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Publié par Messager

Cet article sur Teta lando, a été publié sous la plume de  Ndombasi Kupessa Ngombo le 18 décembre 2010. Nous le republions afin de permettre aux mbokatiers qui n’avaient pas eu le temps de le consulter de pouvoir se rattraper et de le commenter.

En dessous, nous reproduisons nos deux articles sur l’anthologie de la musique angolaise dont la 1ère publication a eu lieu en 2012. 

Messager

TETA LANDO, l'icône de la musique ANGOLAISE (2ème publication)

 

  

ALBERTO  TETA LANDO

 

Le musicien et compositeur angolais, Alberto Teta Lando,était  originaire de Mbanza Kongo, dans la province septentrionale de Zaire, où il est né en 1948, décédé à Paris en 2008.

 

Sa carrière musical débute en 1964,après la publication du premier LP, l'artiste a intégré le groupe restreint des meilleurs musiciens angolais et rabotement devient populaire grâce a ses compositions.

 

Il a participé activement dans la lutte contre l’occupant lusitain,il était activiste du FNLA.En 1975, il part en exile a Kinshasa,où sa riche famille avait des propriétés à Kitambo.

 

Exilé à Paris en 1978, Teta Lando rentre au pays en 1989 et réside définitivement en Angola après avoir participé au festival national de la Culture (Fenacult) réalisé au stade de la Citadela à Luanda.

 

Le feu musicien a eu un succès inoubliable, le long de sa carrière de 44 ans, notamment à travers les chansons comme "Negra de carapinha dura", "Eu vou voltar", "Um assobio meu", "Funge de domingo", "Angolano segue em frente", "Tatankento", "Ntoyo"“Menina de Angola”, Quimbemba” et tant d'autres que nous allons publier dans notre blog dans les prochain jours.

 

Avant de mourir,il occupait le poste de Directeur National de l’ UNAC (União Nacional de Artistas e Compositores),organisme qu’il a fondé avec comme objectif de  plaider auprès du gouvernement, pour l'attribution d'une pension de retraite en faveur des artistes ayant plus de 35 ans de carrière ou 65 ans d'âge.

 

Aujourd´hui nous  allons écouter la chanson "N’TOYO",qui veut dire en Kikongo  "un oiseau porte malheur".

 

 

                                                                                   Ndombasi Kupessa Ngombo.

 

 

 

N'TOYO, par TETA LANDO

L’ANTHOLOGIE DE LA MUSIQUE ANGOLAISE (1)

(1ère publication: 16 janvier 2012 )

SOUL OF ANGOLA :L’ANTHOLOGIE DE LA MUSIQUE ANGOLAISE

 

angola

Depuis plus de quatre ans d’existence de Mbokamosika, nous avons suffisamment parlé de la musique congolaise, de la période dénommée « Tango ya ba Wendo » à la musique des jeunes, en passant par la musique moderne incarnée par Kallé, Franco, Essous…

Par manque de documentation , et suite à l’embargo imposé par le régime colonial Portugais, sans oublier les conflits armés ayant précédé l’indépendance Angolaise,  l’histoire de la musique Angolaise a été totalement escamotée sur notre blog, en dehors de quelques références de notre ami Kupessa Ngombo Ndombasi sur des artistes tels que Teta Lando et Bonga.

Pourtant, la musique Angolaise à travers les artistes dissidents, notamment ceux du groupe San Salvador guidé par Edouard d’Oliveira fait partie intégrante de la musique congolaise qu’elle a énormément enrichie.

Ce que l’extérieur ignorait est qu’en dehors des artistes ayant fui la colonisation portugaise, ceux qui étaient restés au pays n’avaient pas baissé les bras. En effet, en dépit des contraintes coloniales et d’une longue guerre de libération, les musiciens locaux avaient brillamment rempli leur rôle d’artistes qui consiste à TEMOIGNER SUR LEUR EPOQUE.

C’est ainsi qu’à travers la chanson, ils ont stigmatisé en portugais et dans les langues locales l’occupation portugaise tout en redonnant de l’espoir d’une libération imminente à une population longtemps opprimée.

