Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Messager

Référence

http://www.mbokamosika.com/2014/02/beau-frère-d’emmanuel-bamba-papa-honoré-nkunku-parle.html

 

 

Papa Honoré Nkunku parle (deuxième partie)

 

Nous publions la deuxième et dernière partie de notre entretien avec papa Honoré-Adolphe Nkunku, le beau-frère de feu l’ancien ministre des Finances Emmanuel Bamba. Ci-dessous la suite de l’interview qu’il a bien voulu nous accorder chez lui à Kinshasa.

 

A cœur ouvert avec papa Honoré Nkunku

 

Parlez-nous des activités journalières du prisonnier Bamba.

Au réveil, il prenait son déjeuner et après il passait tout son temps à côté de son maître Simon Kimbangu pour suivre son enseignement.

 

Comment Kimbangu passait-il ses journées en prison?

Il avait le même traitement que Bamba. En prison, papa Simon Kimbangu ne prêchait pas, ne faisait pas des miracles.

 

Les enfants Kisolokele, Dialungana et Diangienda tout comme mama Mwilu rendaient-ils visite au prophète à E´ville? En avaient-ils le droit ?

Non. Je pense qu’ils avaient des problèmes d’argent et n’avaient pas les moyens pour faire ce voyage lointain. Même son fils Diangienda qui travaillait à Luluabourg, ville un peu proche de E’ville, ne rendait pas visite à son père.

 

Mama Muilu et ses enfants étaient-ils présents aux obsèques de papa Simon Kimbangu? De quelle maladie était-il mort?

Non, ils n’avaient pas assisté aux obsèques, même pas Bamba qui pourtant était sur place. Le corps était enterré là-bas.

 

Il paraît qu´en 1921, Emmanuel Bamba aurait parlé spirituellement avec le prophète à Nkamba alors qu´il était encore bébé. N’est- ce pas de la propagande? Car comment un enfant d’un an pouvait-il communiquer avec un être humain fut-il envoyé de Dieu ?

Bamba ne marchait pas encore. Mais ce jour-là, il était descendu du dos de sa mère pour aller vers Simon Kimbangu afin de le saluer. Et ils se sont parlé.

 

Parlez-nous des "makesa" ou soldats de Simon Kimbangu. Est-ce un mythe ou une réalité ? Combien étaient-ils? D’où sont-ils venus? Qui les a envoyés? Les avez-vous vus ? Où sont-ils aujourd’hui ? Qui les a  photographiés ? Ces photos ne sont-elles pas un montage? Pourquoi étaient-ils petits de taille? Reviendront-ils un jour pour sauver le Congo ?

Le 4 janvier 1959 lorsque le meeting d’YMK était reporté, il y avait eu des troubles. Les ‘’makesa’’ sont ces militaires de très courtes tailles qui étaient venus combattre aux côtés de l’ABAKO. Personnellement, je ne les avais pas vus.

 

Qu´est devenu le lotissement que Bamba possédait à côté de l’actuel échangeur  de Limete?

Il est occupé anarchiquement tout comme notre église. Mobutu l’avait offert aux protestants.

 

Les condamnés étaient-ils réellement enterrés au cimetière de Kintambo? Leur avait-on crevé les yeux avant l’exécution comme bien des Congolais le pensent ?

Oui, ils étaient enterrés là-bas. Ils avaient les yeux bandés mais crevés. Mais je ne saurai pas confirmer.

 

Il y a quelques années, lors d´une interview à RTL, la première radio de  France,  l´historien français Philippe Delorme, auteur du livre " Les aventuriers de Dieu " affirma qu´en prison, Kimbangu s´était converti au catholicisme. Quelle est votre réaction?

Je n’ai jamais entendu ça.

 

Pouvez-vous prouver aujourd’hui les miracles faits par Kimbangu ?

Oui. Dans mon village, il y avait un homme qui ne marchait pas. Le miracle s’est réalisé à Nkamba en ma présence. Même les morts revenaient à la vie.

 

Selon Bamba qui a vécu ses derniers moments, comment est mort Simon Kimbangu. Y avait-il eu une veillée funèbre en prison? Qui dans sa famille biologique était-il présent ? Comment s’est passé son enterrement ?

