons, l'apparente contradiction entre les frères Muanda Nsemi et Kiatezwa Lubanzadio disparaitra.

J'espère avoir montré aussi qu'une partie de notre confusion vient de la difficulté que nous qui avons été à l'Ecole des Blancs de faire le tri entre notre authenticité et les apports des Etrangers.

Miatudila.

Mfumu Ngoyo
Muesi Manianga.

Miatudila Nfumu Ngoyo Muesi Manianga

Carte ethnique du Bas-Congo

Carte ethnique du Bas-Congo

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MFUMU'A NLANZA 30/12/2014 14:17

Voilà les résultats de ce que les colonisations successives ont fait de nous. Kieleka mbuta muntu,mu ntangu a ntama, il n'y avait pas de manianga ou debesi manianga. Mon aïeul m'instruisait avant sa mort en 1949 que avant l'arrivée de "ndundu" donc mindele, les manianganga comme les mingombe ou les ba ngombe ou encore les besingombe n'existaient pas pour la bonne raison que les clans établis de part et d'autres du pleuve (rive gauche et rive droite) sont des memes ancêtes. Il les désignait par kanda dia Ndamba dia ku simu qui signifie le Clan Kindamba établi à l'autre rive du fleuve. L'arrivée des ndundu avec leur administrations et découpages, comme en 1885, nous ont conduits à des débats stériles d'appartenance et qui font de nous des tributs alors nous possédons la me langue unificatrice et une civilisation très riche.

Pedro 08/10/2014 14:10

Vous allez remarquer que, quand l’interviewer a demandé à Papa Honoré Nkuku de se présenter (http://www.mbokamosika.com/2014/02/beau-fr%C3%A8re-d%E2%80%99emmanuel-bamba-papa-honor%C3%A9-nkunku-parle.html), celui-ci n’a pas oublié d’inclure son clan. C’est vrai que nous ne le faisons pas tout le temps. D’ailleurs, même dans le cas de Papa Honoré Nkunku, ce ne serait pas faux de dire que la référence au clan a été nécessitée par la référence à Diangenda, puisqu’on parlait aussi d’Emmanuel Bamba et de Simon Kimbangu. C’est comme si, s’il n’y avait pas ce lien, la référence au clan n’aurait pas été nécessaire.

Je ne savais pas que les Traoré étaient des noms de clans. Maintenant que j’y pense, le recours à l’authenticité a quand-même permis à beaucoup d’individus d’attacher une référence clanique à leurs noms. Puisqu’on s’amusait (presqu’en compétition) à se donner les noms les plus kilométriques possible, beaucoup ont démontré qu’ils connaissaient la déclinaison de leur clan. Quelqu’un qui a fait le C. O. avec moi était devenu Miezi Nanlau a Ntumba e Mutu vo i Sasa die Nkusu (la déclinaison de son clan). Un autre était devenu Luyeye loNgyengomoka e Nkelele kabwe ko N’soki. Savez-vous quand tous ces noms kilométriques ont été défaits comme des plaisanteries ? Dans le Diplôme d’Etat il n’y avait pas d’espace pour tout ça.