 

angola 

Les recherches discographiques de plusieurs années entreprises par notre blog, de concert avec notre ami Kiku  viennent de nous révéler l’existence d’une véritable Anthologie de la musique Angolaise (Soul of Angola) couvrant la période de 1950 à 1970.

Dès aujourd’hui, nous découvrirons progressivement  cette Anthologie, tout en faisant appel à l’expertise de nos amis Angolais (Kupessa et les autres) afin d’avoir plus de détails sur les artistes et les œuvres choisis.

Par ailleurs, nous rassurons nos amis Angolais qui se sont tenus à l’écart pendant plus d’un mois suite à la situation prévalant en RDC que ce blog est aussi le leur. Qu'ils ne se gênent pas. L’Anthologie de la musique Angolaise fait partie de la lutte pour l’indépendance de l’Angola. Nous voudrions avoir des commentaires sur cette période de lutte de nos frères Angolais.

A travers cette Anthologie, nous voudrions enfin rappeler les artistes musiciens de la RDC qui ont oublié leur rôle, qu’un artiste vit en avance sur la société et qu'il est un leader d’opinion, pour autant que son engagement serve les intérêts de sa communauté. C’est pourquoi  la plupart des artistes à travers le monde sont proches des valeurs de gauche, c’est-à-dire qu’ils font preuve de  solidarité avec le peuple, même s'ils deviennent riches.Ceux qui s'en éloignent comme en RDC en se faisant corrompre par le pouvoir ne peuvent mériter que le mépris de la population.

Messager

©Mbokamosika 2012

 

SOUL OF ANGOLA

 

ANNEES 1956 À 1970

 

Nous vous proposons neufs oeuvres choisies parmi les plus célèbres des années 1956 à 1970.

 

  1.Muxima, par Angola Ritmos

2.Enzol'eyaya, par San Salvador

3.Mini Saia, par Mestre Geraldo Morgado

4.Ressurreiçào, Par Elias Dia Kimuezu

5.Quinteto Angolano, par Kupassiala Kua Aba

6.Muzangola, par Vum Vum

7.Oholwa, par José Viola

8.Monangambé, par Ruy Mingas

9.Mumpiozzo Ame, par Teta Lando

©Mbokamosika 2012
Teta Lando

Teta Lando

Publié par Messager

L’Anthologie de la musique angolaise (2)

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AACD069 Verso

Dans notre précédente livraison sur l’Anthologie de la musique Angolaise, nous vous avons fait écouter neufs œuvres triées parmi  une bonne centaine réalisée entre 1950 et 1970.

Ces chansons font partie d’une précieuse compilation de grandes œuvres originales, considérées actuellement comme des « Classiques » dans l’histoire de la musique Angolaise des années 1950 à 1978. Il va de soi que ces enregistrements  ont été opérés durant la longue période coloniale jusqu’au lendemain de l’indépendance, mais conservés ailleurs, comme de coutume en Afrique.  Mbokamosika est très reconnaissant à l’égard de son "bienfaiteur" KIKU, qui lui a permis de disposer de ce « trésor ».

Ces chansons  influencées par les rythmes traditionnels et de Carnavals angolais, les rythmes Latino et des Caraïbes, la Merengue, ainsi que par la Rumba Congolaise font de cette Anthologie un genre musical métissé, à l’image de l’Angola.

angola 

Quant à l'usage abondant des langues locales Angolaises au détriment du portugais, il nous semble qu'il s'agit d'un  acte de défi et de  résistance à l'égard du colonisateur. Une tendance généralisée à travers l'Afrique Australe.

Pour vous donner un aperçu sur la valeur de cette Anthologie, nous avons établi un tableau répertoriant  tous les noms d’artistes, ainsi que des groupes musicaux ayant participé à sa réalisation.

 

Liste des artistes et des groupes musicaux ayant contribué à la réalisation de l’Anthologie de la musique Angolaise, de 1950 à 1978.