Bamba était en prison. On n’avait rien organisé. Personne ne s’était approché du lieu de l’enterrement.

 

Combien de temps Bamba est-il resté en prison? Quelles sont les raisons avancées par les autorités belges pour le libérer ?

Il est resté presque 9 ans soit de 1951 à 1960. En 1956, alors qu’il purgeait encore sa peine,  une parlementaire belge vint  le rencontrer. Bamba  en profita pour plaider la cause de l’église kimbanguiste. Le 23 décembre 1956, l’administration belge reconnu son existence et accepta son rétablissement.

 

Certains disent que Bamba avait des  moyens financiers conséquents  à sa sortie de prison. Où a-t-il eu cet argent?

Après sa libération, sa femme l’avait rejoint à E’ville. Il travaillait. Il fut même administrateur de territoire à Kasangulu. C’est de cette façon qu’il s’acheta une voiture, sa parcelle et tous les autres biens qu’il possédait.

 

Vous aviez été à la fois beau-frère et proche d´Emmanuel Bamba. Quel genre d´homme était-il?

Un monsieur très bon, très honnête, pas litigieux, très sociable. Il a construit des écoles avec son propre argent. Il était vraiment un bon chrétien.

 

Quel souvenir gardez-vous de lui?

Le fait d’avoir accepté et soutenu financièrement  mon mariage avec sa sœur, celle-là même qui m’a donné ces enfants qui aujourd’hui m’aident. D’ailleurs mon petit-fils dort avec moi, quelle joie !

 

Il paraît qu’il avait été empoisonné en prison à Lubumbashi. Qui lui en voulait et pourquoi?

Je ne suis vraiment pas au courant de cette version des faits.

 

Quelle casquette appréciait-il le plus, celui d’homme d’église, d’homme politique ou les deux à la fois ?

Celle de l’homme de Dieu parce qu’il était le représentant légal de l’église.

 

Il avait un don particulier pour les langues et jouait plusieurs instruments: accordéon, trompette et piano notamment. Quand avait-il appris tout  ça?

C’était un homme mystérieux. Il apprenait tout en autodidacte. Il aimait beaucoup la musique. Il jouait même de la guitare.

 

Beaucoup de Congolais disent qu´il y a trop de contre-vérités sur ce que disent les Kimbanguistes à propos de Kimbangu et du kimbanguisme. Quel est votre point de vue?

Je crois qu’il y a beaucoup de faussetés autour. Les gens évitaient de se fier à Bamba. Et pourtant, c’est bien lui qui a vu et vécu avec Simon Kimbangu.

 

Aviez-vous vu Bamba ensemble avec ses amis Kimba, Anany et Mahamba ? Vous a-t-il parlé de ses rencontres avec le colonel Pierre Efomi ?

Je ne le connais pas. Bamba rencontrait beaucoup de gens.

 

Vous avez été un proche. Étiez-vous au courant de la conjuration ou c´était la surprise totale lorsque leur arrestation était devenue un fait.

C’était vraiment un faux problème. Ils n’avaient jamais comploté contre Mobutu. Bamba s’adonnait plus à ses activités religieuses. C’était un homme de Dieu. Il faut se demander si cette histoire était vraie. Pourquoi ce colonel qui était avec eux n’était-il pas arrêté ? N’est-ce pas là au contraire la preuve d’une conspiration ourdie contre Bamba et ses amis ?

 

Témoin de notre histoire, vous n’aviez pas participé à la Conférence nationale aux assises de la Commission chargée des assassinats politiques ? Aviez-vous peur ?

C’est la peur mon fils. Alphonse Mawabi, le propre petit-frère de Bamba, est en exil aux États-Unis. Il n’est jamais rentré au pays depuis la mort de son frère en 1966. Il n’en a même plus envie, je crois. Mobutu encore en vie, qui pouvait oser soulever son petit doigt pour témoigner. Si vous le faites, le lendemain vous êtes enterré.

  

Laurent-Désiré Kabila donna le titre honorifique de "martyrs" aux quatre  anciens ministres pendus. Il a aussi débaptisé le stade Kamanyola en leur mémoire. Pouvait-il faire mieux ?

  • Ériger leurs monuments à côté du stade
  • Restituer nos biens familiaux (parcelle de Kasa-Vubu et autres)
  • Reconnaître notre église et rétrocéder notre terrain de Lemba
  • Dédommager honorablement les familles  

 

Suivez-vous les matchs au stade des Martyrs sachant que Bamba et ses amis avaient été exécutés dans cet endroit ?

J’ai tout oublié. C’était la volonté de Dieu et je remets tout entre ses mains.

 

Un mot sur Etienne Tshisekedi. Au moment des faits, il était ministre de l’Intérieur et des Affaires coutumières et avait défendu l´exécution. Croyez-vous en l’homme qu’il est devenu aujourd’hui ?

Moi, je suis Ne-Kongo. Je ne peux pas croire à n’importe qui et n’importe comment. Beaucoup de ceux qui aujourd’hui se disent leaders ont été pour quelque chose dans l’exécution de Bamba et de ses camarades.

 

Merci papa Honoré Nkunku d´avoir partagé avec nous. Mbokamosika vous remercie de lui avoir accordé un peu de votre temps; surtout d´avoir permis à ses lecteurs de connaître certaines vérités cachés que vous avez mises en lumière. C’était un très grand plaisir et surtout un honneur de vous entendre.

Je vous remercie aussi pour le fait que vous voulez immortaliser à votre manière la mémoire de mon beau-frère Bamba.

 

Interview élaborée par Samuel Malonga

Réalisée à Kinshasa par Alexis Wany Mukuisila

 

 

Nous avions montré cette photo à papa Honoré Nkunku. Elle fut prise en prison. Selon lui, le boy du gouverneur belge l’avait remise à papa Alexandre Nkinu qui la ramena ensuite à Kinshasa. Kimbangu porte l’uniforme des prisonniers. Comme sa vue a fortement baissé (même avec l’usage des lunettes), papa Honoré Nkunku n’avait pu distinguer et reconnaître les deux hommes à côté du prophète.

Nous avions montré cette photo à papa Honoré Nkunku. Elle fut prise en prison. Selon lui, le boy du gouverneur belge l’avait remise à papa Alexandre Nkinu qui la ramena ensuite à Kinshasa. Kimbangu porte l’uniforme des prisonniers. Comme sa vue a fortement baissé (même avec l’usage des lunettes), papa Honoré Nkunku n’avait pu distinguer et reconnaître les deux hommes à côté du prophète.

Commenter cet article

jclaude nkunku 06/03/2014 20:02

Merci beaucoup à Mbokamosika:La verité est la source de connaissance et l'homme est le miroir de la verité car l'ambition et la calomnie rendent les gens aveugles.

Alphonse NDONGA MAWABI 05/03/2014 23:45

A l'attention de M. Samuel Malonga Un grand merci à vous et à toute l'équipe pour le travail bien fait et les efforts que vous faites pour honorer ce grand monsieur, l'homme de Dieu Bamba Emmanuel. Bien que me direz vous, je ne fais que mon travail, sachez que vous soulagez beaucoup de monde et pour le dernier cas, papa honoré Nkunku qui attendait ce jour de soulagement où il pourrait parler. La veuve Nzeza Nlandu dira à un de ses fils que, de son existence,c'est l'assassinat de papa BAMBA l'a marqué jusqu'aujourd'hui.; Au nom de la famille, je tenais à vous remercier pour tout ce que vous faites pour notre Papy Emmanuel BAMBA. Merci beaucoup.

Ngewanzola Nkiambi 05/03/2014 00:01

J'suis très ravis d'entendre une partis des vérités caché malgré PaPa Honoré Nkunku n'a pas vu puisqu'il ne jamais été sur place en prison mais le peu qu'il a rélaté me fait du bien et je peu complété les réqtes dela partis selon Moi come dans la Bible,

Claude Kangudie 04/03/2014 20:36

Salut à tous. Surtout à mon frère Sam. Cette photo, l'unique, est le seul lien, la seule image que nous ayons du Prophète Simon Kimbangu. La personne qui a pris cette photo, je suppose, ne savait pas qu'elle serait l'unique image qui reliera le grand leader avec ses compatriotes. Lui qui n'a jamais renoncé...D'après moi, c'est la seule image que nous ayons du Prophète. Quand à l'église Kimbanguiste, tout a été dit. c'est à ses dirigeants et successeurs du Prophète de la sortir du clientélisme du pouvoir politique. Ils doivent aussi la sortir du ghetto et porter le message du Prophète dans tout le pays. En seront-ils capables ? Je me demande si les déclarations qui sont attribuées à Diagienda sont conformes au combat et idéal de son père, le Prophète Kimbangu. Elikia na biso ezala na RD Congo, mboka ya mbuta Simon Kimbangu. RDC ezali Libanga ya Talo.