 

Artistes :

 

Teta Lando- Ruy Mingas- José Viola- Kupassiala Kua Aba- Luiz Visconde- Gingas- Lilly Tchiumba- Elias Dia Kimuezu- Sara Chaves- Minguito- Mestre Geraldo Morgado  -Kaboko Meu- Artur Numès- David Zé- Pedrito- Antonio Paulino- Artur Adriano- Gambuzinos- Paulino Pinheiro- Manuel Faria- Mila Melo- Dionisio Rocha- Aguias-Bonga- Lourdes Van Dunem-Belita Palma- Carlos Burity- Matadi Mario- Santos Junior- Joy Artur- Kisangela- Santocas- Duo Misoso- Padro Paim- Avozinho- Carlos LaMartine- Taborda Guedes- Gimba- Sofia Rosa- Quim Manuel- Oscar Neves- Tony De Fumo-Tony Von-Tanga- Tino Dia Kimuezo-Adolfo Coelho-Tony Gaetano-Paulo 9-Quim Dos Santos-Zé Da Lua

Groupes musicaux :

 

Os Kiezos- Dimba Diangola- Duo Ouro Negro- Ngola Ritmos- San Salvador- Urbano De Castro- Africa Show-Ngoma-Jazz- Cabinda Ritmos- Super Coba- Os Bongos- Os Juvens Do Prenda-Alliace Makiadi- Ferreira Do Nascimento- Manukueno- Quim Manuel O Espirito Santo-Africa Ritmos- Os Korimbas.

 

 

Quelques œuvres extraites de l’Anthologie de la musique Angolaise

 

1.Fara Na Madrugada, par Jovens De Prenda (1968-1975)

2.Chofer De Praga, par Luiz Visconde (1965-1975)

3.Otjikenlu ya Yndunduma, par Gimba (1974-1978)

4.Balumukeno, par Bonga (1972-1973)

5.Princeza Rita, par Os Kiezos (1965-1977)

6.Kia Lumingo, par Urbano De Castro (1965-1975)

7.Nkuwu, par Matadidi Mario (1974-1978)

8.Revolucào de Angola, par Urbano De Castro (1974-1978)

9.Kazukuta, par Os Bongos (1974-1978)

 

 

Messager

©Mbokamosika 2012

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Messager 15/07/2014 20:43

Bartolomeu existe parmi les oeuvres de l'anthologie de la musique angolaise. Nous l'auditionnerons un jour.
Merci à Pedro pour avoir transcrit les paroles de certaines chansons.


Messager

Pedro 15/07/2014 16:17

Voici le texte de Monangambé en portugais, suivi d’une traduction en français :

Naquela roça grande não tem chuva
É o suor do meu rosto que rega as plantações
Naquela roça grande tem café maduro
E aquele vermelho-cereja são gotas do meu sangue feitas seiva

O café vai ser torrado, pisado, torturado, vai ficar negro
Negro da cor do contratado
Negro da cor do contratado

Perguntem às aves que cantam
Ao regato de alegre serpentear
E ao vento forte do sertão
Quem se levanta cedo?
Quem vai à tonga?
Quem traz pela estrada longa
A tipoia ou o cacho de dendém?
Quem capina e em paga recebe desdém
Fuba podre, peixe podre, pano ruim, cinquenta angolares
“Porrada, se refilares”
“Porrada, se refilares”?

Quem faz o milho crescer, e os laranjais florescer?
Quem dá dinheiro para o patrão comprar máquinas, carros, senhoras
E cabeças de pretos para os motores?

Quem faz o branco prosperar, ter barriga grande, ter dinheiro?
Quem?

E as aves que cantam
O regato de alegre serpentear
E o vento forte do sertão responderão:
“Monangambé, monangambé”

Ah deixem-me ao menos subir às palmeiras
Deixem-me beber maruvo e esquecer
Diluído nas minhas bebedeiras
“Monangambé, monangambé”

Voici une traduction en français :

Sur cette méga-plantation il ne pleut pas
C’est la sueur de mon front qui arrose les cultures
Sur cette méga-plantation il y a du café mûr
Et ce rouge-cerise, ce sont des gouttes de mon sang en forme de sève

Le café sera torréfié, broyé au pilon, torturé, deviendra noir
Noir de la couleur du forçat
Noir de la couleur du forçat

Posez la question aux oiseaux qui chantent
Au ruisseau qui serpente en toute allégresse
Et au vent violent dans la jungle
Qui se lève tôt ?
Qui va à la plantation ?
Qui transporte sur la longue route
La civière ou le régime des noix de palme ?
Qui débroussaille et, comme paiement, reçoit le dédain
De la farine pourrie, du poisson pourri, linge délabré, 50 angolares
« Une raclée, si tu ronchonnes »
« Une raclée, si tu ronchonnes » ?