Claude Kangudie.

Samuel Malonga 04/03/2014 18:04

@ Messager,
Voilà ce que dit Diangienda Kuntima (DK) sur Mobutu dans une interview accordée à la presse kimbanguiste. L'intégralité est à lire dans ce lien: http://www.ejcsk-munich.com/diangenda.html.

Journaliste : C’est comme ça certainement que vous appuyez le président Mobutu parce que les gens disent que c’est vous qui le soutenez au pouvoir ?

D.K : Je veux vous dire une chose, vous venez de souligner un point si important. Moi, j’appuie la paix dans notre pays, dans votre pays qui est le Congo, dans le pays de l’Angola et dans tous les pays du monde. Tous ceux qui sont placés à la tête, ont toujours mon petit concours. Il est vraiment petit, très mince même, je dirai, au risque même et au moindre vent de se couper. Mais je vous assure que j’appuie en tant qu’individu toutes les personnes prises de bonne volonté qui veulent la paix. Là où ils se trouvent, je suis censé de le croire, comme l’évangile le dit : « Toute autorité vient de Dieu ». Mobutu, je pense que ce n’est pas Diangienda seul qui l’a voté. Je suis une goutte d’eau dans l’océan. Il a été voté par tous les zaïrois à quatre vingt dix neuf pourcents. En tant que Diangienda, appuyez une seule personne, je pense qu’il n’aurait pas ces quatre vingt dix neuf pourcents, s’il les a eu c’est parce qu’il a été voté par la masse zaïroise. Pour moi, Mobutu est un ami, je l’ai connu depuis le 15 septembre 1950. Prenez un peu cette date. Le 15 septembre que je l’ai connu. Il était militaire à Kananga. En ce moment-là, ça s’appelait Luluabourg. Moi, j’étais fonctionnaire de l’Etat et ce n’est pas un petit fonctionnaire. J’occupe un petit poste qui faisait de moi que les gens voyaient que j’étais important puisque je travaillais à côté du gouverneur de la province et ce gouverneur de la province m’a beaucoup aimé. Ce gouverneur a participé à l’arrestation de mes parents. Il m’a pris dans son engrenage pour essayer de sucer en moi certaines vérités spirituelles. Peut-être qu’il avait d’autres objectifs, et selon moi, je l’ai estimé. Et ce gouverneur m’a beaucoup apprécié, il m’a amené à Kananga en 1950, et c’est comme ça que nous nous sommes connus avec le président Mobutu. En ce moment-là, il était caporal. Je l’ai connu. Et bien, sauf que c’était un homme simple. Sa maison était voisine à la mienne.

Et il était célibataire. Moi, j’étais marié. Ensuite nous sommes sortis en dehors de la région de Kananga. Ou bien de Kasaï orientale ou bien Kasaï occidentale. En ce moment-là, il n’avait qu’un seul Kasaï. Comme nous étions étrangers. Il était mungala et moi, j’étais mukongo, c’était comme ça même des sénégalais, des togolais qui étaient là ou bien des angolais, ou bien ceux du Bas zaïre, de l’Equateur, du Kivu et du Shaba, nous étions considérés comme les benamayi c’est-à-dire les étrangers. Eh bien, on avait une association qui formait une certaine force quand quelqu’un de ce que l’on appelait Benamayi était éprouvé, on se réunissait pour regrouper les nécessaires soit un peu d’argent soit un bien afin d’apporter notre contribution en présentant des condoléances à celui qui est Benamayi. Le président Mobutu, je le considérais très sérieux puisqu’il ne bavardait pas beaucoup et il n’allait pas chez des gens, sauf chez moi, parce que j’étais son voisin. Le soir, après que maman [Bibi] nous avait servi à manger. Après avoir mangé, il allait dormir. Il n’avait pas l’habitude de sortir bien qu’il soit militaire. Depuis ce moment-là jusqu'au moment où mon père est mort, toutes les cérémonies de deuil, c’est Mobutu qui s’en occupait en tant que secrétaire de Benamayi. Moi, je n’étais pas le président, mais j’aimais beaucoup les appuyer. Je n’étais pas pris dans cet engrenage parce que étant fils de Simon Kimbangu. Les gens pouvaient nous interpréter les intentions que nous n’avions pas. C’est en ce moment-là que j’ai connu le président Mobutu.

Bon, nous nous sommes séparés en juillet 1952. Moi, je suis rentré à Kinshasa et lui, il était resté là-bas. Quand il avait terminé comme comptable. Il était venu à Kinshasa en tant que sergent. Eh bien, Moi, comme j’étais toujours fonctionnaire de l’Etat, nous avons continué nos relations. Il a continué à me fréquenter. Il était militaire. Et alors, quand il s’était marié. Nous étions tous associés. Pourquoi ? Parce que nous avions nos amitiés qui étaient déjà renouées avant son mariage. Au moment où le premier fils du président était né, je me trouvais à Kinshasa, et il ne m’a jamais pris en défaut. Il est devenu président, même quand on était à Kananga. Il m’a trouvé que j’étais vraiment intéressant. Il avait d’ailleurs difficile pour m’aborder. Mais quand même, il ne m’a jamais reproché quelque chose et je ne lui ai jamais reproché quelque chose.

Cette reconnaissance est comme quelque chose d’indélébile. Pourquoi être reconnaissant vis-à-vis de Mobutu ?

Mobutu avec certains de ses amis. Puisqu’il était journaliste dans les actualités africaines. Ils ont osé écrire des articles qui parlaient de papa Simon Kimbangu et des injustices belges. Eh bien, il a été menacé d’arrestation et nous avons beaucoup prié pour que le Bon Dieu puisse l’aider. Vraiment le Seigneur, l’a aidé. Jamais au moment où on le menaçait d’arrestation et qu’il venait nous soumettre cette question, et que l’on priait pour lui et que l’on avait mis la main dessus. On ne l’avait pas arrêté. Maintenant, il est devenu président de la République. Je pense bien comme je l’ai dit. Je pense bien tout zaïrois l’avait applaudi comme chef d’Etat, et que moi aussi je ne devais pas faire le contraire parce que nous avons un principe : celui qui se marie avec maman, nous l’appelons qui ? Papa. Lui, il a par conséquent marié le zaïre, qui est notre mère ou votre père. Nous devons l’appeler président de la République. Je lui dois du respect et la reconnaissance de ce qu’il a fait pendant le moment difficile pour la reconnaissance de cette Eglise. Voilà.

Pedro 04/03/2014 15:19

Voilà donc une possibilité qui fait que Diangienda et Mobutu aient déjà été très proches avant 1966. Ils avaient été ensemble à Kananga dans les années cinquante. Peut-on retenir ça ?

José Kula 04/03/2014 16:04

Na liwa ya papa Diangenda, Mobutu alobaki boye : bokanisa te ezali kaka Papa Simon Kimbangu motu azali prophète, oyo alali awa (Diangenda) ye mpe azali prophète, ye alakaka ngai ete nakozala mokonzi monene ya mboka oyo, nkondo Mama Sese azalaka témoin na tango yango.

Samuel Malonga 03/03/2014 23:01

@ Messager,
Selon le site www.skimbangu.eu, à Luluabourg, Joseph Diangienda exerçait les fonctions de secrétaire au cabinet du gouverneur de province, M Peigneux de 1950 à 1952.

Messager 04/03/2014 06:43

@ Sam,
Voilà une piste à explorer soigneusement. Beaucoup de ceux qui ont travaillé auprès de l'administration coloniale, comme Mobutu furent des grands espions.
Pourquoi Diangenda n'avavait-il pas rendu visite à son papa, lui qui avait de moyens et qui n'était qu'à quelques kilomètres de Elisabezhville ?