Qui fait que le maïs pousse et les orangeraies fleurissent
Qui donne de l’argent au patron pour qu’il s’achète machines, voitures, dames
Et têtes des noirs pour les moteurs

Qui fait que le blanc prospère, ait un embonpoint, ait de l’agent ?
Qui ?

Et les oiseaux qui chantent
Le ruisseau qui serpente en toute allégresse
Et le vent violent dans la jungle répondront :
“Monangambé, monangambé”

Ah laissez-moi au moins grimper dans les palmiers
Laissez-moi boire de vin de palme et oublier
Une fois dilué dans mon état d’ivresse
“Monangambé, monangambé”
“Monangambé, monangambé”

Le mot monangambé est l’équivalent en kimbundu du mot kikongo mwana-ngamba. Ce mot qui devrait signifier le «travailleur domestique », le « boy », le « porteur » signifie en fait l’ « esclave », et, en lingala, le mot mongamba signifie exactement esclave, surtout dans un sens figuré, comme dans cette chanson des Bantous de la Capitale qui dit :

(…)
Mama nakomi mongamba ya makanisi
Kasi pokwa ya lelo sanza ebimi
Tala suk’a likambo na tongo nalamuka
Makila mapanzani suki eningani
Ekamwisi ngai e toye nde kokutana pe tolingani

Moto akokanaka Nzambe akosukisaka
Lelo naye kolinga kitoko ya sanza
(…)

NSINGI MABUASSA 15/07/2014 09:08

N´oubliez pas aussi la chanson BARTOLOMEU de Prado Paim,sorti vers les années 70 et ayant obtenu le disque d'Or.Prado Paim,qui est déjà amorti par le poids de son âge, n´est autre que l´oncle paternel de Eduardo Paim, le musicien qui a introduit le synthé dans la musique angolaise.Il y a également PAULINO PINHEIRO, l´enfant terrible de la province de Uige avec son opus SUZANA plusieurs fois retouché par la jeune génération.Mbokamosika c´est notre tribune d´opinion. RDC/ANGOLA ne forment qu´un corps où tout se complete.Ntotila dia Ne Kongo.

Pedro 15/07/2014 08:51

Merci, Messager. cette chanson (Monangambé) est explicitement violente à l’encontre du système colonial. La chanson nº 9, mumpiozo ame (mon sifflement), par exemple, peut aussi être interprétée comme une critique contre la domination coloniale, mais elle est beaucoup plus implicite et subtile : « Ce sifflement que je chantonne », dit Teta Lando, « sert à masquer, déguiser et dissimuler mes pensées (tristes) ».

messager 14/07/2014 20:38

Pedro,
Après ta remarque sur la chanson Monomange, je viens procéder à la vérification de toute l'anthologie. Effectivement cette chanson est classée parmi les oeuvres produites entre 1956 et 1970.
J'en ai profité pour dater les autres chansons diffusées sur la deuxième liste de l'anthologie.

Messager

Pedro 14/07/2014 16:05

Cher Lused, merci pour la video de Bengui Angelo. Je poste mon remerciement ici, car mon écran ne me permet pas de le poster en bas de l'article en question. Avec deux allemands de souche à la guitarre et d'autres sur la piste. Grâce à cette vidéo, j'ai découvert que la Tata-nkento de Teta Lando est en fait sur http://www.youtube.com/watch?v=Lehufwj6k68

Pedro 14/07/2014 13:42

Parmi les premières neuf œuvres choisies, je doute que le numéro 8, Monangambé de Rui Mingas, puisse être classé entre 1956 et 1970, à moins qu’il n’y ait eu une version antérieure à l’indépendance. Cette chanson est un poème d’António Jacinto qui a probablement été mis en musique après l’indépendance. Si elle avait été produite avant l’indépendance, cela aurait été à Brazzaville ou ailleurs, mais certainement pas à Luanda ou dans un autre territoire portugais. Impossible. Si une telle chanson avait été produite avant l’indépendance, même dans la clandestinité, alors soit la PIDE (la police secrète portugaise) était incompétente, soit les portugais étaient très gentils.