Messager

Roger Bombey 03/03/2014 19:17

merci papa Honoré Nkunku pour votre apport à l'histoire du congo-zaire. Merci aussi à mboka mosika de l'avoir fait parler.

Pedro 03/03/2014 09:29

En 1974/1975, ma classe a visité N’kamba. Un administrateur de la ville sainte nous a dit que cette semaine-là un miracle s’était produit pendant la traversée du fleuve entre Kinshasa et Brazzaville. Le moteur du bateau s’était arrêté, et, heureusement, parmi les passagers se trouvait Diangienda. Il est allé tout simplement toucher le moteur, et celui-ci reprit automatiquement son train, sauvant le bateau qui avait commencé à aller à la dérive. Cet épisode ne m’a jamais quitté, car l’idée que les pouvoirs prophétiques peuvent être héréditaires ne me plaît pas. Je trouve plus facile à comprendre que les enfants des présidents deviennent présidentiables (Ali Bongo, Faure Gnassingbé, Karim Wade, Gamal Moubarak, George W. Bush, pour ne citer que les fils biologiques).

Messager 03/03/2014 19:20

Qui peut nous dire quel emploi occupait Diangenda à Luluabourg au moment où Simon Kimbangu, son père était prisonnier à Kasapa.
Diangenda n'avait-il pas fait connaissance de Mobut à Luluabourg, alors que ce dernier était à l'école centrale ?
Dans sa vie, Mobutu avait connu deux homonymes avec lesquels ils avait tissé des liens presque séculaires, il s'agit de Joseph Ngalula et Joseph Diangenda. Les deux lui avaient rendu d'énormes services au détriment de leurs partisans.

Messager

Pedro 03/03/2014 07:40

1. Est-ce que Diangenda avait déjà des rapports particuliers avec Mobutu en 1966 ?
2. Comment se fait-il que les rapports privilégiés de Diangenda avec Mobutu (du moins dans les années Septante) n’aient pas œuvré pour que Mobutu restitue au moins le terrain de Lemba dont Papa Honoré Nkunku se plaint tant ?

Pedro 03/03/2014 07:40

1. Est-ce que Diangenda avait déjà des rapports particuliers avec Mobutu en 1966 ?
2. Comment se fait-il que les rapports privilégiés de Diangenda avec Mobutu (du moins dans les années Septante) n’aient pas œuvré pour que Mobutu restitue au moins le terrain de Lemba dont Papa Honoré Nkunku se plaint tant ?

Ngimbi Kalumvueziko 02/03/2014 22:54

Merci à Mbokamosika d’avoir fait parler Papa Honoré Nkunku. Même s’il ne le dit pas de façon explicite, deux vérités sautent aux yeux. La première est que le premier chef spirituel de l’Eglise kimbanguiste, Joseph Diangenda, avait bien tiré avantage de l’exécution d’Emmanuel Bamba. On pourrait aussi l’accuser d’« abstention coupable » pour n’avoir rien tenté pour sauver la vie d’Emmanuel Bamba, alors qu’il en avait la possibilité étant donné la particularité de ses rapports avec Mobutu.
La deuxième est que l’église kimbanguiste actuelle a dévié de l’idéologie de Simon Kimbangu. Cela me conforte dans l’idée que j’ai exprimée dans mon livre CONGO-ZAIRE, LES ACTEURS DE L’HISTOIRE, page 108
« Le kimbanguiste d’aujourd’hui se veut apolitique. Il n’a jamais ouvertement dénoncé les inégalités, les politiques antisociales ou les abus des pouvoirs politiques qui se sont succédé au Congo depuis l’indépendance. Cette position semble se démarquer du message de combat pour l’épanouissement matériel, moral et spirituel de l’homme noir que prônait Kimbangu. Elle l’expose surtout à l’influence du pouvoir politique toujours prêt à lui accorder des faveurs pour se consolider. D’où l’accusation très répandue de sa collusion avec le pouvoir politique, à l’origine d’une grande frustration qui parfois s’exprime par la violence comme quand en 1992 le cortège funèbre de la dépouille de Joseph Diangenda Kuntima en route pour les obsèques à Nkamba avait essuyé un jet des pierres très nourri, forçant son passage sous des injures ».